Ski-Glace

(Exclu) Nastasia Noens : « Skier à Auron, c’est toujours un bonheur »

La meilleure slalomeuse française s’apprête à retrouver sa station de cœur, Auron (Alpes-Maritimes), lors des Championnats de France de Ski Alpin (23-25 mars). L’occasion pour elle de partager ses souvenirs, tout en évoquant sa saison et la suite de sa carrière.

C’est ici, sur les sinueuses pentes d’Auron, ravissante station du Mercantour gorgée de soleil, qu’elle a dévalé ses premières pistes. C’est ici, aussi, à seulement une heure trente du littoral et de Nice, qu’une passion est née, qu’une championne a grandi, que Nastasia Noens s’est révélée. À trente ans et après deux troisièmes places en Coupe du monde à Flachau (Autriche) en 2011 et Bormio (Italie) en 2014, la spécialiste du slalom s’apprête à retrouver sa station de toujours, dès ce samedi, à l’occasion des Championnats de France de ski alpin, qui se dérouleront cette année du côté d’Auron et d’Isola 2000, deux stations de l’arrière-pays niçois. Licenciée à l’interclub de Nice, celle qui vient d’achever la Coupe du monde de slalom – remportée par l’inévitable Mikaela Shiffrin – à la dix-septième place (7e en 2016, 8e en 2011), a pris le soin de se confier, pour Le Sport au Féminin, à l’approche d’une course qu’elle aura à cœur de remporter, devant les siens. Extraits.

Nastasia, quel est votre ressenti au moment de retrouver Auron, votre station de toujours, à l’occasion des Championnats de France ? 

Les championnats de France ont toujours une saveur particulière. C’est le dernier gros rendez-vous de la saison. Mais cette année, chez moi, ça me fait un petit quelque chose en plus. Je vais pouvoir partager ces championnats avec mes proches. Et puis skier dans le sud , à Auron, c’est toujours un bonheur !

C’est donc ici que vous avez effectué vos toutes premières descentes…

(Elle sourit) Et oui, depuis toute petite. Mes parents ont un appartement là-bas Tous les week-ends, pendant les vacances scolaires, j’allais toujours à Auron. J’ai d’ailleurs toujours gardé le contact avec la station. Si je veux skier pour le plaisir, même si ça n’arrive pas souvent, je vais toujours à Auron. Ça fait plaisir de revenir à la maison.

L’objectif, c’est l’or ? On imagine que cela vous tient particulièrement à cœur de briller à domicile…

C’est sûr. Ce sont des championnats de France rêvés. Il fait chaud, je serai devant mon public, dans une ambiance incroyable. Et comme à chaque fois, je viserai l’or. J’ai envie de décrocher le titre. Mais je n’ai pas de pression par rapport à ça. Même si, forcément, voir une fille d’ici remporter le titre est quelque chose de fort pour les gens de la station.

Nastasia Noens lors des derniers Mondiaux à Åre, en Suède.

Comment jugez-vous votre saison ?

C’est compliqué à dire. Le début a été difficile. Je me suis réveillée en décembre. Depuis, j’ai toujours fait des tops 20. Je suis quand même déçue de ma course aux Mondiaux (Nastasia Noens a terminé treizième du slalom), à Åre (Suède). Je n’ai pas eu trop de chance, j’ai eu la grippe toute la semaine. Dans l’ensemble, ce n’est pas encore une saison qui me satisfait. J’aimerais être plus souvent dans les dix. Même si sur certaines manches, j’ai prouvé que j’étais là. Quand tu as connu des tops 10 régulièrement et des podiums en Coupe du monde, c’est difficile de se retrouver plus loin et de se contenter d’une place dans les trente. Mais je me suis beaucoup blessée. Il faut relativiser.

Quel regard portez-vous sur le slalom cette saison et la concurrence nouvelle ?  

C’est vrai qu’il y a de plus en plus de densité, de jeunes qui arrivent. C’est très ouvert. Cela bouge beaucoup dans les tops 10. Ces filles-là ne sont jamais blessées, c’est normal qu’elles soient à ce niveau. En France, le problème, c’est que je suis un peu seule à pouvoir viser le top 30 en slalom. C’est une attente parfois difficile à gérer. Il n’y a pas trop de densité. Mais ça arrive, doucement.

Vous avez failli arrêter votre carrière l’an dernier. Qu’est-ce qui vous a finalement fait changer d’avis ?

L’année dernière, j’arrivais un peu en fin de cycle, à bout de souffle. Avec mon staff, cela faisait près de dix ans que nous travaillions ensemble. Et les rapports ne passaient plus très bien. J’avais besoin de prendre un nouvel élan. Il fallait quelque chose de nouveau pour me faire repartir. Mon changement de staff a été très bénéfique. Aujourd’hui, je me sens épanouie.

Vous serez toujours là l’an prochain ?

Je pense oui. Physiquement, je vais bien. Mentalement aussi. Je n’ai qu’une envie, c’est de continuer encore. L’important est d’être bien entouré. Et c’est le cas en ce moment. Alors pourquoi arrêter ?

Propos recueillis par Romain Boisaubert

Photo à la Une : (@FFS)

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