Football

Elisabeth Loisel : « Trop peu de femmes dans nos formations d’entraîneur de football »

L’ancienne sélectionneuse de l’équipe de France Elisabeth Loisel s’est confiée sur son choix de mettre en place le Certificat d’entraîneur de football féminin. La première session commencera en octobre 2020.

Aujourd’hui en charge de la formation d’entraîneurs, Elisabeth Loisel a décidé de créer, en accord avec la FFF, le CEFF, Certificat d’entraîneur de football féminin. La semaine dernière, elle a lancé un appel à candidatures pour l’inauguration qui aura lieu en octobre prochain. Très vite, les critiques ont fusé, la forçant à justifier les raisons pour lesquelles il était primordial de lancer ce diplôme.

La création du certificat d’entraîneur de football féminin

« C’est d’abord à la demande du président Noël Le Graët et de notre DTN Hubert Fournier qui se sont rendu compte que nos entraîneurs qui sont en D1 féminine – mis à part ceux qui étaient avant dans le foot pro des garçons – avaient des difficultés à accéder au BEPF (Brevet d’entraîneur professionnel de football, ndlr). On a une quarantaine de candidats chaque année, très souvent des hommes et, de temps en temps, une femme, mais nous n’avons que dix places. Le président voulait qu’on augmente le niveau de compétence des entraîneurs de D1 et D2. Il voulait aussi permettre aux internationales ou anciennes internationales de se former et d’accéder dans le futur à des métiers d’entraîneurs dans le foot féminin de haut niveau. »

Son rôle dans la conception de ce certificat

« Lorsque j’ai construit le CEFF, j’ai eu la réflexion et l’envie qu’il permette à des femmes d’accéder à des postes de haut niveau. Aujourd’hui, on a très peu de femmes sur les clubs de D1 féminins. […] Dans ma réflexion, je me suis dit qu’il fallait quand même qu’on arrive à créer des passerelles entre ce certificat fédéral et le BEPF. C’est la raison pour laquelle j’ai proposé que les personnes qui ont le BEPF et deux ans de contrat avec une équipe de D1 ou D2 féminine aient l’équivalent du CEFF. C’est le cas aujourd’hui d’Olivier Échouafni (PSG) […]. On est la première Fédération à créer ce genre de diplôme. Tout simplement car là aussi si on fait les constats légitimes on se rend compte qu’il y a très peu d’enseignements, dans nos formations, où le foot féminin est développé dans le détail. »

Se poser les bonnes questions

« Avant de lancer ce diplôme, même si c’était à la demande du président et du DTN, on a quand même bien réfléchi à la question. On ne s’est pas lancé dans la mise en œuvre comme ça. On s’est posé les vraies questions : l’intérêt, les besoins de ce foot féminin qui doit encore progresser. Il n’y a rien de mieux que de vivre une formation avant de la critiquer. Il y a encore trop peu de femmes dans nos formations. Souvent elles n’osent pas venir car ce n’est pas évident pour elles de trouver leur place dans des groupes de 10, 30 voire 60 garçons. […] On n’a pas la science infuse, on va leur apporter des éléments, ils vont se questionner et nous questionner. On réfléchira tous ensemble à améliorer leur champ de compétence. »

Des formations encore trop axées sur le foot masculin

« Il y a des spécificités. Sur le plan psychologique, du management. On ne manage pas un groupe de femmes comme un groupe d’hommes. L’actualité me donne raison. Quand on voit les réactions qu’il peut y avoir autour de l’équipe de France en ce moment, ça prouve bien qu’un groupe de femmes ne se manage pas de la même manière. Il y a des différences de sensibilité, de comportements, sur le plan de l’entraînement, sur le plan athlétique. Il y a aussi des particularités, des spécificités qu’on aborde très peu dans le reste de nos formations qui sont encore très axées sur la population masculine. »


Photo à la Une: (@fifacom_fr)

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