Ski-Glace

Margot Bailet : « Je n’avais plus la tête au ski »

Margot Bailet a annoncé la semaine dernière la fin de sa carrière. La skieuse de 28 ans quitte donc le ski après plus de cent courses en Coupe du Monde. Une décision mûrement réfléchie et difficile à prendre, mais la Niçoise ne regrette rien. Elle s’est confiée pour Le Sport Au Féminin, en évoquant sa carrière, son choix mais aussi son avenir.

Pourquoi avoir décidé d’arrêter votre carrière à seulement 28 ans ?

Dans le sport, on parle souvent d’envie et de passion et je ne trouve plus ces deux choses aujourd’hui. Après, ce n’est pas que je n’aime plus ça, mais il me manque l’étincelle. On fait beaucoup de sacrifices et quand on a cette flamme ça ne compte pas, on ne les voit pas car le but ultime c’est la performance. Aujourd’hui, ça ne me fait plus vibrer, je ne suis plus aussi heureuse. C’est compliqué à expliquer mais c’est vraiment la passion qui n’est plus là mais j’espère la retrouver dans autre chose.

Est-ce que cette décision a été difficile à annoncer ?

C’est une décision très réfléchie. Ce n’est pas une décision prise à la légère. Mais oui la décision a été très difficile à prendre. L’annonce est facile mais la décision est un moment difficile que je n’avais encore jamais vécu cela. Le plus dur c’est de s’avouer à soi-même que l’on a plus envie de faire ça. Ça fait 28 ans que je me suis construite avec le ski et des valeurs de sportives, j’ai toujours rêvé d’être une championne. M’avouer à moi-même que je ne désirais plus ça autant, ça a été un vrai choc. Je pense que j’ai fait le tour de la question. Dans la vie, il faut suivre ses envies et ce qu’on a envie de faire. J’ai tout vécu à 100% et j’ai côtoyé les meilleures skieuses. Au niveau mental, je suis allez au bout de moi-même et j’espère m’en servir pour la suite.

Votre rôle de coéquipière au niveau du groupe France pour la prochaine saison de Coupe du Monde-a-t-il eu un impact sur votre choix ?

J’étais coéquipière mais je faisais partie du groupe national français, j’avais juste besoin d’un apport financier plus important. Mais ça n’a pas été un facteur dans ma prise de décision car j’avais le soutien de mon club, de mon comité, de ma ville de Nice, qui allait comme toujours me soutenir pour mon projet. Je les remercie car ça m’a permis de ne pas prendre en compte cette nouvelle dans ma décision. Je suis partie toute seule en vacances pour prendre une décision personnelle, peser le pour et le contre et surtout voir où en étaient mes envies. Personne ne m’a forcé la main.

Quel moment vous a le plus marqué dans vos treize ans de carrière ?

Il y a beaucoup de choses, mais la première c’est forcément ma 4eme place à Lake Louise (Canada) en 2015 car c’était un moment d’émotion intense. Ce fut le meilleur résultat de ma carrière. Ce jour-là, j’ai failli faire le podium, ça s’est joué à moins de dix centièmes. En plus, j’ai vraiment eu le temps de profiter de la course car je suis parti dans les premières. Après j’ai aussi adoré ma 7ème place à Zaunchensee Altenmarkt à la Mecque du ski en Autriche (2015), c’est la course où j’ai pratiqué mon meilleur ski.

Une grosse blessure (ligaments croisés et déchirure des adducteurs) vous a empêché de participer au JO de Pyeongchang, est-ce un regret pour vous de n’avoir jamais participé à des Jeux ?

Maintenant ça ne l’est plus. Si j’ai continué après ses blessures c’était parce que c’était un rêve. Mais je l’ai accepté. Si j’ai arrêté, ce n’est plus un regret. Si je voulais vraiment participer aux JO, j’aurais continué jusqu’en 2022. J’ai accepté de n’avoir jamais participé aux Jeux Olympiques. J’aurais aimé participer pour jouer la gagne mais si j’arrête aujourd’hui c’est sans regret. J’ai participé aux mondiaux donc c’était déjà des moments exceptionnels.

Descente, Super G ou combiné, quelle est votre épreuve favorite ? Quelle piste aimiez-vous dévorer ?

La descente car c’est la discipline où on va le plus vite. C’est là où il y a le plus d’adrénaline. C’est du ski alpin avec quelque chose en plus, avec cette part de peur, d’adrénaline, on sait qu’il y a un risque quand on est sur la ligne de départ. La descente, c’est un dépassement de soi. J’adore la vitesse, les sauts, je suis une descendeuse, j’aime ça. Pour la piste, c’est dur d’en choisir une, mais je pense que c’est celle de Zauchensee Altenmarkt. J’ai adoré cette piste car on se lance sur 100 mètres et en deux trois secondes on est à 120 km, c’est fantastique.

Quels sont vos projets pour le futur ?

J’ai plusieurs idées mais une chose est sûre, je vais reprendre des études de business management pour me former. J’ai l’opportunité de le faire donc j’ai envie d’en profiter. Ça va être un double projet, reprendre des études et gagner ma vie en même temps. J’ai envie de partager mes connaissances en ski et de rendre à tous ceux qui m’ont aidé. Partager avec les jeunes du sud toute l’expérience que j’ai acquise. Je vais allier ces deux choses-là, pour aider les enfants.


Photo à la Une : (@Margot Bailet)

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