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Eugénie Le Sommer (Olympique Lyonnais) : « J’ai vécu quelque chose d’unique »

Eugénie Le Sommer s’est confiée à Ouest-France sur sa saison avec Lyon et son impressionnant palmarès. Mais l’attaquante de l’OL s’est surtout livrée sur la Coupe du monde féminine 2019 et l’élimination de la France en quarts de finale.

Après la défaite en quarts de finale de la Coupe du monde 2019 (2-1 face aux Américaines), Eugénie Le Sommer s’est concentrée sur de nouveaux objectifs. Elle raconte, dans une interview avec Ouest-France, ses ambitions de la saison avec l’Olympique Lyonnais. La joueuse de 30 ans est également revenue sur les conséquences de l’après-Mondial et le développement du sport féminin.

Oublier l’élimination en Coupe du monde

« La saison a repris, je me suis fixé d’autres objectifs avec le club, la sélection. Après, reste le sentiment qu’on est passé à côté de quelque chose de grand. On aurait aimé franchir cette étape, parce que ce n’est pas une performance d’échouer en quarts de finale. On avait le potentiel pour aller plus loin. On a perdu contre la meilleure équipe du monde, ça fait relativiser, mais il y avait la place pour faire mieux à la maison. Les matches contre les Américaines se jouent toujours sur des détails. À ce niveau-là, ça ne pardonne pas. »

La ferveur du public

« On a vécu quelque chose d’incroyable. Je garde de très bons souvenirs des supporters, des stades remplis. L’impact médiatique a été énorme pour notre discipline. Ça a permis de mettre en lumière le football féminin de manière extraordinaire. C’est une chance de vivre cette compétition à la maison […]. Sportivement, ça a été un échec, une déception. Mais humainement, et par rapport à mon expérience personnelle avec le public, les gens dans les stades ou dans la rue, les arrivées en bus, c’était juste incroyable. Cet engouement… ça restera gravé dans ma mémoire. Je suis consciente que j’ai vécu quelque chose d’unique. »

Poursuivre la médiatisation du football féminin

« On veut que le football soit universel, et on avait l’occasion de cette Coupe du monde pour pouvoir le prouver. Les médias français ont joué le jeu, et on a fait, je crois, connaître à beaucoup de monde le fait que les filles pouvaient jouer au football. C’est une victoire. Désormais, il faut continuer à persévérer pour garder cette place. La Coupe du monde a eu un impact, mais je ne sais pas combien de temps il durera. Le football féminin, ce n’est pas un boom, beaucoup de licenciés d’un coup, et tout va bien, tout est rose. La réalité, c’est que c’est toujours compliqué dans les clubs d’accueillir les filles, qu’il manque encore des terrains et des bénévoles. Ce sont les enjeux aujourd’hui. J’ai envie qu’une fille qui joue au foot ne se pose plus la question de savoir si elle en a le droit. Elle a envie, elle peut. Et c’est pareil pour tous les sports féminins. »

Les déclarations de Corinne Diacre

« Ça a gâché mon après-Mondial. La déception était déjà énorme avec l’échec en quart de finale, et je n’avais pas besoin de déclarations comme ça, qui mettent de l’huile sur le feu. C’est dommage. Voir mon nom ressortir dans les médias négativement, et sans raison à mon avis, ni moi ni mon entourage ne l’avons bien vécu. Depuis, on a discuté avec la coach et tout est rentré dans l’ordre. C’est un épisode que je n’ai pas envie de garder en mémoire. Ce n’est pas agréable à vivre, surtout quand ce n’est pas justifié, mais je regarde vers l’avant. Il y a encore plein de belles choses à vivre avec l’équipe de France. J’essaie de me servir de ce qui s’est passé pour avancer. »

Objectif : Ballon d’Or

« Il faut souligner que c’est bien d’avoir mis les filles dans le concours. Même s’il faut maintenant qu’il soit attribué de la manière la plus juste possible. Mon but est d’être dans la liste un jour, parce que cela voudrait dire que je suis dans les meilleures joueuses du monde, et c’est ce vers quoi je tends. Ce serait une récompense d’avoir mon nom inscrit dans cette liste de nominées. Quand je vois la liste de l’année dernière, je me dis qu’il y a de la place pour que j’y sois, donc je vais continuer à travailler. J’ai envie de battre des records. De continuer à inscrire mon nom dans l’histoire, que ce soit avec l’Olympique Lyonnais ou l’équipe de France. Mais ce n’est pas inscrire mon nom pour inscrire mon nom. […] Quand je regarde derrière moi et que je vois les médailles, les trophées, les titres, c’est beau, et je me dis que ma carrière signifie beaucoup. »

La saison à Lyon

« Nous n’avons pas le droit à l’erreur. Nous en avons déjà fait une contre Dijon (0-0), mais heureusement, nous nous sommes rattrapées en battant Paris (1-0). La saison est loin d’être terminée, et ce n’est pas parce que l’OL a gagné treize titres d’affilée que c’est simple. Il ne faut pas se rater. La Ligue des Champions sera aussi difficile cette année. En quarts de finale, c’est le meilleur tableau qu’il n’y ait jamais eu, avec sept équipes de très haut niveau européen. »

Partir à l’étranger ?

« Je n’ai jamais caché que j’aimerais vivre une expérience à l’étranger, mais aujourd’hui, je suis sous contrat à Lyon jusqu’en 2021. On verra après. Je me sens bien à Lyon. Et si je pars, ce ne sera que pour un club qui se donne les moyens de gagner quelque chose. Pour l’instant, je ne l’ai pas senti. Et ça m’a donné raison, parce qu’on a gagné la Ligue des Champions quatre fois de suite ! »


Photo à la Une : (@OL_Plus_Fem)

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