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Quel avenir pour le sport féminin ? La rédaction fait le point

Au cours d’une réunion à distance, près de 80 représentants du sport collectif féminin ainsi que l’actuelle ministre des Sports Roxana Maracineanu ont échangé et partagé leurs inquiétudes, nombreuses, tous sports confondus.

La discipline ne change rien. Les inquiétudes et les craintes demeurent identiques. Alors, au lieu d’agir par combats interposés, de nombreux acteurs du monde du sport collectif ont décidé de se réunir (par visioconférence évidemment, pandémie oblige) afin d’élever leurs voix. Accompagnés par la ministre des Sports Roxana Maracineanu, qu’ils avaient préalablement sollicitée, les présidents de fédérations, de clubs, mais aussi les représentants d’entraîneurs, de joueuses ou bien du mouvement olympique ont été amenés à échanger. Une initiative mise en oeuvre par le président de la Fédération Française de Basket-ball (FFBB), Jean-Pierre Siutat.

Du dialogue ? Une grande première

Après avoir agi chacun de leur côté, c’est la première fois qu’une réelle réunion est orchestrée de la sorte. De quoi réjouir les participants comme Agnès St-Ges, présidente du Bourges Basket, qui a déclaré à Le Berry Républicain : « Ce qui est intéressant, c’est qu’il y a un dialogue et une ouverture avec tous les acteurs du sport féminin. C’est une première. » Travailler ensemble était l’un des objectifs principaux de cette visioconférence qui a, finalement, créé des liens et instauré un véritable moment de partage qui ne peut être que bénéfique à l’avenir.

Un effet lié au coronavirus ? Pas totalement puisque les sujets abordés et ratissés sont larges. Évidemment, il est vrai que la situation actuelle ne peut que rapprocher les institutions qui doivent faire face à des problèmes communs. Et malgré les incertitudes omniprésentes, les participants se sont dits prêts à réitérer ces initiatives. Non seulement pour surmonter les crises actuelles, mais aussi pour, de manière plus globale et plus durable, faire évoluer le sport féminin.

Le manque de visibilité, encore et toujours

Le constat est sans appel. Chaque acteur du sport féminin en est conscient : le retard vis-à-vis de son homologue masculin est important. À commencer par un manque de visibilité qui, malgré quelques légères améliorations, a fini par sombrer durant cette période sans sport. Comme l’a déploré Laura Di Muzio (joueuse de rugby féminin) récemment : « Quand tout va bien, on s’occupe du féminin et quand tout va mal, on se replie sur ce qu’on considère comme le plus intéressant en intérêt financier ». Comprenez le sport masculin.

Sans pouvoir toucher de quelconques droits télévisuels (qui ne sont qu’une part minime de leurs revenus) en cette période, les institutions du sport féminin sont inévitablement dans le dur. Ne comptant que sur leurs partenariats et leurs sponsors ainsi que sur les collectivités et l’État, les participants ont pu faire part de leur désarroi à la ministre. Sans aucun revenu sortant des billetteries, impossible pour eux d’avancer ni même d’envisager une stabilité économique. C’est pourquoi la crainte de devoir débuter les saisons à huis clos a également été évoquée.

Pas d’annonce, mais une avancée réjouissante

Sans réelle surprise, Roxana Maracineanu n’a pas pu faire grand-chose d’autre qu’écouter et dialoguer avec les participants. Ce qui est déjà une progression notable, bien qu’elle puisse être décriée. Créer des liens de solidarité entre les participants, mais aussi avec le gouvernement et le Ministère des Sports est bénéfique. Tous se sont félicités à la sortie de cette réunion et des groupes de travail devraient continuer à être mis en place.

Quant à la ministre des Sports, elle s’est brièvement exprimée sur les réseaux, déclarant : « Le sport féminin ne doit pas être la victime collatérale de la crise dans le sport. Travaillons à renforcer le statut des sportives, à leur garantir une couverture sociale. Le ministère des Sports continuera à soutenir la structuration du secteur. Merci pour cet échange constructif. »


Photo à la Une (©FFF)

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