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D1 Arkema : De San Jose à Reims, il n’y a qu’un pas pour Melissa Herrera

Atout offensif numéro un du Stade de Reims cette saison avec deux buts, Melissa Herrera s’est longuement confiée pour Le Sport au Féminin. Portrait de la virevoltante attaquante costaricienne, qui a réalisé son rêve de footballeuse en ralliant le Vieux Continent.

C’est l’histoire d’un rêve devenu réalité. Un compte de fée qui a débuté dans son pays natal, le Costa Rica, et qui se prolonge aujourd’hui dans un des clubs mythiques de l’Hexagone, le Stade de Reims. Débarquée en France en 2018 après plusieurs saisons couronnées de succès en Amérique Centrale et Latine (Costa Rica puis Colombie), Melissa Herrera est en train de faire son trou en D1 Arkema. Atout offensif numéro un des Rémoises cette saison avec la pépite Naomie Feller, la Costaricienne ne manque pas d’ambitions pour la suite de sa carrière. A plusieurs milliers de kilomètres de son pays, la native d’Heredia se sent comme un poisson dans l’eau à Reims et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin.

En français ou en espagnol, la numéro 7 du Costa Rica s’est longuement confiée pour Le Sport au Féminin. Son adaptation au championnat français, son expérience en sélection nationale, le football féminin en Amérique Centrale, l’attaquante rémoise n’évite aucun sujet. Et comme on dit chez elle, «Pura Vida*» !

Son parcours

J’ai commencé le football au Costa Rica au Deportivo Saprissa. J’y suis restée cinq ans avant de rejoindre le Deportivo Moravia. J’ai ensuite signé mon premier contrat professionnel à Santa Fe en Colombie. Je suis arrivée en fin de contrat avec Santa Fe et j’ai eu l’opportunité de rejoindre Reims. Pour toutes les joueuses en Amérique Latine et Centrale, rejoindre l’Europe est un rêve. Surtout pour un petit pays comme le Costa Rica (4,5 millions d’habitants), c’est difficile de faire ses preuves car peu de personnes suivent ce qu’il se passe là bas. Certains pensent même que c’est une île mais ce n’est pas le cas ! (rires). J’ai toujours rêvé de venir ici, ça n’a pas toujours été facile pour moi donc je profite de chaque instant. C’était une étape indispensable pour ma carrière de joueuse.

Son adaptation au football en France

Il y a une grande différence en terme d’infrastructures. Au Costa Rica par exemple, la professionnalisation du football féminin n’est pas la même. Au niveau footballistique, le niveau est plus élevé en Europe, surtout en France où il y a beaucoup de grandes joueuses, parmi les meilleures joueuses du monde. Il y a moins de contact qu’en Amérique, le jeu est plus rapide, plus technique.

Son expérience en sélection nationale

C’est toujours une fierté de pouvoir jouer pour son pays. On a été déçu de ne pas disputer le Mondial 2019 en France, mais ça fait partie du football. En 2015 on a disputé la Coupe du Monde au Canada, c’était la première participation du Costa Rica aux phases finales. On a montré un beau visage et j’ai pu marquer mon premier but dans un Mondial, c’était quelque chose d’unique. Ca a beaucoup aidé au développement du football féminin dans mon pays, plus de personnes nous ont suivi et ont commencé à croire en nous. L’année prochaine on aura l’opportunité de se qualifier pour les Jeux Olympiques de Tokyo. Il y aura un tournoi CONCACAF en janvier 2020. Il y aura deux poules et on affrontera les Etats-Unis, Haiti et le Panama. Dans l’autre groupe il y aura le Mexique, le Canada, la Jamaïque et Honduras. Les deux premiers de chaque groupe seront qualifiés et s’affronteront en demi-finales, et les deux finalistes décrocheront leur ticket pour Tokyo.

Le développement du football féminin en Amérique Latine et Centrale

La discipline s’est beaucoup développée ces dernières années. Les gens nous suivent plus c’est une évidence. Au dernier Mondial en France l’Argentine a montré un très beau visage, la Colombie également a souvent répondu présent sur la scène internationale. Cela a donné un coup de projecteur sur notre continent. Les joueuses et les fédérations ont beaucoup oeuvré pour le développement du football féminin. Les grandes nations telles que l’Espagne, l’Angleterre, l’Allemagne ont été séduites par notre jeu, et beaucoup de joueuses ont eu l’opportunité de rejoindre l’Europe et les meilleurs championnats par la suite.

* Pura Vida → expression typique du Costa Rica. Utilisée pour saluer, entamer ou terminer une conversation. Cela peut être traduit par «profiter des richesses offertes par la vie».

>> A LIRE AUSSI : D1 Arkema : 4 questions à … Melissa Herrera (Stade de Reims)


Photo à la Une : (@StadedeReims)

Marvin Mathieu

Marvin est l'un des fondateurs du site, rédacteur en chef. Grand passionné de sport et de langue depuis son enfance, Marvin a réussi à concilier les deux durant son passage en Espagne, où il a découvert le métier de journaliste. Quadrilingue (Français, Anglais, Espagnol, Russe), ce Cagnois de vingt-trois ans a décidé de se lancer dans l'aventure du sport féminin, en créant officiellement "Le Sport au Féminin", le 25 février dernier.

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