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Coronavirus – Tess David (Stade de Reims) : « C’est à nous d’agir maintenant »

Confinée à son domicile comme l’ensemble de la population française depuis près d’une semaine, Tess David, la milieu de terrain du Stade de Reims s’est confiée pour Le Sport au Féminin. La numéro 6 des Stadistes nous raconte son quotidien et nous donne son regard sur la situation inédite que traverse l’Europe actuellement.

En cette période de confinement, les sportives, à l’instar de l’ensemble de la population, sont contraintes de rester à leur domicile afin d’éviter la propagation du coronavirus. Une situation pas toujours évidente à gérer, surtout quand l’incertitude plane autour de la reprise des différentes compétitions sportives, et qu’il faut tout faire pour garder une certaine condition physique. Confinée à Ay, une petite commune de 4 200 habitants dans le Grand-Est, avec sa mère et son frère, Tess David, la milieu de terrain du Stade de Reims, a pris le soin de se confier pour Le Sport au Féminin. La crise sanitaire qui paralyse le Vieux-Continent, son quotidien à domicile, sa nouvelle passion pour la cuisine, la numéro 6 des Rémoises nous dit tout. Extraits.

Tess David (@L’Union)

Comment se passe le confinement ?

Je suis confinée à Ay (à côté de Reims) chez ma mère avec mon petit-frère, on est en famille et on essaie de prendre régulièrement des nouvelles de nos proches et de nos amis. Ma mère continue à travailler car elle est dans le secteur de l’alimentaire, on ne la voit pas plus que d’habitude. Pour passer le temps à la maison, je fais beaucoup de sport et de renforcement musculaire. C’est ce que je fais le plus en ce moment. Sinon je me suis découvert une passion pour la cuisine ! (Rires). Je fais à manger à mon petit frère, je regarde des séries, je passe du temps sur les réseaux sociaux etc … On fait aussi beaucoup de FaceTime avec les proches.

Comment faites-vous pour garder la condition physique ?

Je fais tout pour garder une certaine condition physique. J’étais en période de réathlétisation et de reprise avant le confinement, car je m’étais rompue les ligaments de la cheville. Le préparateur physique nous a envoyé un programme et il est souvent en contact avec les joueuses. Je parle également souvent avec le staff médical pour continuer ma réeducation. Je fais beaucoup de renforcement musculaire.

Etes-vous toujours en contact avec votre entraîneure et vos coéquipières ?

Oui. La coach a crée un groupe WhatsApp où on échange régulièrement. Je parle souvent avec mes coéquipières, on a un lien fort et on fait tout pour maintenir le lien social. Certaines de nos coéquipières sont également rentrées dans leur pays. Samedi j’étais en contact avec Georgia Spinelli qui est en Italie et on sait que la situation est très difficile là-bas. Le staff prend souvent de nos nouvelles afin de connaître notre état de santé, de forme, car nous ne sommes pas toutes confinées dans les mêmes conditions. Certaines sont en appartement, d’autres en maison donc les activités physiques ne peuvent pas être les mêmes pour tout le monde.

Quelle a été votre première réaction lorsque vous avez appris le confinement ?

Je l’ai appris par les médias. J’ai eu une grosse prise de conscience sur le coup et je me suis rendue compte que c’était quelque chose de sérieux. J’ai tout de suite pensé à ma famille et à mes proches. Tout le pays est touché et c’est une situation inédite pour tout le monde. Le club a rapidement pris les dispositions nécessaires et on s’est toutes mises au diapason. C’est à nous d’agir maintenant.

Certaines personnes ne respectent pas totalement le confinement. Qu’en pensez-vous ?

Je pense que ce sont surtout des personnes qui n’ont pas encore pris conscience de la situation. Tout le monde doit mettre la main à la pâte et tout faire pour stopper la propagation du virus. La situation s’améliorera si tout le monde s’implique et il n’y a qu’ensemble qu’on y arrivera. C’est une situation qui me fait penser au football où on doit travailler en équipe pour atteindre le même objectif. On aura besoin de tout le monde pour vaincre cela.

Beaucoup de sportifs et sportives font preuve de solidarité pour soutenir les médecins et personnels soignants, que cela vous inspire t-il ?

C’est touchant et c’est important de soutenir toutes ces personnes. Je suis un peu concernée par ça car ma mère travaille dans l’alimentaire. Elle n’est pas dans le secteur médical mais elle fait partie des personnes qui continuent à travailler pour permettre aux personnes de répondre à leurs besoins primaires. Ils prennent des risques au quotidien pour nous sauver et tous les soutiens qu’ils reçoivent sont une très bonne chose. Le meilleur soutien que l’on peut leur apporter et de respecter les consignes qui nous ont été données.

Sortez-vous sur votre balcon pour applaudir à 20h ?

Oui ! Avec ma mère et mon petit-frère. On applaudit, on tape dans les casseroles (rires). Cela commence à prendre un peu dans mon quartier et de plus en plus de monde sort pour applaudir et faire du bruit. Dans ces moments particuliers et difficiles pour tout le monde, c’est bien de prendre ce genre d’initiatives et de se retrouver dans la bonne humeur. Ca change les idées.

Il y a quelques incertitudes concernant la suite du championnat de D1 Arkema. Comment vivez-vous cette situation ?

Il est vrai qu’on ne sait pas trop où cela va mener. Après si il faut reprendre en juillet ou en août et terminer la saison à ce moment là, on le fera. Au vue de la situation sanitaire, la priorité n’est pas le sport mais la santé de tout le monde. On vit pour le football, c’est notre métier, notre passion, mais dans ce contexte inédit, les priorités se trouvent ailleurs.


Photo à la Une : (@StadedeReims)

Marvin Mathieu

Marvin est l'un des fondateurs du site, rédacteur en chef. Grand passionné de sport et de langue depuis son enfance, Marvin a réussi à concilier les deux durant son passage en Espagne, où il a découvert le métier de journaliste. Quadrilingue (Français, Anglais, Espagnol, Russe), ce Cagnois de vingt-trois ans a décidé de se lancer dans l'aventure du sport féminin, en créant officiellement "Le Sport au Féminin", le 25 février dernier.

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