Tennis

Nathalie Dechy, directrice ITF Biarritz: « Un tournoi que j’aimerais voir évoluer et grandir »

Du 15 au 21 juillet dernier, l’ITF 80 000 de Biarritz a réuni encore une fois de nombreuses pépites du circuit WTA. Une nouvelle très belle édition, ensoleillée, avec des nombreux matchs d’une intensité extreme et tout spécialement la finale remportée par Viktoriya Tomova (Bulgarie). Retour sur la 17ème édition de l’Engie Open Biarritz-Pays Basque, avec la directrice du tournoi, Nathalie Dechy. 

Un taux de fréquentation en hausse, des matchs disputées, des Françaises au rendez-vous, et des conditions climatiques quasi-parfaite, la 17ème édition de l’Engie Open Biarritz-Pays Basque est une réussite pour Nathalie Dechy, directrice du tournoi. L’ancienne numéro 11 mondiale est largement revenue sur le déroulement de son tournoi ITF.

Cette 17ème édition, une réussite?

Oui, une réussite. On changeait de date par rapport à l’année dernière. Pour la première fois, on a organisé le tournoi en juillet. On ne savait pas trop à quoi s’attendre sur notre fréquentation, sur le tableau des joueuses. On a tout de même eu une très belle semaine, avec une finale d’exception. Un très beau final. 

Une finale très disputée en point d’exclamation sur une belle semaine. J’imagine que le public était conquis. 

Il y avait foule pour la finale. Le stade était quasiment plein, et le match était vraiment de grande qualité. Depuis que je suis à la tête de ce tournoi, c’est la plus belle finale qu’on ait eu et de loin, tant par l’engagement physique que par la variété des coups. C’était un très beau match. On a eu un peu de chance en évitant la canicule. On a eu de très bonnes conditions météos. Heureusement que la canicule n’est pas arrivée un jour plus tôt car sinon les filles auraient souffert. 

Les gradins du central lors de la finale à Biarritz © Engie Open Biarritz

Si sportivement c’est une réussite, cela s’est il fait ressentir en tribune ?

On a augmenté de quasiment 10% le taux de fréquentation par rapport à l’année précédente. On est passé à 5000 personnes. C’était un tournoi qui était bien installé en septembre, à la rentrée. Il y avait des craintes par rapport au changement dans le calendrier. On a finalement eu une très belle fréquentation en début de semaine. Vendredi et samedi, c’était très calme. Mais dimanche, le monde était au rendez-vous pour la finale. Une fréquentation à la hausse qui est une très bonne nouvelle avec le changement de date pour le tournoi. 

Pourquoi ce changement de date ?

C’était une demande de ma part. Je suis persuadée que la saison sur terre battue a plus de sens en juillet qu’en septembre. Surtout que le circuit WTA est très costaud en Asie. En plus de ça, avec l’organisation du G7 fin août à Biarritz sur les même installations, il était impossible de tenir le tournoi en septembre. On devait changer de date. C’est finalement un mal pour un bien, puisque la saison sur terre n’est pas encore terminée en juillet contrairement à septembre. 

13 Françaises dans le tableau final. Et une demi pour Jessika Ponchet. C’est une satisfaction? 

Jessika habite juste à côté. Elle connait bien le coin. Il y a pas mal de monde qui la suit. Donc c’était vraiment intéressant de la voir faire un de ses meilleurs résultats sur le 80 000 de Biarritz. Elle a mené un set sur cette demi-finale, mais Kovinic a fait parler sa puissance. Il y avait en effet 13 françaises dans le tableau. Il y a eu quelques beaux matchs. Ce qui est en revanche plus dommage, c’est que Diane Parry soit arrivée un peu émoussée de Wimbledon. Elle a du passer par les qualifications sur Biarritz et a du disputer deux matchs de plus. Ca s’est vu sur son deuxième tour face à Irina Ramialison, qui est également sortie des qualifications. Il y a eu de bons matchs de la part des Françaises. Je pense à Alizé Lim qui a gagné en jouant très bien. Mais on attend toujours qu’une tricolore inscrive de nouveau son nom au palmarès. 

Depuis 2011 et Pauline Parmentier, il y n’y a plus eu de victoire française. Est-ce une déception de ne pas voir de tricolore s’imposer cette année ?

Ce genre de tournoi permet aux Françaises d’aller chercher de précieux points au classement WTA et qu’elles grimpent au classement. Ca montre aussi qu’il y a un ventre mou entre les quatre-cinq françaises qui sont dans le top 100 et puis celles qui sont derrière qui ont du mal à être plus solide quand elles jouent entre 100 et 200. Souvent, quand une fille gagne Biarritz, elle joue top 100 voire top 50. Remporter cinq matchs sur terre battue, avec des conditions climatiques qui varient toujours un peu avec le vent, l’humidité ou autre, ce n’est pas donné à tout le monde. 

En ITF, plusieurs joueuses explosent par la suite et rentrent dans le top 100 quelques mois ou années plus tard. Est-ce un argument de vente ?

Honnêtement, c’est ce que je trouve intéressant sur ces tournois là. Il ne faut pas se leurrer. On a toujours du mal à trouver des partenaires. Quand ils me disent qu’ils ne connaissent pas les joueuses, je leur répond qu’ils ne les connaissent pas maintenant, mais qu’ils les connaitront dans deux ans. Et c’est vraiment le cas. On pourra surement le voir avec Viktoriya Tomova, la vainqueur du tournoi. C’est un poids léger. Elle fait partie des petits gabarits mais avec une très belle paire de jambe. On va voir si elle transforme ce bon résultat à l’avenir. Sur la semaine à Biarritz, elle a montré de la ressource, des caractéristiques de combattantes. Elle était souvent menée. J’espère que ça lui a donné le maximum de confiance pour la suite. 

Viktoriya Tomova, lauréate 2019 ITF Biarritz © Engie Open Biarritz

Concernant la prochaine édition, on reste sur le mois de juillet ?

Nous n’avons pas encore travaillé sur la prochaine édition. Tout le monde est plus ou moins parti en vacances. Mais je pense que le mois de juillet a bien plus d’intérêt. C’est un tournoi que j’aimerais voir évoluer et grandir. On va voir ce qu’on peut faire à la rentrée. 


Photo à la Une : (@Tennis Leader)

Léo Labica

Léo Labica, fondateur du site aux côtés de Romain Boisaubert et Marvin Mathieu. Passionné de sport depuis ma tendre enfance, je nourris une grande appétence pour le sport féminin depuis une dizaine d'année. Le foot, le basket, le cyclisme ou le tennis.. autant de discipline qui me font rêver. Passé par les rédactions de Vélo101 ou de Sport 365, j'ai pu vivre au plus près les évènements sportifs. C'est désormais sur le sport féminin que je concentre à maintenant vingt-quatre ans en créant "Le Sport au Féminin". Plus qu'une passion, un devoir !

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