Athlétisme

Yelena Isinbayeva, « tsarine » de l’athlétisme

Retour sur les figures emblématiques qui ont marqué l’histoire du sport féminin. Focus aujourd’hui la Russe Yelena Isinbayeva, recordwoman du monde du saut à la perche…

Née le 3 juin 1982 à Volgograd en Russie, Yelena Isinbayeva s’est d’abord lancée dans la gymnastique artistique avant de se consacrer à 15 ans entièrement au sport qui fera d’elle une « tsarine ». Elle dispute ses premières compétitions en 1998 avec les jeux de la jeunesse d’Annecy, qu’elle remportera par la même occasion. Un début de carrière en trombe puisqu’elle va remporter presque toutes les compétitions auxquelles elle va participer. Championnats du monde de la jeunesse en 1999, championnats du monde juniors en 2000, et championnats d’Europe juniors en 2001. Alors qu’elle n’a que 19 ans, la jeune Russe est déjà promise à un avenir brillant.

Les Jeux Olympiques 2000 à Sydney sont sa première compétition sénior. Malheureusement pour elle, elle ne passera pas le stade des qualifications. Sa première médaille chez les grandes arrivera en 2002 à Munich lors des championnats d’Europe où elle accrochera la médaille d’argent grâce à une barre à 4,55m.

2003 – 2008 : L’explosion

C’est le 13 juillet 2003, lors d’un meeting à Gateshead en Angleterre que la Russe va battre son premier record du monde avec une barre 4,82m. Quelques mois plus tard, elle s’inclinera lors des championnats du monde de Paris derrière sa compatriote et plus grande rivale Svetlana Feofanova et l’Allemande Annika Becker. Après cela, Isinbayeva va instaurer une suprématie sans merci entre 2004 et 2008. La Russe prendra part à quatorze grandes compétitions durant cette période, et en remportera…quatorze. Elle devient championne olympique en 2004 à Athènes à 4,91m, le nouveau record du monde, puis en 2008 à Pékin avec un nouveau record à 5,05m cette fois-ci. La symbolique barre des 5 mètres qu’elle avait franchie pour la première fois en 2005. Une hauteur qu’elles ne sont que trois dans l’histoire à avoir franchi, les Américaines Jennifer Suhr et Sandi Morris et donc Yelena Isinbayeva. Période durant laquelle elle deviendra également double championne du monde en 2005 pour son premier titre mondial et en 2007. La Russe rafle tout sur son passage, elle ne laissera rien avec une médaille d’or aux championnats d’Europe 2006, trois médailles d’or en championnats du monde en salle, et une aux Europe en salle. Une domination suprême pour la Russe qui va déchanter les années suivantes.

2009 – 2011 : Une période délicate

Les quelques années qui vont suivre cette période exeptionelle pour la Russe seront moins flamboyante, et Isinbayeva va rester un peu en retrait. Seul coup d’éclat de cette période, le record du monde à 5,06m franchi à Zurich en 2009, qui est toujours le record de la discipline à l’heure actuelle. Mis à part cela, des piètres performances. Quelques mois plus tôt lors de championnats du monde 2009 à Berlin, elle ne franchira aucune barre. Un épouvantable zéro, qui fait tache. Nouvelle désillusion en 2010 aux mondiaux en salle à Doha où elle finit au pied du podium. C’en est trop pour la Russe qui décide de faire une pause qu’elle qualifie d’indispensable. Cette pause durera près d’un an. Quelques mois après son retour à la compétition, elle terminera septième lors des mondiaux à Daegu.

2012 : le retour en grâce

La Russe arrive à Londres pour essayer de conquérir un troisième titre Olympique à 30 ans. Avec une barre à 4m70, elle terminera 3ème du concours et glanera sa troisième médaille olympique (deux en or, une en bronze). Isinbayeva qui comptait peut-être s’arrêter après ces JO le sait, il y a dans un an les championnats du monde à Moscou, avec l’envie d’y être. Galvanisée par tout un peuple derrière dans un Stade Loujniki acquis à sa cause, la Russe va devenir pour la troisième fois championne du monde, dans son pays qui plus est. Après cette victoire qui s’annonçait comme un dernier baroud d’honneur, elle n’annonce pas sa retraite, mais une nouvelle longue pause dans sa carrière.

Un triste fin de carrière

Ce fameux retour aura lieu 2 ans après. Un retour et une préparation pour les JO de Rio qui seront sa dernière olympiade. Mais l’affaire du dopage russe va la priver des championnats d’Europe en salle et en plein air. Elle sera sacrée championne de Russie avec un saut à 4,90 m, la meilleure performance mondiale de l’année. Mais ces championnats de Russie seront sa dernière compétition puisque sa retraite interviendra quelques mois plus tard après l’interdiction pour les Russes de participer aux jeux de Rio : « Je suis très heureuse d’avoir accompli mes rêves, j’ai remporté toutes les médailles et tous les titres possibles, a poursuivi la triple championne du monde aujourd’hui âgée de 34 ans. J’ai gagné la confiance et l’amour de tous les fans au travers le monde. » Elle garde tout de même un gout très amer de cette décision de la fédération internationale d’athlétisme : « En arrivant ici, j’ai dit que je ne pardonnerais pas ceux qui ont pris cette décision. Je les pardonne mais dieu sera leur juge. »

Une carrière qui aura duré presque vingt ans. Décennies de médailles à ne plus en finir pour l’actuelle détentrice du record du monde de la perche féminine. Double championne olympique, triple championne du monde en plein air. 28 records du monde au cours de sa carrière dont 15 fois en plein air et 13 fois en salle. Athlète de l’année en 2004 et 2005. Yelena Isinbayeva est une « tsarine » de sa discipline, et elle restera longtemps perchée au sommet de l’athlétisme russe.


Photo à la Une : (@AFP)

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