Escrime

Sara Balzer « J’ai rarement autant apprécié d’être sur la piste »

Médaillée d’or au sabre à l’occasion des Universiades 2019, la Française Sara Balzer a pris le soin de se confier pour Le Sport au Féminin. Son parcours, ses ambitions, la médiatisation de l’escrime et la vie d’étudiante et de sportive, la jeune alsacienne nous dit tout.

Un bonheur indescriptible. A l’issue de sa médaille d’or décrochée aux Universiades à Naples, Sara Balzer a laissé éclater sa joie. Des images magnifiques et une énorme satisfaction, qui en disent long sur la rage de vaincre de la sabreuse, passionnée par l’escrime depuis son plus jeune âge. Des ambitions affirmées et les Jeux Olympiques comme principal objectif, mais la Française ne s’arrête pas là et ne néglige pas sa vie étudiante. « Nos carrières vont s’arrêter un jour et il faudra bien faire quelque chose et gagner sa vie. »

© Étienne Jeanneret/FFSU

Son parcours

J’ai commencé l’escrime à l’âge de 8 ans à Strasbourg. Ma soeur en faisait j’ai en quelques sortes suivi ses pas. J’ai toujours aimé ce sport et cela fait maintenant seize ans que je le pratique. Je suis à l’INSEP à Paris depuis 2013. A Strasbourg j’étais dans le même club que Julien Pillet (double champion olympique de sabre par équipe, double champion du monde et cinq fois vainqueur de la Coupe du Monde ndlr), il m’a beaucoup inspiré. Comme j’ai rapidement eu des résultats en escrime cela m’a poussé à continuer.

Particularité du sabre

Techniquement on a le droit de toucher avec toute la lame alors que les deux autres armes (fleuret, épee) ne peuvent toucher qu’avec la pointe. On peut uniquement toucher au-dessus de la ceinture, à la base c’est une arme de chevalier et on ne touchait qu’au dessus de la ceinture pour ne pas blesser le cheval. Le sabre est une arme très physique, très rapide, qui demande beaucoup de puissance et d’explosivité.

Vie étudiante – sportive

Je suis en deuxième année de BTS en communication digitale. Ce n’est pas évident de gérer les deux. Je fais des cours pas correspondance car je m’entraîne deux fois par jour. Avec les déplacements à l’étranger, les stages, ce n’est pas toujours facile et il faut trouver du temps pour les études. Dans d’autres pays, l’escrime est un sport professionnel et les sportifs sont rémunérés, ce qui n’est pas le cas en France. C’est indispensable de faire des études car nos carrières vont s’arrêter un jour et il faudra bien faire quelque chose gagner sa vie !

La médiatisation de l’escrime

On s’en préoccupe car nous ne sommes pas rémunérés et beaucoup de choses sont à nos frais. Je finance personnellement ma saison nationale et internationale. Quand on parle avec des escrimeurs étrangers certains trouvent cela aberrant car ils sont totalement pris en charge. Le manque de médiatisation, de sponsor et d’argent à la Fédération c’est quelque chose qui pèse. Le niveau de l’escrime en France peut forcément aider à développer ces axes. C’est le sport le plus médaillé au niveau olympique ce n’est pas négligeable. Il n’y a pas autant de retombées mais la Fédération travaille beaucoup pour améliorer cela. Il y a eu récemment des campagnes pour essayer d’attirer les sponsors, c’est déjà un bon début mais souvent les sponsors se désintéressent des sports qui sont moins médiatisés et qui ne passent pas à la télé.

Les Jeux Olympiques

C’est clairement un objectif. Il y a une sélection interne qui sera faite en France. Il y aura huit Coupes du Monde la saison prochaine dont six qui seront sélectives et il faudra aller chercher un maximum de point. L’entraîneur sélectionnera ensuite l’équipe qu’il considère la plus performante pour aller disputer les Jeux Olympiques.

Sa joie à l’issue du titre aux Universiades

C’est vrai que je ne réagis pas comme ça habituellement. C’est souvent le stress qui prend le dessus. Ce jour là j’étais très détendue, je me sentais bien. J’ai rarement autant apprécié d’être sur la piste. J’ai savouré chaque instant, je rigolais entre les touches c’était vraiment quelque chose de particulier et j’ai pu laisser éclater ma joie à la fin. J’avais déjà participé aux Universiades en 2015 en Corée. C’était différent car nous n’étions pas tous au même endroit. Ces Universiades de Naples étaient vraiment super, on était tous ensemble et il y a eu des médailles quasiment tous les jours pour l’escrime.

Sara Balzer à l’issue de sa médaille d’or aux Universiades

Photo à la Une (@Étienne Jeanneret/FFSU)

Marvin Mathieu

Marvin est l'un des fondateurs du site, rédacteur en chef. Grand passionné de sport et de langue depuis son enfance, Marvin a réussi à concilier les deux durant son passage en Espagne, où il a découvert le métier de journaliste. Quadrilingue (Français, Anglais, Espagnol, Russe), ce Cagnois de vingt-trois ans a décidé de se lancer dans l'aventure du sport féminin, en créant officiellement "Le Sport au Féminin", le 25 février dernier.

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