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Marie Patouillet : « C’est un peu dommage d’oublier les Paralympiques…»

Présente en l’équipe de France de paracyclisme, Marie Patouillet s’est exprimée pour Le Sport au Féminin. Elle s’est notamment confiée sur son parcours, ses objectifs pour les prochains Jeux Paralympiques et sa relation avec Grégory Baugé. Entretien.

Petit à petit, Marie Patouillet a réussi à se faire une place dans le monde du cyclisme. L’athlète s’est notamment confiée dans nos colonnes sur sa relation avec son coach, Grégory Baugé. Une relation faite de conseils, de travail mais surtout de franchise.

Son parcours

Avant je pouvais courir comme tout le monde. J’ai fait pas mal de sports collectifs. Puis à l’âge de 25 ans, j’ai une malformation de naissance au pied gauche qui s’est aggravée. Depuis je ne peux plus courir. J’avais le choix entre le vélo et la natation. On m’a offert un dossard pour participer à une étape du Tour. Depuis je ne me suis jamais arrêtée. Ce que j’aime dans le vélo c’est que l’on peut alterner entre l’extérieur et en salle. Comme je suis médecin ça m’allait également d’un point de vue horaire. J’ai un déséquilibre de force entre mes deux jambes. C’est une malformation que j’ai depuis ma naissance donc j’arrive à bien gérer tout de même malgré quelques chutes. C’est parfois plus difficile quand il faut aller chercher la performance.

« J’espère qu’ils auront plus de classe pour Paris 2024 »

Le report des Para ? Ça nous a fait un choc au début car on était prêts dans la tête. Cela faisait 4-5 mois qu’on était à fond. Là on doit repartir pour un an de plus. Pour moi c’est plutôt positif au final. Ça fait seulement deux ans que je suis dans la compétition. J’ai encore des progrès à faire. C’est un peu dommage d’oublier les Paralympiques dans leur communication. On se dit : « Et nous ? ». J’espère qu’ils auront plus de classe pour Paris 2024. Il y a encore énormément de progrès à faire pour la reconnaissance du sport paralympique. Aujourd’hui, le sport valide est encore beaucoup plus reconnu que le handisport. Mais ça progresse. De plus en plus de d’athlètes handisport ont aujourd’hui beaucoup plus de visibilité qu’il y a quelques années.

« Aujourd’hui, Paris reste dans ma ligne de mire »

Quand j’ai commencé le vélo, Tokyo était trop proche pour moi. Mon objectif à la base c’était Paris mais mes résultats ont fait que j’étais compétitive pour Tokyo. Aujourd’hui, Paris reste dans ma ligne de mire. Des Jeux Paralympiques c’est déjà extraordinaire mais là c’est à la maison. On sera devant notre public. La piste je la connais, j’ai tous mes repères. Cet objectif nous pousse à aller toujours plus loin à chaque entraînement. Si les Jeux Paralympiques de 2020 sont annulés ce sera frustrant mais j’aurais tout de même emmagasiné de l’expérience pour 2024. Ce sera déjà ça de gagné.

Sa relation avec Grégory Baugé

Greg est mon entraîneur depuis maintenant deux ans et demi. l’US Créteil m’avait gentiment accueilli et refait une accréditation handisport. Je l’avais rencontré à l’INSEP pendant une séance avec le club. Il s’est rapidement intéressé à moi et on s’est fixés comme objectif de performer pour les Mondiaux. Il m’a proposé son aide et ses conseils. J’ai fait médaille de bronze au 500 mètres. On a une relation d’entraîneur-athlète mais également d’athlète-athlète. De par son expérience et son palmarès il m’apprend ce qu’est le haut niveau. On a une relation très franche. Il dit les choses même quand elles ne font pas forcément plaisir. On ira jusqu’à Tokyo ensemble après je ne sais pas. En tout cas de mon côté j’aimerais continuer avec lui.

Son métier de médecin

Depuis quelques temps je suis médecin généraliste. Je fais uniquement des remplacements. Je ne fais que des demies-journées pour pouvoir m’entraîner. Les filles contre lesquelles je cours elles ne font que ça. Donc la fatigue du boulot ça n’aide pas. La médecine ça reste un rêve de gamine. J’ai besoin de travailler pour mon équilibre psychologique. Je ne pourrais pas couper avec la médecine ne serait-ce qu’un an. Ça me permet de garder les pieds sur Terre. Au quotidien mes études de médecine m’ont apporté de la persévérance. Ce sont des études longues et difficiles. Ça m’a amené une certaine force psychologique.


Photo à la Une : (@Jean-Baptiste Benavent)

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