BasketBasket : LFB

Emmanuel Body (RVBC) : « On aurait pu finir fort »

La saison passée, la prochaine, l’intersaison et son mercato, l’entraîneur de la Roche Vendée Basket, Emmanuel Body, s’est confié pour Le Sport au Féminin. Extraits.

Septième de la saison régulière avant la crise sanitaire qui a obligé les instances à arrêter la saison, le RVBC a confirmé son rang. Une équipe playoffable qui souhaite grandir encore un peu plus à l’aube de sa quatrième saison dans l’élite. Le technicien vendéen Emmanuel Body n’a pas caché sa satisfaction et espère voir son équipe rééditer ce genre de performance la saison prochaine.

Vous terminez septième de LFB. Un départ canon avec quatre victoires d’affilée en ouverture du championnat. Comment jugez-vous votre saison ?

Franchement, c’est une bonne saison. Au vue des budgets, des rosters, on confirme la saison qu’on avait connu l’année passée où on avait terminé cinquième, ce qui avait été une saison historique. La Roche Vendée cinquième, si ça se trouve, ça ne se reproduira pas tout de suite. Alors, finir septième, c’est très bien, surtout qu’on avait eu une période difficile en janvier-février, avec beaucoup de fatigue et beaucoup de blessures. Mais on était finalement reparti, on avait gagné Montpellier à la maison et on avait été gagné à Landerneau. Je pense qu’on aurait pu finir fort.

Ce ne sont finalement que des points positifs que vous retenez de la saison ?

Oui, le fait d’accrocher l’Europe une deuxième année de suite, c’est vraiment important pour nous, pour nos partenaires et pour les collectivités. Qu’on puisse rester européen à chaque saison, c’est hyper important.

En parlant d’Europe, cette saison, vous avez disputé l’EuroCup. Vous terminez deuxième de la phase de groupe. Et puis cette défaite en 32ème de finale face au Besiktas. Ça vous a permis d’apprendre pour la saison prochaine ?

Le malheur qu’on a eu, c’est d’aller gagner à Istanbul. Je pense que, dans les têtes, même moi le premier, on se disait qu’on était déjà passé. Ils ont sorti un gros match chez nous et le +4 s’est transformé en moins neuf. C’est passé à rien. Mais bon, pour une première expérience européenne, c’était vraiment extraordinaire. L’année prochaine, on souhaite faire mieux. C’était un beau parcours.

Concernant l’intersaison et l’effectif pour la saison prochaine, vous avez assuré la présence de Caroline Heriaud et de Soana Lucet. C’était important de conserver ces joueuses ?

Oui, conserver les joueuses cadres françaises était vraiment très important parce que elles ont l’habitude, elles ont des automatismes ensemble. Et puis c’est le noyau dur au niveau de l’aspect humain. Donc, c’était vraiment important de pouvoir conserver l’ossature française. On aurait aimé garder une ou deux joueuses étrangères. Le Covid en a décidé autrement. C’est comme ça, on a été obligé de faire des choix financiers. Moi, j’aurais aimé conserver quasiment la totalité de l’équipe. C’était compliqué de pouvoir le faire financièrement.

Vous parlez des étrangères, j’imagine que vous pensez à Jasmine Bailey et Uju Ugoka ?

Surtout Jasmine, parce que c’était notre leader offensive. C’est quelqu’un qui sera très difficile à remplacer, qu’on ne remplacera probablement pas. Mais après, il fallait que je trouve un équilibre dans mon équipe. Si on conservait Jasmine, il était difficile de pouvoir recruter d’autres joueuses intérieures. Je ne pouvais pas me permettre de partir avec deux intérieures. J’étais obligé d’en prendre trois. Donc, l’aspect financier a pris le dessus et on a été obligé de sacrifier Bailey, notamment.

Jasmine Bailey avec le RVBC ©FIBA Basketball

Votre dernière recrue en date, c’est une intérieure, Kristina Higgins. Pouvez-vous nous parler de cette joueuse ?

Kristina arrive de Hongrie. C’est quelqu’un qui a été légèrement sous-côté au niveau des championnats étrangers. C’est une joueuse qui a vraiment un profil intéressant parce que c’est une poste 5 de grande taille, très bien calibré et qui est très mobile. C’est ce qui m’intéressait pour la division. On avait notre éternelle Bernadette N’Goyisa. Je recherchais quelqu’un de plus mobile, mais qui garde une présence dans la raquette et qui puisse vraiment faire ses preuves dedans. Elle va être le bon compromis. C’est une pure cinq mais qui est capable de s’écarter et qui est vraiment ultra mobile et ça, c’est important pour la LFB.

Est ce que vous avez déjà des objectifs en tête pour la saison prochaine ? Faire mieux que cette saison ou finalement rester dans la continuité ?

On va vivre notre deuxième saison européenne. Il faut rester européen la saison prochaine, rester dans les playoffs. C’est super important pour nous. Si on sort des playoffs, ce serait faire un pas en arrière. On veut rester dans le top 8. Et puis, il faut essayer d’accrocher les places européennes parce que c’est important pour le projet, pour qu’il puisse se développer.

Avec la crise sanitaire, comment avez-vous gérer l’intersaison avec votre staff, vos joueuses ?

Comme tout le monde, au cas par cas de manière individuelle. On a demandé à ce que les filles se prennent en charge individuellement, en lien avec le préparateur physique. Ça a été énormément de téléphone, énormément d’échanges mais de façon informelle et individuelle. On a arrêté les entraînements collectifs comme tout le monde et on a hâte que ça reprenne. Maintenant, on n’a pas encore de date officielle. On est toujours dans le flou. On espère reprendre le plus vite parce ça nous manque. C’est une situation qui est difficile à vivre. Personnellement, j’avais beaucoup de choses à gérer en dehors donc ça ne m’a pas posé problème. Mais c’est vrai que pour celles qui étaient dans des appartements, sans terrasse, sans extérieur et qui n’ont pas eu la possibilité de pouvoir aller à la salle pour s’entrainer, c’était bien plus compliqué.

Vous savez comment ça va se passer ? Si vous allez pouvoir reprendre ? Sous quelles conditions ?

On est dans le flou total. Il y a eu des premières mesures qui nous ont été envoyées il y a quinze jours, mais qui étaient draconiennes. Sincèrement, je suis de nature optimiste, donc je pense que ça va quand même s’assouplir. J’espère que ça va reprendre assez vite, avec des mesures qui vont se limiter, notamment par rapport au public. J’espère qu’on va pouvoir faire venir tous nos supporteurs, tous nos spectateurs.


Photo à la Une : (@Marc Franz)

Léo Labica

Léo Labica, fondateur du site aux côtés de Romain Boisaubert et Marvin Mathieu. Passionné de sport depuis ma tendre enfance, je nourris une grande appétence pour le sport féminin depuis une dizaine d'années. Le foot, le basket, le cyclisme ou le tennis.. autant de disciplines qui me font rêver. Passé par les rédactions de Vélo101 ou de Sport 365, j'ai pu vivre au plus près les événements sportifs. C'est désormais sur le sport féminin que je me concentre à maintenant vingt-quatre ans en créant "Le Sport au Féminin". Plus qu'une passion, un devoir !

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