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Clarisse Agbegnenou et Sarah Ourahmoune se prononcent sur l’avenir du sport

Les championnes de judo et de boxe se sont prononcées pour L’Equipe sur l’engouement pour le sport, accru pendant le confinement. Les deux athlètes ont évoqué plusieurs pistes pour que cette dynamique se maintiennent sur le long terme.

En manque de sport depuis le début du confinement, les Français ont décidé de le ramener chez eux. Beaucoup ont profité de la crise sanitaire pour se mettre au sport. Certaines sportives de haut niveau souhaiteraient maintenir cette nouvelle dynamique, voire la développer dans l’avenir. Selon Clarisse Agbegnenou, cette dynamique pourra être maintenue seulement si les gens en ont la volonté : « Pendant le confinement, les gens en ont eu, ils avaient de l’énergie, a-t-elle expliqué. Il n’y avait que le sport pour l’exprimer. Avec le déconfinement, leur rythme va progressivement revenir à la normale, il s’agira de savoir prendre le temps, même quelques minutes, le soir, le week-end, pour continuer à pratiquer le sport. »

La quadruple championne du monde de judo estime que la pratique du sport doit être encouragée dans toutes les sphères de la société, notamment au travail : « Il faudrait que ce soit pensé plus haut pour laisser le temps aux employés de faire du sport. Que des créneaux puissent être imposés, par exemple aux heures du déjeuner. Des fédérations sportives pourraient aussi se rapprocher des entreprises pour faciliter les abonnements des salariés, à des clubs ou des salles de sport ». Un esprit sain dans un corps sain.

Le rôle crucial des Fédérations

Pour Sarah Ourahmoune, les Fédérations sportives vont devoir jouer un plus grand rôle au sortir de la crise : « Elles vont d’abord devoir soutenir les clubs, les associations sportives, bousculés par la crise sanitaire et économique. Il faudra un gros plan de relance pour les aider », a jugé la vice-championne olympique. Propriétaire d’un club de boxe dans la capitale, la boxeuse pourrait être directement touchée par cette crise.

Selon elle, les associations sportives devront s’adapter si elles veulent survivre : « Elles vont devoir développer des outils et des services plus attractifs, donner envie aux gens de venir dans les clubs, à travers notamment le développement de licences alternatives. Pourquoi pas des licences qui n’engageraient que sur deux ou trois mois, et non un an ? Des licences découvertes, avec un carnet pour tester plusieurs sports. Ce pourrait être une bonne porte d’entrée. Les gens vont aussi avoir besoin de se retrouver, partager. »

Une nouvelle façon de voir le sport ?

Selon les deux femmes, cette crise sanitaire pourrait être synonyme de changement. Le sport pourrait s’en retrouver complètement transformé et la façon de le consommer également. Sarah Ourahmoune a expliqué que les réseaux sociaux pourraient jouer une part importante dans les années à venir : « Pour mon club de boxe, je compte continuer les cours en ligne une fois par semaine, en complément des cours en présentiel. J’ai reçu beaucoup de demandes en ce sens. Il y a peut-être un nouveau mode de consommation du sport qui se développe. Ça peut permettre à certaines personnes de raccrocher le wagon, ne pas se décourager » a-t-elle expliqué.

Enfin, pour la boxeuse, cette dynamique du sport ne pourra être entretenue que si le sport est plus valorisé dans la société. « Il faudra continuer de communiquer sur les bienfaits du sport sur la santé. Il y a eu une vraie prise de conscience à ce niveau-là pendant le confinement. Il faudra l’encourager, proposer plus de sport, y compris à l’école, pour que ce soit une matière valorisée. Et qu’il y ait une vraie culture du sport. » Selon toute vraisemblance, le sport est à l’aube d’une nouvelle ère.


Photo à la Une : (©FFJudo)

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