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Ces sportives qui ont inspiré la culture musicale française

Rares sont les athlètes féminines qui ont inspiré le monde de la musique. Pourtant, certaines d’entre elles se sont vues offrir des hommages sans précédent de la part de la scène musicale française. Tour d’horizon de ces chansons qui parlent des sportives.

Alain Bashung, Dans la foulée, 2002

À sa sortie, à la fin de l’année 2002, le onzième album studio d’Alain Bashung, intitulé L’Imprudence, a reçu de très bonnes critiques, étant considéré comme l’un des meilleurs albums de l’artiste mais aussi comme le plus noir. À l’intérieur se trouve la chanson Dans la foulée. Ou quand une légende en raconte une autre. L’un des plus grands artistes français rend hommage à Marie-José Pérec, l’une des sportives françaises les plus titrées. Aucune athlète française n’a été autant couronnée qu’elle, et aucune n’a eu le privilège de recevoir un hommage tel de la part d’une légende de la chanson française. Dans l’Express, l’interprète français a expliqué avoir été choqué du lynchage médiatique qu’a subit l’athlète en Australie, en 2000. Attendue sur la piste des Jeux Olympiques pour défendre son titre sur 400 mètres obtenu quatre ans plus tôt à Atlanta, Marie-José Pérec craque sous la pression puis sous les menaces. « La peur de la compétition, je l’ai toujours eue » a-t-elle déclaré. « C’est un truc dont je savais m’accommoder. (…) En revanche, je ne savais pas gérer les agressions. J’étais préparée pour une course, pas pour affronter l’Australie entière. »

Alain Bashung raconte alors : « Le texte Dans la foulée s’intitulait au départ Lettre à Marie-Jo. Il évoque l’ascension et la chute d’une femme «de la douche au bûcher». J’ai été très choqué de voir insultée et bannie une personne qui avait combattu une maladie très pénible. Il lui restait juste assez d’énergie pour mener à bien son épreuve et elle n’a peut-être pas eu la force d’appartenir au monde entier. On ne peut pas être toujours conforme à l’idée du spectacle qu’on attend de vous… Ça renvoie à des questions que je me pose moi-même pour d’autres raisons. »


Pierre Bachelet, Flo, 1989

L’année précédent sa victoire sur la Route du Rhum, Florence Arthaud s’est essayée à la chanson. Lorsque Pierre Bachelet le lui a proposé, elle possédait déjà une importance du monde de la voile. C’est pourquoi, l’interprète des Corons a tenu à lui écrire trois chansons inspirées de sa vie, de son parcours et de son univers. De cette collaboration sont nés trois titres, trois duos qui ont rendus fière la navigatrice : Quelque part… c’est toujours ailleurs, Flo et Typhon.

Flo, c’est l’inoubliable. Impossible de ne pas être touché en écoutant ce titre, couplant tendresse et délicatesse. À l’époque, ça a cartonné, si bien que le duo s’est présenté sur quelques plateaux de télévision pour interpréter sa chanson. Une épreuve des plus difficiles pour « la petite fiancée de l’Atlantique », comme elle l’a confié dans Tout le monde en parle : « Ça a été une épreuve terrible pour moi, je suis très fière de l’avoir fait. Surtout les plateaux, c’était affreux. Même si c’était du playback, je tremblais comme une feuille. »

Une chose est certaine, Pierre Bachelet et Florence Arthaud partageait le goût de l’aventure et de la mer, ce qui a donné naissance à ce morceau, duquel est extrait ces paroles : « Sous tes paupières ultra-marines / Parfois je lis ou je devine / La solitude des bateaux », chante Bachelet. La navigatrice lui répond : « Quand mon voilier s’envole sur l’eau / J’ai l’impression d’être un oiseau / Mais j’ai le coeur sans illusion. »


Vincent Delerm, Les Jambes de Steffi Graf, 2006

Vincent Delerm est très attaché à Roland Garros. À chaque fois que les Internationaux de France arrivent, le chanteur se replonge dans son passé d’étudiant : « Ça me rappelle l’époque où je révisais le bac assis sur les pelouses avec les commentaires de Michel Dhrey et les bruits de balles en fond sonore. Si je devais faire une chanson qui évoque le tennis, je crois que Roland Garros s’imposerait ». Et c’est ce qu’il a fait, à plusieurs reprises, notamment dans une chanson intitulée Court Central et qui fait écho à ses souvenirs de jeunesse.

Mais Vincent Delerm s’est également penché sur les protagonistes du monde de la petite balle jaune. Extrait de Les piqûres d’araignée, son troisième album, Les Jambes de Steffi Graf est sans doute l’une des plus belles chansons sur une sportive. Un tant soit peu fétichiste, Delerm fait resurgir des souvenirs inoubliables mais nostalgiques de la tenniswomen. Adepte du name dropping, qui consiste à évoquer de nombreux noms même s’ils sont quelque peu hors sujet, Vincent Delerm finit par évoquer Gabriela Sabatini, l’Argentine fluette. Nostalgie, quand tu nous tiens.


Virtual Band, Soccer Woman, 2018

Fan de football féminin, Denis Cazalas a conçu l’album intitulée Soccer Woman avec ses ami(e)s, des musicien(ne)s de studio et un designer, qui ont collaboré via Internet. D’où le nom : « Virtual Band ». À l’occasion de la Coupe du Monde 2019, dix chansons rendant hommage à des footballeuses sont sorties parmi lesquelles celles pour Louisa Nécib, Laura Georges, Elodie Thomis ou encore Wendie Renard.


​Photo à la Une : (©INA)

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