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6 questions à… Mélody Lattes (Jet Cross)

Dans le Jet Cross depuis plusieurs années, Mélody Lattes (27 ans) s’est exprimée pour Le Sport au Féminin. La multiple championne s’est notamment livrée sur son parcours, l’adrénaline sur la ligne de départ d’une course et ses ambitions futures. Entretien.

L’adrénaline, le stress, tant d’émotions se bousculent sur la ligne de départ d’une course de Jet Cross. Mélody Lattes est actuellement l’une des seules françaises à performer dans sa discipline. Elle regrette toutefois que le jet cross ne soit pas encore assez médiatisé.

Son parcours

Toute mon enfance, j’ai baigné dans la course. Mon frère jumeau fait également des compétitions mais lui sur des jet-skis à bras. Mon père a également pratiqué ce sport pendant près de 35 ans donc rapidement je m’y suis mise. Je me suis dit que j’allais m’acheter un jet et que j’aviserais en fonction de si je réussissais ou pas. J’ai eu la chance d’être au niveau même si je me suis également beaucoup entraîné pour y arriver. Après mon premier entraînement, je ne me suis jamais arrêtée mise à part cette saison à cause du coronavirus. J’ai commencé il y a à peu près trois ans. J’ai eu une première année « d’adaptation » où j’ai réussi à devenir championne de France de slalom. Dès ma deuxième saison au plus haut niveau j’ai réussi à gagner beaucoup de titres et aujourd’hui, j’en suis fière !

« On n’a pas le même physique ni la même force que les hommes »

Une attirance pour les sports extrêmes ? Oui, c’est sûr que c’est une réelle passion. Bien entendu, c’est une discipline où l’on ressent à chaque fois beaucoup de sensations fortes et d’adrénaline. D’ailleurs, il y a plus d’adrénaline quand on court contre les hommes. A la base, c’est une discipline masculine. On n’a pas le même physique ni la même force que les hommes. Ça amène plus de challenge. Bien entendu, il y a aussi beaucoup de femmes qui sont de très bonnes pilotes mais on veut toutes concourir contre les hommes. C’est sûr qu’on est des passionnées. La saison devait commencer en mai, elle a été décalée du coup. Parfois, c’est compliqué à gérer avec nos horaires de travail. Mais on s’en sort et on adore ce qu’on fait !

« On a une sensation de liberté »

Souvent, le moment où l’on ressent le plus de sensations c’est au moment du départ. Tout s’entremêle dans la tête. On ressent du stress et du trac mais aussi beaucoup d’excitation. On n’entend plus rien, même plus le bruit des machines. Quand la course commence c’est là que tout se bouscule. Au début, on a l’impression de ne plus se contrôler. On a une sensation de liberté d’adrénaline. Mais on se recentre vite car on doit rester concentré. Une course dure quand même vingt minutes, il faut tenir tout le long. On ne peut pas laisser les émotions nous submerger si on ne veut pas finir dans l’eau. Donc bien évidemment on se sent bien, on ressent des sensations mais il faut rapidement revenir sur Terre et se concentrer.

Sa passion pour les voyages

Moi je suis une énorme passionnée de voyages. Quand on fait du jet cross, il faut bien évidemment aimer voyager. En tout cas il ne faut pas être contre ça c’est sûr. Moi, par exemple, j’habite sur Bordeaux, à l’heure d’aujourd’hui il n’y a aucune course chez moi. Je dois pas mal bouger pour aller faire des compétitions. Beaucoup se font dans le Sud où dans le Nord, en Belgique par exemple. J’ai été un petit peu de partout, aux Etats-Unis, en Suisse à Paris… Parfois on court dans des endroits incroyables avec des paysages magnifiques. C’est aussi une partie de notre passion de faire tous ces voyages-là.

« Les gens voient plutôt le jet-ski comme un loisir »

On préfèrerait tous que notre discipline soit plus reconnue bien entendu. Pour moi le problème vient surtout du fait qu’il n’y ait pas de diffusion télévisuelle. On perd beaucoup de visibilité à cause de cela selon moi. L’autre souci, c’est que les gens voient plutôt le jet-ski comme un loisir. Certains sont étonnés quand on leur dit que c’est aussi un sport. Pourtant, on a quand même des contrats de sponsoring qui sont assez importants. En France, c’est encore très peu connu. Je suis la seule Française qui évolue à ce niveau. On manque de budget. A l’étranger, c’est certain qu’il y a beaucoup plus de moyens. Pourtant, on tout de même des contrats de sponsoring assez conséquents, surtout au niveau des machines.

Ses ambitions

Mon objectif pour la saison à venir, c’est tout simplement de devenir championne du monde. C’est le seul titre qui me manque actuellement. Au delà de ça j’aimerais conserver ma place. Faire des premières places aux championnats de France et d’Europe. Ce qui me plaît dans ma discipline c’est que c’est rarement les mêmes têtes que l’on croise pendant les courses. Même si bien sûr il y a des habituées, il y a de plus en plus de jeunes qui montent. C’est une bonne chose car on n’a jamais les mêmes concurrentes. C’est un défi constant qui nous pousse à être à chaque fois plus performante que ce soit en course ou aux entraînements. Je ne peux pas me reposer sur mes lauriers si je veux conserver ma place actuelle. Quoi qu’il en soit je donnerais toujours le maximum pour aller le plus haut possible.


Photo à la Une : (@Jetcross P1)

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