Athlétisme

Championnats du monde d’athlétisme : À Doha, c’est la cata’ !

Alors que les Championnats du monde d’athlétisme ont pris fin ce dimanche au Qatar, une pluie de polémique s’est abbatue sur la compétition. Entre chaleur, manque de spectateurs et peu d’audience en France, retour sur cet événement bien décevant.

« Dieu merci, personne n’est mort. » Cette phrase lâchée par l’ancien marathonien Haile Gebreselassie a fait couler beaucoup d’encre. Le 27 septembre dernier à 22h59 (heure locale), le départ du marathon féminin est donné sous 32 degrés. Une température somme toute logique pour les organisateurs, qui atteint même les 40 degrés en terme de chaleur ressentie. Sur les 68 partantes, 28 abandonnent (plus de 40%). Les conditions extrêmes de ces Mondiaux sont pointées du doigt. Les athlètes ne sont pas partis à Doha pour aller bronzer ou profiter de la chaleur qatarie, mais bien pour réaliser une performance sportive.

Ces chiffres sont alarmants quand on sait qu’il y avait eu seulement 10% d’abandons à Londres lors des derniers Mondiaux. Et ce n’est pas la réaction du président de la Fédération Internationale d’Athlétisme (IAAF), Sebastian Coe qui va calmer la polémique. Le Britannique a récemment déclaré : «Il fait chaud mais notre équipe médicale était prête. Il n’y a jamais eu une compétition où autant de travail avait été fait face au climat.» Alarmant vous avez dit ? « C’est une catastrophe » dira même Kévin Mayer, le décathlonien tricolore.

Samedi 28 septembre, 21 heures au stade Khalifa de Doha, le départ du 100m masculin est donné devant… 8000 personnes – soit à peu près le taux d’affluence moyen du Stade Louis II de Monaco. Cela restera un des gros échecs pour ces championnats du monde, fêter un titre devant un stade partiellement rempli n’aura jamais la même saveur. Pour un complexe qui peut accueillir 46 000 spectateurs, seulement 17% des sièges sont occupés. Comparé aux 80 000 personnes présentes pour la victoire de Bolt lors des Mondiaux de Londres de 2017, ce chiffre est déprimant : « On nous prend pour des cons » a déclaré le marcheur Yoann Diniz avant son entrée dans la compétition. Comment imaginer Megan Rapinoe ou Bianca Andreescu fêter un titre dans un stade quasiment vide ? C’est pourtant ce qu’ont vécu les huit finalistes de l’épreuve du 100 m, pourtant reine en athlétisme.


Les mondiaux de Doha résumés en quatre phrases chocs de Français

« Je n’allais pas faire 50km comme ça, ce n’était pas possible » Yohann Diniz, marcheur et champion du monde en 2017 (Le tricolore a abandonné au bout de 16km le 50km marche).

« On voit tous que c’est une catastrophe même si personne ne le dit. Il n’y a personne dans les tribunes » Kévin Mayer, décathlonien et Champion du monde à Londres.

« Le sport a été oublié. En sortant de l’aéroport, on avait l’impression d’être une pizza qui rentre dans un four » Patrice Gergès, DTN de l’athlétisme tricolore.

« L’athlète se retrouve à vouloir produire le même type d’effort qu’il fait en temps normal, donc on peut avoir des malaises importants. Quoi qu’il en soit, ce sera surement un peu la loterie » Jean-Michel Serra, médecin de l’équipe de France.


Photo à la Une : (@Getty Images)

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