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A 22 ans, Antonine Chaumeil n’a qu’une seule idée en tête : montrer que les étudiantes peuvent aussi êtres sportives

À 22 ans, Antonine Chaumeil va bientôt participer aux Championnats d’Europe Universitaires d’aviron avec sept autres collègues et leur barreur. Pour Le Sport au Féminin, elle a accepté d’évoquer son parcours, son regard sur l’aviron et sur le sport féminin en général.

Quel est votre parcours sportif ?

Je faisais du surf et du kitesurf quand j’étais petite. Mais avec le bac et les études supérieures à l’étranger, j’ai dû complètement arrêter le sport. C’est lorsque j’ai eu des problèmes de santé que j’ai réalisé qu’il était important que je reprenne la compétition et ce, dans n’importe quel domaine… Je suis tombée sur l’aviron en janvier 2017 et depuis je n’ai jamais arrêté. Au bout de 3 mois je m’alignais pour les championnats de France Universitaires. Je ne suis pas une sportive de haut niveau, je m’entraîne de 3 à 6 fois par semaine. Mais pas seulement sur l’eau, je cours, je nage et je fais aussi du vélo ! Je me suis découverte sur la course à pieds et depuis un an et demi je fais du triathlon. Mais l’aviron et le kitesurf restent mes sports favoris.

Quelle est votre place sur le bateau et quelles sont les qualités requises pour ce poste ?

Je suis la numéro 3, je suis à bâbord. Les qualités requises ne sont pas si spéciales que ça, ce sont des qualités que l’on attend chez toutes les rameuses : ne jamais lâcher et pousser sur les jambes (rires). Mon rôle est alors de soutenir les nages (la n°1 et la n°2) dans l’effort et le travail de la cadence. Mais comme nous ne sommes pas athlètes de haut niveau, il est très difficile de créer ce genre de bateau équilibré. Alors, on privilégie aussi l’expérience sur la force, mais si on peut avoir les deux, c’est l’idéal !

Comment voyez-vous ces Championnats d’Europe en Suède ?

Comme une chance à saisir ! Notre club est très rarement allé à ce niveau en universitaire. Je vois cette semaine en Suède comme une possibilité d’être au top physiquement et de se donner à fond. Il n’y a plus d’enjeux pour nous. En France, le sport universitaire n’est pas mis en valeur tandis que dans d’autre pays il l’est. Je peux prendre l’exemple de l’Angleterre, où les rameurs vont bénéficier d’emplois du temps aménagés et où l’aviron est un sport très populaire. Nous allons nous confronter à des équipes qui sont mieux entraînées et surtout avec plus d’expérience. C’est vraiment un moment où l’on va toutes grandir et mûrir dans notre pratique au vu des différences de niveaux.

La France est-elle selon vous trop en retard au niveau de l’évolution du sport féminin ?

Énormément. On n’apprend pas aux femmes à voir leur corps comme un moyen de faire de la performance comme les hommes. Ce qui est bien dommage. Toutes les femmes sont capables d’accomplir des prouesses à leur niveau ! La Coupe du monde de football féminin a donné une visibilité au sport féminin, mais à voir dans quelques années si cette médiatisation continue. La France a aussi un retard pour tous les sportifs, y compris ceux de haut niveau. Je suis admirative de ceux qui ramènent des médailles aux mondiaux, ou aux JO. Rien n’est fait pour leur “faciliter” la vie. La conscience que le sport est essentiel dans la vie n’est pas encore présente dans les mentalités françaises et n’est pas une priorité pour le moment. Mais c’est en train de changer et nous essayons à notre niveau de montrer que tout est possible !

Photo à la Une : (@TF)

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