FootballFootball : D1 Arkema

Le football féminin bientôt sous le feu des projecteurs ?

Alors que le football féminin pourrait subir de plein fouet les conséquences de la crise sanitaire, plusieurs acteurs militent pour la professionnalisation d’un sport encore trop méconnu et délaissé par les médias dans l’Hexagone. Camille Abily s’est exprimée pour L’Equipe sur ce sujet. Extraits.

Pour que le football féminin gagne en visibilité, il serait nécessaire que chaque club masculin ouvre sa propre section féminine. Aujourd’hui, seuls trois clubs de Ligue 1 n’en ont pas, Rennes, Angers et Nîmes. Être reliées à un club masculin permettrait aux divisions féminines de se professionnaliser. L’actuelle entraîneure de Camille Abily serait pour. Cependant, elle souhaiterait que cet acte soit à l’initiative des clubs eux-mêmes : « Il faut des gens qui aient envie de le faire. Si c’est juste pour avoir une section, sans s’y intéresser, ce n’est pas la peine. L’idéal serait qu’ils le fassent d’eux-mêmes, avant que cela soit obligatoire. En plus, pour l’image d’un club, cela peut être très profitable « , a-t-elle expliqué.

Dans plusieurs championnats, la professionnalisation des joueuses a été décidée. C’est notamment le cas dans le championnat espagnol. Les championnats américains et anglais ont décidé de leur côté d’assouplir les règles de leur « salary cap ». Pour Camille Abily, le football féminin doit passer cet obstacle pour commencer à faire parler de lui : « Pour les infrastructures, les conditions d’entraînement, c’est nécessaire. Cela fera augmenter le niveau du Championnat. C’est un cercle vertueux. Cela va donner plus d’intensité et augmenter la qualité des matches qui seront plus spectaculaires, plus indécis. Du coup, on attirera plus de sponsors. Il ne faut pas traîner parce qu’avec l’Euro et les JO à Paris , les échéances arrivent vite. Il ne faudra pas se retrouver à la traîne. »

Abily réclame plus d’égalité

Malgré un engouement certain pendant la Coupe du Monde 2019, les retombées ont du mal à se faire ressentir en D1 Arkema. Malgré une hausse des affluences de 30%, les athlètes demandent plus. Pour certaines, les matchs des féminines devraient nécessairement être couplés avec ceux de leurs homologues masculins, permettant une croissance de la visibilité. Mais les problèmes apparaissent dès le début de carrière des jeunes joueuses. La plupart des centres de formation français (mis à part ceux de l’OL, du PSG et du MHSC) sont réservés aux hommes. Les joueuses sont donc obligées de se former aux huit pôles Espoirs fédéraux disséminés dans l’Hexagone.

Pour Camille Abily, tous les centres de formation devraient être ouverts aux jeunes joueuses : « Il faut encore cinq, six ans avant de pouvoir atteindre cet objectif. Il faut que les pôles Espoirs de la Fédération deviennent des pôles de préformation avant que les joueuses puissent intégrer les centres de formation des clubs. Mieux former les jeunes, c’est le défi.«

Droits télés : une aide de la Ligue 1, en attendant mieux ?

Enfin, la question des inégalités au niveau des droits TV se pose. Le montant des droits télés actuels n’est en effet pas assez élevé pour combler toutes les dépenses. Une des solutions serait qu’une partie de la somme versée à la Ligue 1 soit reversée pour les clubs féminins. Toutefois cette idée est difficile à mettre en place selon Camille Abily : « On prend … mais je ne pense pas que les garçons soient d’accord (rires). Ce qui est sûr, c’est qu’on a besoin d’un coup de pouce. Au début, l’OL perdait de l’argent avec sa section féminine. C’est moins le cas aujourd’hui, parce qu’on a des sponsors. Il faut juste enclencher la machine. En Angleterre, une part des droits télé va être orientée vers les féminines. On peut prendre du retard si on n’a pas un Championnat attractif« , a-t-elle ajouté.

Alors que les championnats espagnols et anglais se développent de plus en plus, la D1 Arkema va devoir s’adapter si elle veut rester un des meilleurs championnats européens.


Photo à la Une : (@PFC)

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