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D2F : 5 questions à … Hadja Sawaneh (HAC Handball)

Hadja Sawaneh, joueuse emblématique du HAC Handball depuis seize ans, s’est longuement confiée pour Le Sport au Féminin. Les playoffs qui approchent, son histoire d’amour avec le Havre, son regard sur l’évolution du club, l’ailière normande nous dit tout. Extraits.

C’est une authentique histoire d’amour entre Hadja Sawaneh et le HAC Handball, qui dure depuis plus d’une décennie. Depuis seize ans pour être exact, l’ailière porte fièrement les couleurs du club de sa ville et souhaite y terminer sa carrière. Avec les Havraises, elle a tout connu. Le titre en Challenge Cup en 2012, les cinq titres de vice-championnes de France mais aussi les années galères marquées par les descentes en D2F et les difficultés financières. Qu’importe les vents et les marées, Hadja Sawaneh est toujours restée fidèle à son club de coeur et ne compte pas s’arrêter là. Si son temps de jeu est réduit cette saison, du fait de la concurrence avec Josephine Nkou et Romane Frécon Demouge, la joueuse la plus capée de l’histoire du HAC se sent toujours aussi bien en Normandie. «Tant qu’on gagne et qu’on atteint nos objectifs je serais satisfaite.» Une vraie joueuse de club, qui a pris le soin de se confier longuement pour Le Sport au Féminin. Extraits.

Hadja Sawaneh porte les couleurs du Havre depuis seize ans (©JonathanChapon/HACHandball)

La qualification en Playoffs

On avait à coeur de se qualifier, c’était l’objectif cette saison. On s’est qualifié assez rapidement, on aurait pu mieux faire sur certains matchs mais on a bien fini. On part avec du retard en terme de points (4e avec 12 points), tous les matchs seront des finales et on n’a pas le droit à l’erreur. On n’a plus perdu depuis un petit bout de temps, à nous de répondre présent et de gagner tous nos matchs pour espérer monter en LBE la saison prochaine. On veut retrouver l’élite au plus vite mais on sait que ça va être compliqué. Notre objectif était de se qualifier pour les playoffs. Si on n’arrive pas à monter, ça ne serait pas un échec, on a eu pas mal de blessées cette saison et on a quand même réussi à réaliser de bonnes performances. Il y a eu beaucoup de changements dans l’équipe à l’intersaison, l’arrivée d’un nouveau coach également, donc on a besoin de temps pour atteindre notre meilleur niveau et exploiter au maximum notre potentiel.

Votre saison sur le plan personnel

J’ai eu un peu moins de temps de jeu cette saison, je m’y attendais car on est trois à évoluer au même poste, c’est forcément plus dur de rentrer dans la rotation, surtout que les deux autres joueuses (Romane Frécon et Josephine Nkou ndlr) ont le statut de joueuse professionnelle, ce qui n’est pas mon cas. Cette année mon rôle consistait à rentrer lors des supériorités numériques et je pense avoir répondu présent. Dès le début je me suis mis dans la tête que la situation allait être comme ça cette année et je l’ai accepté. J’essaie également d’aider l’équipe et d’apporter mon expérience au quotidien, je communique beaucoup avec l’entraîneur à ce sujet. Tant qu’on gagne et qu’on atteint nos objectifs je serais satisfaite.

Une vraie histoire d’amour entre le HAC et vous …

Oui ! C’est ma ville, je suis née ici, le HAC Handball a été mon premier club et j’espère que ce sera le dernier. Ca fait seize ans que je suis là et je me sens toujours aussi bien. C’était mon souhait de faire toute ma carrière ici, quand les choses se passent bien je suis quelqu’un de fidèle. Pas tout le monde aurait pu avoir cette chance là. Mon après-carrière au Havre ? Oui, j’aimerais rester dans l’organigramme du club, on ne sait jamais de quoi est fait demain mais à l’heure actuelle oui c’est dans un coin de ma tête.

L’évolution du club depuis vos débuts

Ca a débuté tellement fort ! J’ai connu les très belles années du Havre avec le titre de championne d’Europe et les titres de vice-championne de France … J’ai tout connu avec le club, également les moments difficiles lorsqu’il y a eu des problèmes financiers et qu’on est descendu en D2. J’avais peur qu’on tombe encore plus bas à ce moment. Sur les quinze joueuses de l’effectif, j’étais la seule à être restée pour la saison en D2F. On a tenu le coup à ce moment, c’était vital pour le club. Soit on coulait soit on maintenait le navire à flot et on est parvenu à le faire. Par la suite on a un peu fait l’ascenseur entre la D1 et la D2. J’espère que l’on va encore plus se stabiliser, passer un nouveau cap pour se réinstaller durablement en LBE.

Le Havre a le potentiel pour revenir au top. On a la chance d’avoir un grand public. Cette année les Docks sont très bien garnis, presque plus que lorsqu’on était en D1. On se doit de progresser encore et d’obtenir de bons résultats pour donner envie aux supporters de venir nous soutenir encore plus. Notre public est très fidèle et a toujours été présent, c’est très important.

Votre métier d’éducatrice sportif

En parallèle je travaille à la Mairie du Havre, au service des Sports. Je gère plusieurs disciplines (basket, musculation, danse). Je travaille également avec le préparateur physique du club qui participe à ce projet. Un emploi du temps chargé ? Oui, mais j’ai plus de temps qu’avant lorsque je travaillais 35h, je suis passée à 80% désormais ce qui me permet d’avoir plus de temps libre.

Racontez-nous une anecdote

J’ai commencé le handball quand je voyais Oumou Niang-Fouquet jouer, elle a été ma partenaire au Havre et aujourd’hui c’est ma présidente. On vient du même quartier, c’est quelque chose d’assez symbolique pour moi. Sinon au niveau sportif mon meilleur souvenir reste la finale de la Coupe d’Europe. Je n’ai jamais vu autant de monde aux Docks .. L’ambiance était exceptionnelle, pour le sport féminin c’était une belle fête et ça faisait chaud au coeur. Je pense que le HAC Handball est un club phare du handball féminin, tout le monde nous connaît.


Photo à la Une : (@HACHandball)

Marvin Mathieu

Marvin est l'un des fondateurs du site, rédacteur en chef. Grand passionné de sport et de langue depuis son enfance, Marvin a réussi à concilier les deux durant son passage en Espagne, où il a découvert le métier de journaliste. Quadrilingue (Français, Anglais, Espagnol, Russe), ce Cagnois de vingt-trois ans a décidé de se lancer dans l'aventure du sport féminin, en créant officiellement "Le Sport au Féminin", le 25 février dernier.

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