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Laura Saliou, joueuse de l’équipe de France de kayak polo, rêve en grand

Laura Saliou pratique le kayak polo, une discipline assez peu mise en avant, dans le club d’Acigné. Son parcours, les Championnats d’Europe 2019 ou encore son avenir, la Bretonne de 18 ans a évoqué sa carrière sportive pour Le Sport Au Féminin. Entretien.

Ce n’est ni du canoé, ni du kayak, ni même du water-polo. Et pourtant, cette discipline y ressemble. Le kayak polo est un sport d’eau calme qui se pratique par équipe. Et Laura Saliou a accepté pour notre média d’évoquer son parcours et plein d’autres sujets en lien avec sa carrière de sportive. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle ne manque pas d’ambition. Entretien exclusif avec la joueuse de l’équipe de France.

Quand avez-vous commencé le kayak polo ?

Ça va faire de dix ans que je fais du kayak dans le club d’Acigné. Puis en 2015, je me suis mise vraiment au kayak polo. J’ai monté les marches petit à petit en passant de départemental, régional avant de filer en national et j’ai pu accéder à la Nationale 1 en 2017. Avec mon club, on a terminé deuxièmes de la saison régulière l’année dernière.

Ça fait bientôt 5 ans que j’ai fait les tests Espoirs afin d’avoir accès aux détections nationales – 18 ans afin d’être repérée pour l’équipe de France. Ces tests ont lieu pendant les trois années de lycée. J’étais pour ma part en sport-étude au lycée Sévigné. J’ai donc d’abord été en liste Espoir pendant 3 ans puis j’ai connu ma première participation en sélection en 2018. Ce n’est qu’un an plus tard que j’ai réussi à porter les couleurs de l’équipe de France pendant les Championnats d’Europe. Les World Games 2021 arrivent à grands pas et j’ai à cœur de me sélectionner chez les seniors puisque cette compétition est dédiée qu’aux catégories Senior et non aux -21ans. Me sélectionner chez les seniors en 2020 pour les mondiaux de Rome m’aurait donné un avant-gout du niveau à avoir aux World Games l’année suivante.

Quelles sont les qualités requises pour réussir dans cette discipline ?

Je dirais l’esprit d’équipe avant tout. Il faut aussi être persévérant et avoir le gout de la gagne. Il ne faut pas avoir peur du contact. Il n’y a pas forcément de gabarit particulier, je suis assez fine même si je suis quand même musclée, j’ai cette qualité pour être la plus rapide et être sur un poste défensif en faisant beaucoup plus de bornes que les autres. Il y a aussi le besoin de faire des blocs en attaque et être un peu plus costaud. On est dans un sport amateur donc il est essentiel de se faire plaisir aux entraînements et en compétition.

Laura Saliou et ses coéquipières ont terminé médaillées de bronze des derniers Championnats d’Europe.

Vous avez terminé troisième de l’Euro 2019 avec l’équipe de France, quels souvenirs gardez-vous de cette compétition ?

Faire un match sous les couleurs de la France, c’est un truc de ouf. Franchement, ça prend aux tripes. Tu as l’impression d’avoir la caisse et qu’il ne faut rien lâcher. Aux Championnats d’Europe, on a la frustration de perdre la demi-finale, mais ce qui est fort, c’est de se dire « qui de l’Italie ou de nous va réussir le mieux à se remobiliser pour finir sur le podium ? » Gagner la petite finale et monter sur le podium est un très bon souvenir. Quand on rentre à la maison, on est contente, mais après on se dit aussi qu’on aurait pu être championnes d’Europe.

Comment se passe le confinement pour vous ?

Je pense qu’on est tous dans le même cas. On n’a pas notre milieu aquatique. On ne voit même pas un peu de lumière à la fin de ce confinement. Tout est reporté. J’ai toujours un programme d’entrainement, mais ce n’est pas toujours facile. Je n’ai pas beaucoup de matériel pour la musculation. On fait avec les moyens du bord. On essaye de s’adapter, mais ce n’est pas facile du tout. J’essaye de faire une ou deux séances par jour. Mentalement, c’est aussi dur de ne pas être sûr qu’il y est les Mondiaux à Rome début septembre. Ce confinement nous oblige à nous adapter.

Quels sont vos prochains objectifs ?

Avec l’équipe de France, je souhaite me sélectionner chez les seniors dames et de remporter le titre mondial à Rome en 2020. J’ai aussi vraiment en tête les World Games en 2021. Je sais qu’il y a beaucoup de concurrence et je voudrais sortir du lot. Je pense aussi aux Mondiaux 2022 qui auront lieu à Saint-Omer dans le Nord de la France et où les 4 collectifs Français auront à cœur de remporter les 4 titres. Le club d’Acigné est le meilleur tremplin pour progresser. Il a été élu meilleur club de kayak polo en 2019. Avec mon club, on vise très haut. Après avoir accueilli deux nouvelles Normandes dans notre équipe, nous visons le titre de championnes de France pour aller à la coupe d’Europe des clubs et bien entendu remporter la compétition. Être sportive de haut niveau, c’est toujours vouloir viser plus haut et cela qu’importe le chemin que l’on prend pour y arriver.


Photo à la Une : (@BecoolPhotography)

Timothée de Fraguier

Passionné de sport féminin depuis ses débuts dans le journalisme, Timothée de Fraguier a décidé de rejoindre l'équipe du Sport Au Féminin en septembre 2019. Aujourd'hui rédacteur pour notre site internet, il apprécie la mise en avant des résultats sportifs féminins.

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