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WTA : Cinq choses à savoir sur… Océane Dodin

Son retour en forme est l’une des rares éclaircies d’un tennis tricolore féminin à l’apparence bien maussade depuis plusieurs mois. Mais qui est Océane Dodin, la joueuse considérée depuis toujours comme l’un des plus grands espoirs du tennis français ? 

Elle est issue du terroir nordiste

Malgré des débuts passés en Martinique, loin de sa région natale où son père Fred, prof d’EPS, lui a tendu sa première raquette à l’âge de deux ans et demi, c’est bien dans la région lilloise qu’Océane Dodin parfait sa technique. Licenciée à Villeneuve-D’Ascq (59) dès 2003, dans l’ex-club de Nathalie Déchy, la championne de France Cadettes 2012 prolonge la longue lignée des prodiges de la balle jaune en terre Ch’ti, dont font également partie ses contemporains Lucas Pouille (de Grande-Synthe) et Kristina Mladenovic (de Saint-Pol-Sur-Mer).

Un talent précoce

Passée professionnelle dès 2011, Océane Dodin est vue dès son plus jeune âge comme l’un des plus grands espoirs du vivier français, qui cherche encore la successeur d’Amélie Mauresmo. Ses prouesses dans les tournois secondaires durant l’année 2014 (40 victoires en 48 matchs) avec à la clé quatre victoires lors de tournois ITF (deuxième échelon du tennis féminin) lui font gagner 682 places en seulement 8 mois. C’est sur cette dynamique positive que la Nordiste intègre enfin le tableau d’un tournoi du Grand Chelem, avec une victoire au premier tour de l’Open d’Australie.

La suite, c’est une trajectoire plus qu’ascendante : dans le top 100 à 19 ans, puis propulsée dans les 50 meilleures joueuses mondiales dès ses 20 ans, grâce à son premier titre WTA, à Quebec en 2017. Océane Dodin, tube tricolore du milieu des années 2010, a vraiment réalisé une entrée tonitruante sur le circuit professionnel. Mais la suite est plus compliquée.

Océane Dodin (Saint-Petersbourg)
Océane Dodin est en plein renouveau depuis le début de l’année 2020

Une santé fragile

Si son retour en ce début d’année est une réelle surprise dans le clan tricolore, c’est aussi parce qu’Océane Dodin a été longtemps, très longtemps, éloignée du plus haut niveau. Au-delà de la 500e place mondiale en juin 2019, la Lilloise, déjà gênée par des soucis de santé lors de la saison 2014, a connu deux années quasi blanches. La faute à une anomalie à l’oreille interne, qui lui causait des vertiges et des pertes d’équilibre. Des symptômes, à priori incompatibles avec le sport de haut niveau. Mais la jeune joueuse a décidé de se battre contre elle-même. Et de revenir sur les courts, après une longue pause entre Roland Garros 2018 et l’été 2019.

Un style de jeu spectaculaire

Un « tennis bim-bam-boum », c’est ainsi qu’est défini le jeu d’Océane Dodin par le journal Libération à l’Open d’Australie 2015, au lendemain de sa première victorieuse en Grand Chelem. Du haut de ses 1m83, la Française, fan de Maria Sharapova, s’est forgée une réputation liée à sa frappe de balle de mutant. « On ne lui voyait aucune limite. On pensait vraiment qu’elle pouvait, dans un avenir proche, intégrer le top 10 mondial, grâce à sa puissance qui était monumentale », se rappelle Arnaud Di Pasquale, qui l’avait fréquentée sur les courts lors de sa nomination au poste de DTN national, de 2013 à 2017. En revers comme en coup droit, la Nordiste, qui peut s’appuyer sur un gros service, ne fait pas de fioritures : amatrice des filières très courtes, c’est une stratégie tout feu tout flamme qui rythme ses rencontres.

Numéro une Française à la Race

De retour au premier plan depuis le début de l’année, la droitière ne cesse d’enchaîner les bonnes performances. Victorieuse du tournoi ITF de Mâcon il y a 10 jours, Océane Dodin restait sur un quart de finale au tournoi WTA de Saint-Petersbourg, avec à la clé une prestigieuse victoire sur la britannique Konta, ex-numéro 4 mondiale. Quid du tournoi WTA de Lyon la semaine dernière, où elle est passée près de l’exploit en quart de finale face à Sofia Kenin, récente lauréate de l’Open d’Australie (défaite 1-6,7-6,2-6). N°33 à la WTA Race (classement déterminé en fonction des résultats du début de l’année), la Lilloise fait fi de la spirale toujours aussi négative de ses compatriotes Mladenovic et Garcia (respectivement au 75e et 90e rang mondial).

Non alignée cette semaine en raison de l’annulation du tournoi californien d’Indian Wells à cause de l’épidémie du coronavirus, Océane Dodin confirme son retour en forme. Pour de bon, définitivement ? Avec
en ligne de mire le début de saison sur terre et Roland Garros, la Lilloise, si elle confirme son état de forme étincelant, a de quoi voir venir. Histoire de redorer un peu le blason d’un tennis féminin français, qui, en ces mois de crise sanitaire, respire toujours avec beaucoup de difficultés.


Photo à la Une : (@DR)

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