RugbyRugby : Elite 1

Laura Di Muzio (Lille Métropole) souhaite que le rugby féminin soit plus médiatisé

Joueuse au LMRCV (Lille Métropole Rugby Club Villeneuvois), consultante pour France Télévisions et co-fondatrice d’une agence pour la promotion du sport féminin, Laura Di Muzio s’est confiée à France.tv Sport sur l’impact de la crise du coronavirus sur le monde du rugby féminin.

Joueuse de rugby à XV et à sept, Laura Di Muzio s’inquiète de la gestion du sport féminin et plus particulièrement du rugby féminin durant cette période bouleversée par la crise liée au Covid-19. Le constat est sans appel, la couverture du monde du ballon ovale a été inexistante ces derniers mois, ce qui contraste avec l’engouement naissant des dernières saisons. Mais l’explication est toute trouvée puisqu’il n’y avait aucune actualité à traiter. Impossible donc pour ce sport d’exister s’il y a pas d’actualités, pas de point d’ancrage concret à raconter, contrairement à d’autres disciplines plus ancrées dans la société et dans les moeurs des Français. Selon la demi d’ouverture, le manque voire l’absence de visibilité ne reflète ni plus ni moins que la situation globale du rugby féminin, pandémie ou non, confinement ou non.

Un traitement mal maîtrisé

L’emblématique capitaine du LMRCV n’hésite pas à dénoncer les acteurs de ce sport qui n’en font pas assez pour le mettre en avant et pour le promouvoir : « La couverture du rugby féminin, selon moi, reste à l’instar de ses protagonistes qui en ont besoin pour exister. Si les clubs et les joueuses, via leurs comptes sur les réseaux sociaux, ne le font pas, ce ne sont pas les médias qui vont le faire, qui vont aller chercher les infos et qui vont les diffuser. »

« Quand tout va bien, on s’occupe du féminin et quand tout va mal, on se replie sur ce qu’on considère comme le plus intéressant en intérêt financier »

Laura Di Muzio

La championne France 2016 explique également son point de vue sur la gestion de la crise par la Fédération. Ont ainsi été différenciés les championnats professionnels des championnats amateurs, rendant le traitement impossible à rendre équitable entre les hommes et les femmes. « On n’a pas eu un traitement en disant ‘on va gérer les meilleures divisions femme (Elite 1) et homme (Top 14) et on verra ensuite comment on gère les autres’. Non, l’idée était de dire : ‘Tout ce qui est amateur, autrement dit les compétitions masculines amateurs et toutes les divisions féminines, car elles sont toutes amateurs, on va tout stopper rapidement. » Ainsi, aucune réelle discussion n’a été mise en place afin de « se rendre compte que les questions se posaient aussi pour le championnat féminin ».

Une lueur d’espoir

Laura Di Muzio se réjouit malgré tout que tout ne soit pas entièrement négatif. La plupart des personnes concernées par cette crise dans ce milieu continuent leurs efforts et leurs investissements, professionnels comme bénévoles. Et heureusement, sans quoi le rugby féminin « allait prendre encore plus de retard ».

D’autant plus que le rugby est dans une phase de structuration intéressante et de mise en lumière par le biais de sa diffusion sur les antennes de France Télévisions. « C’est ça qui est le plus regrettable, car nous sommes vraiment sur une bonne dynamique, déplore Laura Di Muzio : on a la chance d’accueillir les JO dans quatre ans et on sait à quel point on peut se servir de chaque événement pour mettre en avant le rugby féminin, et là on reçoit un petit coup de poignard. »


Photo à la Une : (©LJA Sports, agence co-fondée par Laura Di Muzio)

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