Basket

Zoom sur… Maya Moore qui se bat pour innocenter un prisonnier

Véritable star de WNBA et joueuse incontournable outre-atlantique, Maya Moore se bat depuis maintenant deux ans pour faire innocenter un prisonnier. Retour sur la carrière d’une joueuse dévouée et déroutante.

Fruit de l’union entre Mike Dabney, ancien joueur de l’Université Rutgers avec qui il a disputé le Final Four en 1974, et de Kathryn Moore, Maya Moore a très vite noué une passion pour la balle orange. Son mètre 82 aidant, la native de Jefferson City dans le Missouri a montré ses compétences aux yeux du grand public. Après un passage faste au lycée et en université, elle a étincelé sur les parquets de WNBA. Il y a maintenant deux ans, elle a mis sa carrière professionnelle entre parenthèses pour venir en aide aux prisonniers ayant subi des erreurs de jugement. En 2018, aux côtés de l’ancien basketteur Jerry Stackhouse, elle s’engage dans l’initiative Win With Justice, qui a pour objet de sensibiliser à l’iniquité du système judiciaire et de contribuer à sa réforme.

Son combat pour Jonathan Irons

Des parquets de basket au parquet judiciaire, il n’y a qu’un pas. Maya Moore a décidé de le franchir fin 2018. « Ma perception a changé. Je pensais que si quelqu’un était en prison, c’est qu’il y avait une justification. Il est supposé il y en avoir, mais il y a en fait de multiples facteurs et ce n’est pas si simple. » La star de Lynx du Minnesota a pris une année sabbatique pour tenter d’innocenter Jonathan Irons, condamné à cinquante ans de prison en 1998 pour cambriolage et agression. L’absence de preuves irréfutables ou de témoins corroborant sa présence sur les lieux du crime ont mis la puce à l’oreille de l’aillière de 29 ans. « Quand Colin Kaepernick a dit que le changement commençait avec nous, cela m’a donné le courage d’élever ma voix », a-t-elle expliqué au près de nos confrères du Los Angeles Times.

©Jonathan Irons

Cela fait maintenant quatre ans que miss Moore s’est penchée sur le dossier et son travail s’est vu récompensé récemment, puisque le Juge Daniel Green a annulé la peine de Jonathan Irons à la mi-mars. Cette petite victoire n’assure cependant pas son retour en WNBA. « Ma décision de reprendre une année sabbatique dépassait cette affaire, j’ai besoin de temps pour me ressourcer auprès de mes proches. » De plus, le procureur général du Missouri, Eric Schmitt, a fait appel de la décision il y a quelques jours. Il va falloir endosser de nouveau la tenue de justicière.

Une carrière couronnée de succès

Avant de mettre sa carrière sur pause, Maya Moore a tout gagné. Au lycée, en Université, en WNBA ou avec le Team USA, l’aillière de 30 ans a rayonné partout où elle est passée. Avec les Georgia Metro, elle a remporté quatre fois le titre national AAU. S’en suivit des performances remarquées avec les Huskies du Connecticut.Des victoires à la pelle (110 rencontres, 2 défaites) pour remporter deux titres NCAA. Logiquement, en 2011, elle s’est vu draftée en première position de la Draft 2011 par les Lynx du Minnesota. Dès sa première saison en WNBA, elle a remporté le titre suprême, premier de l’histoire des Lynx. Titre qu’elle remportera également en 2013, 2015 et 2017. Au passage, elle a été élue MVP des finales en 2013.

Avec l’équipe nationale, les succès sont également nombreux. Deux fois championne olympique à Rio en 2016 et à Londres en 2012, deux fois championne du monde en 2010 et 2014, Maya Moore a tout raflé. Elle a même reçu le titre de meilleure joueuse de la Coupe du Monde 2014. Kevin Durant, émérite joueur NBA, disait d’elle à l’époque : « elle fait des choses sur un parquet que LeBron James pourrait faire ; le lendemain, elle peut jouer comme Kobe Bryant et le soir suivant à la façon de Carmelo Anthony. »

Maya Moore (au centre), MVP des championnats du Monde 2014 ©FIBA

Une menace offensive redoutable

Avec 24 points de moyenne sur la saison régulière et un rôle prépondérant dans les résultats de Minnesota, Moore a été désignée MVP de la saison en 2014. Cette saison-là, elle a enchaîné les cartons de scoring avec trois matchs consécutifs à plus de 30 points. Face au Dream d’Atlanta quelques semaines plus tard, elle inscrivait 48 points au terme d’une double-prolongation, établissant ainsi la seconde meilleure marque derrière les 51 points de Riquna Williams. Si la saison 2014 reste la plus belle d’un point de vu personnel, Maya Moore n’a jamais lâché le pied de l’accélérateur lorsqu’il s’agissait de mener son équipe vers la victoire. Et même lors des All-Star Game, elle a décroché des titres de MVP (2015, 2017, 2018). Aux côtés de Sue Bird ou Candace Parker, Maya Moore a été retenue parmi les meilleures joueuses des 20 ans de la WNBA.


Photo à la Une : (@FTW UsaToday)

Léo Labica

Léo Labica, fondateur du site aux côtés de Romain Boisaubert et Marvin Mathieu. Passionné de sport depuis ma tendre enfance, je nourris une grande appétence pour le sport féminin depuis une dizaine d'années. Le foot, le basket, le cyclisme ou le tennis.. autant de disciplines qui me font rêver. Passé par les rédactions de Vélo101 ou de Sport 365, j'ai pu vivre au plus près les événements sportifs. C'est désormais sur le sport féminin que je me concentre à maintenant vingt-quatre ans en créant "Le Sport au Féminin". Plus qu'une passion, un devoir !

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page
Fermer