Athlétisme

Arron, la « reine Christine »

Retour sur les figures emblématiques qui ont marqué l’histoire du sport féminin français. Aujourd’hui c’est l’athlète guadeloupéenne Christine Arron qui est à l’honneur. Sprinteuse de légende, elle a mené le drapeau tricolore sur la plus haute des marches des podiums internationaux …

Née en 1973 aux Abymes en Guadeloupe, Christine Arron se lance dans l’athlétisme à 11 ans après quelques années de karaté. Elle gagne ses premiers titres à 15 ans aux Jeux de la Carifta (compétition annuelle junior qui se déroule dans les Caraïbes) et bat son premier record de France sur 100m. Christine Arron arrive en France en 1992 et va être coachée par deux entraîneurs de renom de l’athlétisme français. Fernand Urtebise, coach de Marie José Pérec et de Stéphane Diagana, puis Jacques Piasenta, qui a lui aussi coaché Pérec, Muriel Hurtis et Ladji Doucouré. S’entraînant plus sur 400m à l’époque, la Guadeloupéenne aurait dû participer à ses premiers Jeux Olympiques à Atlanta en 1996, mais une blessure lors d’un meeting va la contraindre à déclarer forfait. Des blessures à répétition qui viendront ternir sa carrière …

La sprinteuse, des médailles, des records … et des blessures

Après ce rendez-vous olympique manqué, Christine Arron va entièrement se consacrer au sprint (100 mètres et 200 mètres). La Guadeloupéenne va vivre une année 1997 faite de hauts et de bas mais très forte en émotions. Un record de France sur 200 m en salle battu qui était détenu par Marie José Pérec. Elle devra par la suite déclarer forfait pour les championnats du monde en salle à domicile à Paris à cause de douleurs au dos. Public parisien qu’elle retrouvera quelques années plus tard au Stade de France. Lors des mondiaux en plein air, elle terminera 4ème de la finale du 100m, et décrochera sa première médaille mondiale en bronze à 24 ans lors du 4×100 mètres. L’année suivante est faite d’or pour la sprinteuse française. Elle bat le record de France et d’Europe du 100m en 10s 73, et est à ce jour, toujours détentrice de ces derniers. Durant ces championnats d’Europe 1998 à Budapest, elle sera également titrée sur 4×100. Une distance qui lui aura permis de ramener 6 médailles tout au long de sa carrière. À la fin de l’année, Christine Arron sera élue « athlète Européenne de l’année ».

Les années suivantes sont marquées par les blessures, et les apparitions de la Française sur la piste sont moins régulières. Une seule médaille glanée entre 1999 et 2002, c’était sur 4×100 lors des Mondiaux de Séville. Christine Arron, maman, va revenir plus mature, plus expérimentée, plus forte …

Mondiaux de Paris 2003 : la consécration à la maison

Cet été-la Christine devient reine. Les mondiaux d’athlétisme 2003 se déroulent à Saint-Denis au Stade de France. Elle qui cinq ans auparavant avait dû déclarer forfait pour les Mondiaux en salle de Paris est cette fois-ci bien présente. À 30 ans, Christine Arron sait qu’elle n’aura plus beaucoup d’occasions de briller en championnat du monde. Elle vivra une finale de 100m compliquée où elle finira à la 6ème place. Mais le 30 août, Arron et les filles du 4×100 mètres vont se parer d’or, et envoyer tout le Stade de France sur orbite. Lancée par Patricia Girard-Léno, Muriel Hurtis et Sylviane Félix, la « reine Christine » va dans la royale dernière droite passer devant l’Américaine Torri Edwards, pour offrir une nouvelle Marseillaise au public tricolore. Le 4×100, épreuve tricolore lors de ces championnats, puisque les garçons iront eux aussi décrocher l’or.

Le relais Français après avoir décrocher l’or aux mondiaux de Paris 2003 (@AFP)

Lorsqu’elle arrive aux Jeux d’Athènes en 2004, la sprinteuse est invaincue depuis le début de la saison et fait partie des favorites. Mais comme à Sydney en 2000, elle ne décrochera pas de médaille sur l’épreuve reine, le 100m. Pire, elle ne rentrera même pas en finale. Très grosse déception pour la Guadeloupéenne, mais petit lot de consolation, elle terminera troisième du relais et décrochera donc sa première et dernière médaille Olympique de sa carrière.

Sa saison suivante débute difficilement avec des blessures à répétition. Mais sa saison estivale sera une réussite. Elle va enfin décrocher une médaille en championnats du monde à Helsinki sur 100m, du bronze en terminant une course en 10s 98 sous une pluie battante. Elle décrochera la même médaille sur 200m, sa dernière en championnat du monde.

Une fin de carrière en dents de scie

Christine Arron met fin à sa carrière en décembre 2012 à 39 ans, et annonce qu’elle est enceinte de son deuxième enfant avec son ex-conjoint, le triple sauteur Benjamin Compaoré. La fin de carrière de la Guadeloupéenne aura été marquée par les blessures et quelques bonnes performances de temps à autre, comme cette deuxième place sur 4×100 mètres aux championnats d’Europe à Barcelone en 2010. Elle sera décorée chevalière de la Légion d’honneur le 13 juillet 2012. Durant les championnats du monde à Londres en 2017, elle sera consultante pour France Télévisions.

On retiendra de Christine Arron ce petit accent chantant, cette incroyable dernière ligne droite en 2003, puis tous ces records, ces médailles, ces moments où elle a fait vibrer les passionnés d’athlétisme durant presque 20 ans. Merci pour tout « reine Christine » !


Photo à la Une : (@AFP)

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