FootballFootball : Championnats étrangers

Du Caire à Stoke City, il n’y a qu’un pas pour Sarah Essam

Véritable icône en Egypte, Sarah Essam a fait le grand saut en Europe il y a deux ans en s’engageant avec le club de Stoke City (Angleterre), devenant ainsi la première joueuse égyptienne de l’histoire à rejoindre le Vieux Continent. Après des débuts prometteurs et une adaptation éclaire, la Pharaonne nourrit de grandes ambitions pour la suite de sa carrière. Celle qui a été élue Femme arabe de l’année en 2018 dans la catégorie sport a accepté de répondre à nos questions. Entretien.

Un parcours atypique, un mental à tout épreuve et un talent qui saute aux yeux. Depuis le début de sa carrière, Sarah Essam impressionne la planète football féminin et gravit les échelons sans encombre. En 2017, l’attaquante de 21 ans est entrée dans une autre dimension en devenant la première joueuse égyptienne de l’histoire à rejoindre un club du Vieux Continent (Stoke City, Angleterre). Rapidement adoubée au pays des trois lionnes (meilleure buteuse de son club en 2019) puis dans toute l’Afrique (élue Femme arabe de l’année en 2018), la Pharaonne ne manque pas d’ambitions pour la suite. Pour Le Sport au Féminin, la « Reine Égyptienne » s’est confiée sans détour. Entretien.

Ses débuts dans le football

J’ai toujours été passionnée par le sport. Quand j’étais petite, j’avais l’habitude de jouer avec mes frères et soeurs au basket et au foot lorsqu’on était en camps de vacances. Très vite, j’ai eu cet esprit de compétition et je voulais gagner à tout prix. J’étais douée au basketball, je me suis engagée avec un club et j’ai été élue meilleure joueuse en 2008. Dans le même temps, je n’ai jamais arrêté le football, je participais à des tournois dans mon école. J’ai ensuite pris la décision d’arrêter le basket, car les entraîneurs s’intéressaient plus aux équipes de garçons. Je me disputais même avec eux, car on n’avait pas de tenue pour les équipes féminines. J’allais à l’entraînement chaque semaine, je gagnais les mini-jeux mais il n’y avait pas de compétitions, pas de championnats etc ..

J’ai donc décidé de me consacrer entièrement au football, je suis repartie à zéro et j’ai rejoint une académie. Je savais que ce n’était pas évident de percer dans ce sport dans les pays arabes. J’étais consciente que je m’engageais dans quelque chose de compliqué, mais pas d’irréalisable. J’avais confiance en moi et j’ai tout mis en oeuvre pour atteindre mes objectifs.

Son adaptation au football anglais

Dès que j’ai commencé mon expérience en Angleterre, je savais que ce serait très différent qu’en Egypte. Je me suis préparée psychologiquement et mentalement, je me suis dit que je pouvais faire face au racisme et que j’allais connaître des hauts et des bas. Je n’ai jamais oublié d’où je venais, des sacrifices que j’ai fait pour en arriver là. Je n’ai jamais rien lâché.

Ses ambitions

J’ai de grandes ambitions pour la suite de ma carrière. Je suis contente de ce que j’ai réalisé jusqu’ici, mais j’ai envie d’aller encore plus haut. Je suis toujours à la recherche de nouveaux défis et je donne tout pour continuer à progresser chaque jour. Je veux aider mon équipe nationale avec l’expérience que j’ai engrangé en Angleterre.

L’équipe nationale

Un des plus beaux souvenirs de ma carrière a été la qualification pour la Coupe d’Afrique des Nations avec l’Egypte quand j’avais 17 ans. C’était seulement la deuxième fois de l’histoire que l’équipe nationale se qualifiait pour cette compétition, la première depuis 1998. Je n’étais même pas encore née !

Sa vie en dehors du football

Depuis mon plus jeune âge, l’ingénierie a toujours été ma passion. Mon père est un grand ingénieur et il m’a beaucoup inspiré. Sa façon de penser et sa capacité à trouver des solutions à chaque problème a été un exemple pour moi. Mon frère est aussi ingénieur, j’essaie de trouver le bon équilibre entre le football et l’ingénierie. Ce n’est pas toujours facile et il faut faire beaucoup de sacrifices. Le plus important et de croire en soi. Pour moi, l’ingénierie est similaire au football. Parfois, il faut analyser le match et trouver la solution pour faire la différence et marquer un but. Je sens que les études dans ce domaine et la pratique du football m’ont aidé à améliorer ma façon de penser.

La D1 Arkema

J’ai reçu deux propositions par le passé. C’est un championnat très relevé, toute footballeuse rêverait de découvrir ce championnat, surtout au sein des clubs tels que le Paris Saint-Germain, l’Olympique Lyonnais ou encore le Montpellier HSC.

La crise sanitaire actuelle

C’est une période compliquée pour le monde entier. Le monde du sport est fortement impacté. Il est important de rester sérieux et professionnel pour garder la forme physique : les joueuses qui seront prêtes dès la reprise seront celles qui auront travaillé dur lors de cette période. J’essaie de m’entraîner du mieux possible à domicile pour être en forme dès que les compétitions reprendront. Il faut essayer de rester positif car on est tous dans la même situation. Je suis contente que le gouvernement égyptien ait fait le nécessaire pour me rapatrier au pays et retrouver ma famille.


Photo à la Une : (@DR)

Marvin Mathieu

Marvin est l'un des fondateurs du site, rédacteur en chef. Grand passionné de sport et de langue depuis son enfance, Marvin a réussi à concilier les deux durant son passage en Espagne, où il a découvert le métier de journaliste. Quadrilingue (Français, Anglais, Espagnol, Russe), ce Cagnois de vingt-trois ans a décidé de se lancer dans l'aventure du sport féminin, en créant officiellement "Le Sport au Féminin", le 25 février dernier.

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