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Violences sexuelles dans le sport : 54 athlètes veulent « briser le mur du silence »

Après les accusations de viols et agressions sexuelles de la patineuse Sarah Abitbol envers son ex-entraîneur, Gilles Beyer, les grands noms du sport français ont décidé de réagir.

Dans leur tribune « Violences sexuelles : il est temps de donner de la voix ! », cinquante-quatre athlètes français appellent les dirigeants sportifs, les entraîneurs et les parents à prendre conscience des situations difficiles que peuvent endurer les enfants. Le papier a été publié quelques heures après l’ouverture d’une enquête pour viols et agressions sexuelles sur mineurs. « Les révélations récentes d’agressions sexuelles subies par plusieurs jeunes sportifs font trembler le système et réveillent notre colère. Nous, athlètes français de haut niveau, nous nous sentons révoltés […] mais malheureusement pas si étonnés que cela… Une fois dévoilée au grand jour, la vérité devient glaçante : le cas isolé devient multiple, les monstres omniprésents », démarre ainsi le texte écrit et signé par Teddy Riner, Nathalie Péchalat, Sarah Ourahmoune ou encore Tatiana Golovin. « Nous ne pouvons plus nous taire ! Il est temps d’agir collectivement et de prendre conscience que briser le silence, c’est aussi servir le sport. »

« Que peut-on dire ? Et à qui ? »

Les sportifs regrettent également que « trop souvent, parler, c’est risquer son avenir. » « Si nous prenons la plume aujourd’hui, c’est que nous nous sentons responsables, expliquent-ils. Ce sont nos quêtes de médailles qui façonnent en partie les rêves de performance des plus jeunes et qui les conduisent à pousser la porte d’un club. (…) Nous nous sentons aussi [coupables], car il nous est tous arrivé d’avoir des doutes, des suspicions, des bribes d’informations… Le flagrant délit est rare et il n’est pas simple de savoir comment réagir face à une intuition ou une rumeur. Que peut-on dire ? Et à qui ? »

Les signataires réclament qu’une cellule d’écoute des victimes soit mise en place. « Un contrôle systématique des casiers et antécédents judiciaires des bénévoles, des entraîneurs et des dirigeants de clubs et de fédérations » est également exigé. Ils appellent à des prises de mesures législatives qui auront pour but de révoquer « tout individu, quel que soit son statut, impliqué dans une affaire de violences sexuelles, avec interdiction à vie d’exercer tout métier au contact de la jeunesse. »


Photo à la Une: (@franceinfo)

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