Athlétisme

Chajen Dang Yien : jeune réfugiée prodige de l’athlétisme

Chajen Dang Yien a fui le Soudan du Sud et la guerre à l’âge de huit ans seulement. Onze ans plus tard, sa vie a changé et des objectifs sont nés, parmi lesquels figurent la promotion de la paix grâce au sport et une participation aux Jeux Olympiques de Tokyo.

« Je me souviens, quand le conflit a commencé, je me suis enfuie ». Chajen Dang Yien a 8 ans quand elle quitte le Soudan du Sud avec la volonté d’échapper à la guerre qui y fait rage, quite à être séparée de ses parents pour une durée indéterminée. « Je ne sais pas vraiment comment je suis arrivée au Kenya, raconte-t-elle via le site internet Olympic.org. Je sais que j’étais avec beaucoup d’autres enfants, et séparée de ma mère. » Une épreuve des plus compliquées pour la jeune fille. Après quelques années passées dans un camp de réfugiés au Kenya, Chajen Dang Yien retrouve sa mère et les retrouvailles sont des plus émouvantes. Elle a 10 ans.

Malgré le retour de sa mère, Chajen Dang Yien supporte mal la vie au sein du camp. Le manque de sécurité est constant et aller à l’école est tout bonnement impossible. Mais c’est dans ce camp qu’elle comprend. Souvent poursuivie par d’autres enfants, elle se doit d’être rapide et c’est la révélation. La jeune soudanaise est l’une des enfants les plus rapides de son nouveau lieu de vie. Au milieu des jeux et du sport (athlétisme et volleyball notamment) qu’elle fait au quotidien, des compétitions sont organisées. Chajen Dang Yien y participe, engrangeant de l’expérience et réussissant à obtenir de bons résultats. Des performances qui vont bouleverser son quotidien.

Son arrivée au Centre Tegla Loroupe pour la paix : « Cette décision a changé ma vie »

Une proposition est faite à Chajen Dang Yien, lui offrant l’opportunité de rejoindre le centre de réfugiés mis en place par Tegla Loroupe. Première athlète africaine à remporter le marathon de New York, Tegla met sa notorioté au service de l’Afrique et de la paix de part sa fondation. Impliquée dans la cause des réfugiés, elle accueille des athlètes dans son centre, les prépare pour les compétitions les plus prestigieuses, et les accompagne au quotidien afin qu’ils accomplissent leurs rêves olympiques.

La jeune soudanaise accepte d’y aller. Jeune prodige du 800 m, elle atterrit sur un véritable tremplin, aussi bien sur le plan sportif que sur le plan humanitaire : « Vivre ici est formidable, j’aime vraiment ça. Cela m’a vraiment changée en tant qu’athlète et en tant que personne. J’ai appris que les réfugiés sont comme n’importe quelle autre personne. Je suis en contact avec beaucoup d’autres nationalités. J’ai appris à m’entendre avec ces personnes. J’ai appris des choses qui, je pense, me permettront d’aider mes parents. Il règne un très bon esprit ici. »

Des ambitions claires et précises

Grâce à cette même fondation, Chajen Dang Yien et l’intégralité du centre ont pu suivre l’équipe olympique des réfugiés aux Jeux Olympiques de Rio 2016. De quoi leur permettre d’ouvrir les yeux sur leurs capacités à faire passer des messages mais aussi à performer. Être réfugié peut rimer avec avoir un impact. Pour cela, ils comprennent que rien ne peut les arrêter, surtout pas leur statut. Motivée à bloc à la suite de cette expérience, la jeune athlète ne cache pas ses objectifs : se qualifier pour les Jeux de Tokyo 2021 en tant que membre de l’équipe olympique des réfugiés mais aussi promouvoir la paix par le sport.

Aller à Tokyo serait une source infinie de bonheur qui pourrait à jamais changer sa vie ainsi que celle de sa famille : « Aller à Tokyo aurait un grand impact. J’adorerais courir le 800 m là-bas. » Affectée, comme le monde du sport dans sa globalité, par la pandémie de coronavirus, Chajen Dang Yien a continué de s’entraîner, seule, et dit être en forme pour atteindre son objectif.

Celle qui rêve secrètement de devenir journaliste désire également défendre la paix dans le monde. Elle profite de ses apparitions dans des salles de classe par exemple pour motiver les jeunes élèves qu’elle rencontre. Chajen Dang Yien veut faire passer le message suivant : « Le sport peut changer la vie de tout un chacun. Il peut vous aider dans tout ce que vous faites dans la vie – à l’école et après. Il peut changer des vies. Il est également essentiel que les femmes puissent pratiquer un sport. En Afrique, on a l’habitude de dire que si vous éduquez une femme dans un village, vous éduquez tout le village. C’est ce que nous pouvons faire avec le sport. » 


Photo à la Une : (©IOC)

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