Athlétisme

Charlène Clavel, du handball au triathlon, il n’y a parfois qu’un pas

Un an seulement après ses débuts en triathlon, Charlène Clavel s’apprête à prendre le départ de l’Ironman 70.3 de Nice, ce samedi, avec l’ambition de décrocher une médaille mondiale. Début juillet, l’ancienne handballeuse de Nîmes et de Nantes s’était confiée sur cette nouvelle carrière pour Le Sport au Féminin. Extraits.

Charlène Clavel, c’est l’histoire d’une renaissance, d’un tournant, d’un départ, nouveau. D’une discipline sportive à une autre, il n’y a parfois qu’un pas. Formée au HBC Nîmes, passée par le Nantes LAH, l’ancienne ailière a joué près de dix saisons en première division, avec à la clé, des finales de Coupe de la Ligue (2013) et de Coupe de France (2015). Mais depuis l’an dernier, Charlène Clavel a décidé de prendre un nouveau virage, en troquant sa tunique de handballeuse contre celle de triathlète. Un fait rare dans le sport de haut niveau, que la native de Mende a pris le soin d’expliquer.

Charlène, pourquoi ce choix de vous tourner vers le triathlon après près de dix ans de handball à haut niveau ?

J’avais cette envie de voir autre chose. Mon petit frère est dans le monde du triathlon depuis quelques années déjà. J’ai vingt-huit ans. C’était maintenant ou jamais. Ce n’est pas une décision que j’aurais pu prendre dans cinq ou six ans. Je ressentais moins de plaisir dans le handball. J’avais ce besoin de changer, d’aller voir ailleurs. Je suis quelqu’un qui affectionne les nouveaux défis. Depuis toute petite, je me suis toujours intéressée à cette discipline. Pendant mes repos, j’allais souvent courir, nager ou faire du vélo. Je suis originaire de Lozère. On peut dire que le cadre s’y prête (sourire). Je voulais également passer d’un sport collectif à un sport individuel. J’en ressentais vraiment le besoin.

Charlène Clavel a porté les couleurs du HBC Nîmes et du Nantes LAH durant sa carrière de handballeuse. Ici, sous les couleurs de Nantes.
@DR

Avez-vous une préférence entre les trois disciplines du triathlon ?

C’est compliqué. J’affectionne vraiment les trois (sourire). Allez, peut-être un peu plus la course à pied, que j’ai eu l’habitude de pratiquer pendant mes années handball. La natation, j’en ai fait quand j’étais petite, jusqu’à mes quatorze ans. De base, j’aime beaucoup faire du sport en milieu naturel. Quand je ne jouais pas au hand, j’aimais beaucoup nager en eau libre, faire du vélo ou courir dehors. Pour moi, c’est vital. Être enfermé dans les gymnases quand il fait beau dehors, ce n’est pas trop mon truc.

Comment avez-vous vécu cette transition ?

On va dire que le handball est un sport technique, qui demande beaucoup de puissance et d’explosivité. J’ai pas mal d’années de musculation derrière moi. Sur mes temps de pause, j’aimais déjà beaucoup courir et faire du vélo. Je pense que les qualités physiques que j’ai pu acquérir durant mes années de handball me servent aujourd’hui. Le handball demande énormément de régularité, au sein d’une équipe, d’un collectif. Il faut savoir se mettre au service des autres, être performante à tous les matchs. Gérer cette pression-là, ce n’était pas mon point fort. Mais on peut dire que l’appréhension de la compétition me sert beaucoup désormais. Le triathlon est un sport individuel. Tu ne dois rien à personne. Tu le fais pour toi. Je n’ai pas un entraîneur derrière moi qui me laissera sur le banc si je ne suis pas performante. Je cherchais cette liberté.

Désormais, Charlène Clavel s’est tournée vers le triathlon.
@DR

Quels sont vos objectifs désormais ?

Je vais me concentrer sur le longue distance. Pour ma première participation, j’ai pris la septième place du classement féminin de l’Ironman 70.3 de Nice et j’ai pris la première place de ma catégorie d’âge (25-29 ans). Une place qui me permet d’être qualifiée pour les championnats du monde d’Ironman 70.3, qui se dérouleront en France, à Nice, en septembre prochain. J’ai encore deux mois pour bien m’y préparer. Cette course va me servir pour la suite. Après Nice, je réfléchirai à ce que je peux envisager. Et pourquoi ne pas tenter l’aventure chez les professionnels ? Je vais tout faire pour me donner cette chance et ne rien regretter.


Photo à la Une : (@DR)

Romain Boisaubert

Romain est l'un des fondateurs du site, directeur de la rédaction et de la publication. Bercé par les exploits sportifs depuis son enfance, Romain s'est naturellement tourné vers le journalisme. Passé par l'Espagne et par les rédactions du Figaro et de Nice-Matin, ce Niçois de vingt-quatre ans a décidé de se lancer dans l'aventure du sport féminin, en imaginant officiellement "Le Sport au Féminin" le 25 février dernier.

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