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Les premiers mots de François Salvagni, nouvel entraîneur de l’ASPTT Mulhouse

Tout juste nommé à la tête de l’ASPTT Mulhouse pour la saison prochaine, François Salvagni s’est confié en exclusivité pour Le Sport au Féminin. Son arrivée, la succession de Magali Magail, ses ambitions, l’Italien nous dit tout.

Plus de vingt années passées sur le banc d’entraîneur, des titres nationaux à la pelle et deux trophées Européens. François Salvagni est un amoureux du volley et vit son métier d’une passion ardente. L’Italien aura la lourde tâche de succéder à l’emblématique Magali Magail, qui quitte ses fonctions après quinze ans de bons et loyaux services au sein du club Alsacien. Conscient du challenge immense qui l’attend, le natif de Bologne ne mâche pas ses mots. Extraits.

« Il y a quelque chose de spécial ici »

« Je suis très excité par ce nouveau challenge, surtout depuis que je suis rentré de Mulhouse. C’est différent de tout ce que j’ai vu auparavant. J’ai travaillé dans des clubs, des endroits fantastiques, mais le plus important c’est le feeling. Il y a quelque chose de spécial ici. Tout à l’air si amical, bon-enfant et à la fois très professionnel. C’est peut être une des raisons pour laquelle ce club est magique. Mon arrivée s’est faite assez facilement, tout le monde a été très sympathique.

Je pense que c’est impossible de remplacer Magali, avec tout ce qu’elle a réalisé avec le club et pour le Volley. Mais quelqu’un doit le faire et je suis très heureux que ça soit moi ! (Rires). Elle sera quand même présente et pourra me conseiller, tout comme Christophe Magail. C’est quelque chose qui me rassure et qui va m’aider à m’adapter plus vite à mon nouvel environnement. Je veux apporter mon expérience et être capable de faire les choses à ma manière. C’est pour cela que je voulais un long contrat avec le club. Je veux avoir le temps de travailler, de mettre les choses en place. Je veux vraiment créer quelque chose ici. Cela prendra du temps, mais je suis sûr que le résultat sera magnifique !

« Je ne compte pas faire trois matchs de poule et me faire éliminer ! »

Oui je veux gagner immédiatement, c’est ce que j’ai fait en Italie et en Roumanie notamment. Mais je ne suis pas aveugle, je connais le niveau en Europe et les clubs italiens sont très souvent les grands favoris. Mais il faut rêver plus grand sinon on perd la motivation d’entraîner. Je vais me donner à fond, travailler dur chaque jour, mettre toute mon énergie dans ce projet tout en étant loin de ma famille. Ce n’est pas pour jouer trois matchs de poule de coupe d’Europe et me faire éliminer ! A Bucarest, les joueuses étaient exceptionnelles en coupe d’Europe. Elles avaient un supplément d’âme et on a réalisé des performances incroyables. L’exploit est toujours possible, il faut d’abord se convaincre soi-même avant de convaincre les autres.

« Créer un groupe, ce n’est pas comme faire des pâtes ! »

Pour atteindre de grandes choses, tout le monde doit aller dans la même direction, vers le même objectif. Il faut également créer de l’empathie, forger un groupe. Créer un groupe, ce n’est pas comme faire des pâtes ! On met de l’eau, des pâtes, du sel et on est certain que ca va être bon ! (Rires) Il faut du temps, du travail, pour tirer ses joueuses vers le haut, les rendre meilleures et créer quelque chose d’extraordinaire. On doit pousser l’équipe à aller au delà de ses limites. Tout ce que l’on fait doit venir de notre coeur, de notre âme. C’est comme ça que l’on crée quelque chose de magique.

« Le niveau en France est très relevé »

Tout le monde dit que l’Italie est un championnat exceptionnel. C’est vrai, mais cela ne veut pas dire que les autres ne le sont pas ! Le niveau en France est très relevé. Je pense que Mulhouse finira premier au classement cette saison et que c’est le meilleur club français à l’heure actuelle. Mais il y a aussi le RC Cannes, avec mon ami Riccardo Marchesi. Je suis sur qu’ils seront au rendez-vous la saison prochaine tout comme Le Cannet. Rien ne sera joué à l’avance.

Maintenant je vais devoir me mettre au travail, étudier la philosophie de jeu en France. J’ai regardé presque cent matchs en dix jours. C’est parfois ennuyant, parfois très intéressant ! (Rires). Mais on apprend beaucoup et c’est très utile pour mieux comprendre le style de jeu. J’ai très hâte de débuter, ce challenge me motive énormément.

« Normality is not enough »

On avait un dicton dans un club en Italie. Normality is not enough. Tout le monde s’est tatoué cette phrase pendant six mois, car c’était nécessaire d’y penser tous les jours. Se dire constamment qu’il faut aller au delà de ses limites, ne pas se contenter du minimum car ce n’est jamais suffisant.»


Propos recueillis et traduits par Marvin Mathieu


Photo à la Une : (@Catherine Kohler)

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