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Un derby parisien symptomatique du manque de moyens mis en place autour du football féminin

En juillet dernier, à l’issue du Mondial de football féminin en France, tout semblait rose : des stades souvent remplis pendant la compétition, des records d’audience TV, des actions mises en place par la FFF pour accueillir de plus en plus de licenciées dans les clubs, etc. En bref, enfin de la visibilité pour le football féminin qui était resté dans l’ombre depuis tant d’années. Pourtant depuis, tout cela semble être retombé comme un soufflé. Explications.

De notre envoyée spéciale à Charléty

Si l’on compare l’évolution de ce sport dans différents pays européens, la France semble bien à la peine. Et si la Fédération n’agit pas rapidement, notre pays pourrait devenir une terre secondaire du football féminin, alors que porté par l’Olympique Lyonnais depuis plus d’une dizaine d’années, il avait tout pour s’imposer sur la durée comme la meilleure nation de la discipline.

L’exemple PFC-PSG

Dernier exemple en date, le derby parisien qui s’est joué dimanche après-midi. Occasion rêvée pour la FFF de faire briller son championnat via des actions de communication autour de cette affiche, il n’en a rien été. Certes le match se jouait à Charléty, mais hormis une distribution de bonnets aux couleurs du Paris FC et un parcours pour les enfants à l’entrée du stade, rien n’avait été fait pour événementialiser ce match. Une seule tribune était ouverte, remplie essentiellement par des clubs de jeunes footballeuses – un public déjà acquis à la cause du football féminin donc. Et c’est bien dommage car ce match représentait une belle occasion de convertir toujours plus de supporters au football féminin.

S’inspirer de l’Angleterre

Dans le même temps, en Angleterre, la Football Association n’a de cesse d’organiser des actions pour attirer le public dans les stades. Et particulièrement lorsqu’il s’agit de derbys. Rien que cet automne, Anfield avait été ouvert pour accueillir Liverpool-Everton. La FA avait beaucoup communiqué sur ce match et avait su accueillir le public au stade avec de nombreuses animations et des tarifs attractifs. Plus de 23 000 spectateurs s’étaient rendues dans la mythique enceinte pour encourager deux équipes pourtant pas les mieux classées de la FAWSL.

Ceci est bien la preuve qu’il est possible de faire se déplacer le public pour voir des matchs de football féminin. Et des exemples comme celui-ci il y en a de nombreux : ouverture du Tottenham Hotspur Stadium pour leur match contre Arsenal, l’affiche historique Angleterre-Allemagne qui s’est tenue à Wembley en novembre devant plus de 77 000 spectateurs, etc. Et la FA n’arrête pas là. Elle a par exemple lancé une plateforme pour pouvoir regarder tous les matchs du championnat gratuitement. Quand, en France, il est nécessaire de souscrire à un abonnement payant pour pouvoir disposer des chaînes retransmettant le championnat. Et pour toucher le plus grand nombre de personnes, ne vaut-il pas mieux rendre facile l’accès aux matchs ?

C’est bien ce que fait la FA, qui a su professionnaliser son championnat en seulement quelques années, devenant dans le même temps très visible aux yeux du monde. Et signe qui ne trompe pas, c’est bien ce pays qu’a choisi de rejoindre Sam Kerr, alors qu’elle était également courtisée par les meilleurs clubs français. Et les autres grands championnats ne sont pas en reste : le match Atlético Madrid-FC Barcelone avait attiré plus de 60 000 spectateurs en mars dernier, tous les grands clubs historiques italiens ont désormais une section féminine qui joue en première division, etc.

Jusqu’à quand l’OL féminin pourra-t-il porter le football français ?

Pendant ce temps en France, seul l’Olympique Lyonnais – et dans une moindre mesure le PSG – continue de faire briller le football français aux yeux de l’Europe et du monde, tout en jouant presque tous ses matchs à guichets fermés à domicile. Mais combien de temps cela durera-t-il encore ? Quand les meilleures joueuses trouveront des clubs proposant le même confort qu’à Lyon mais dans des ligues mettant plus de moyens pour faire venir le public dans les stades, aucun doute qu’elles privilégieront ces clubs-ci. Car quel plus grand bonheur pour une footballeuse que de jouer dans un stade rempli de supporters qui assurent l’ambiance dans les tribunes ?

Le football féminin a su accélérer sa présence dans la société de manière très rapide mais malheureusement en France, la fédération semble avoir loupé le coche. En témoigne par exemple le parcours de Lucy Bronze. Arrivée en France à l’été 2017 pour rejoindre le meilleur club du monde, celui qui lui permettrait de remporter la Ligue des champions et sans égal à l’époque, elle a annoncé cet automne qu’elle quitterait probablement l’OL à l’issue de la saison, sans doute pour retourner en l’Angleterre. Preuve en est que le championnat de son pays a su devenir attractif dans ce laps de temps très court et qu’elle sait qu’il est désormais possible de remporter les plus belles compétitions avec un autre club que l’OL.

Dimanche, Paris FC – PSG s’est soldé par une victoire pour le PSG, mais celle-ci restera dans l’indifférence générale du grand public… Mais il ne tient qu’à la Fédération Française de Football d’agir pour que cela change et combler le retard qu’elle est en train de prendre avant qu’il ne soit trop tard. Aides à la professionnalisation des clubs du championnat, communication plus poussée pour les belles affiches, match de gala dans les plus beaux stades de France pour l’équipe de France. De nombreuses solutions semblent exister. Restons optimistes.


Photo à la Une : (@PSGFéminines)

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