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Steffi Graf, la magnifique

Retour sur les figures emblématiques qui ont marqué l’histoire du sport féminin. On va s’intéresser aujourd’hui à Steffi Graf, longtemps considérée comme la plus grande joueuse de tennis de tous les temps.

Née le 14 juin 1969 à Mannheim en Allemagne, Steffi Graf est la joueuse la plus précoce de l’histoire. Après ses premiers pas sur un court de tennis à 4 ans, elle remporte plusieurs championnats nationaux et européens juniors, et devient à seulement 13 ans, la plus jeune joueuse de tous les temps à intégrer le classement WTA (124ème).

Une ascension éclair

Après avoir terminé sa première saison en professionnelle à la 124ème place à seulement 13 ans, elle va très vite grimper au classement. Sans remporter un seul tournoi, elle progresse très rapidement pour être la numéro 6 mondiale en 1985. C’est à la fin de cette même année qu’elle réalise sa première belle performance en Grand Chelem en atteignant la demi-finale de l’US Open. La saison suivante est celle de ses premiers titres. Huit au total durant l’année 1986. Elle battra les meilleures joueuses du circuit dont la numéro une mondiale. Elles ne seront que trois à réussir à battre la jeune Allemande de 16 ans cette année-là…

1987 – 1989 : la domination

Indestructible. Sur cette année où seulement trois tournois majeurs seront disputés, Steffi Graf ne va perdre que deux matchs durant toute la saison 1987. Onze tournoi remportés, dont un en Grand Chelem à Roland Garros après une victoire 6-4/4-6/8-6 face à Navrátilová la numéro une mondiale. Ses deux défaites seront en finale des deux autres GC, face à l’Américaine qui a eu ses revanches. Après sa victoire au tournoi de Los Angeles, elle vient prendre la place de numéro une mondiale, qu’elle ne quittera pas durant 186 semaines. Elle fait également coup double à la fin de l’année avec une victoire en Fed Cup avec l’Allemagne, et une victoire au Masters de fin de saison. Mais le plus beau reste à venir pour la jeune joueuse de 18 ans…

Prodigieuse. Année dorée. Une domination au-delà de la raison. Durant l’année 1988, Steffi Graf devient la troisième joueuse de l’histoire à remporter les 4 tournois majeurs de la saison (Open d’Australie, Roland Garros, Wimbledon et l’US Open) après Maureen Connolly en 1955 et Margaret Court en 1970. Elle remporte le grand chelem parisien avec la finale la plus rapide de l’histoire : 6-0/6-0 en 34 minutes face Natalia Zvereva. Année également olympique pour l’Allemande, puisqu’elle remporte pour la première fois officiellement les Jeux olympiques à Séoul (elle remporte la médaille d’or à Los Angeles en 1984 avec l’Allemagne de l’Ouest, mais ne sera pas comptabilisée dans le classement par pays, et ne sera donc pas officialisée).

En 1989, la suprématie de Steffi Graf est toujours totale. Elle remporte trois tournois du grand Chelem. Mais, de nouvelles joueuses font leur apparition sur le circuit, comme l’Espagnole de 16 ans Arantxa Sanchez, qui la battra en finale de Roland Garros, ou la Yougoslave Monica Seles qui est annoncée comme la future numéro une mondial.

1990 – 1993, le contrecoup et les doutes

En 1990, après avoir remporté l’Open d’Australie, Steffi Graf perd sa finale de Roland Garros face à la très jeune Monica Seles puis perd de nouveau à Wimbledon. Plusieurs pépins physiques sont à l’origine de cette baisse de régime : fracture du pouce en février, et en juillet opération des sinus. Outre ses problèmes de santé, elle rencontre des difficultés avec le fisc allemand qui reproche à son père, gérant des affaires de sa fille, d’avoir dissimulé 12,61 millions de dollars. Accusé de fraude fiscale, Peter Graf est condamné à de la prison.

Cela ne va pas arrêter l’Allemande dans sa quête de titres. Mais cette année 1991 ne sera pas la sienne. Cette année est marquée par la passation de pouvoir avec Monica Seles qui devient la nouvelle numéro une mondiale à la WTA. Seulement deux Wimbledon en 2 ans comme tournois majeurs pour l’Allemande, toujours dominée par l’ex-yougoslave naturalisée américaine en 1994. Mais un terrible événement va venir stopper cette domination. Le 30 avril, Monica Seles est poignardée dans le dos en plein match à Hambourg. On ne la reverra plus sur un court de tennis pendant deux ans. Durant cette absence, Steffi Graf va redevenir la patronne en remportant les trois grands chelems suivants.

1997 – 1999, redevenue patronne

À l’approche de la trentaine, Steffi Graph va devenir la première joueuse de l’histoire à remporter tous les tournois du grand chelem à des reprises, après sa victoire en finale de l’Open d’Australie, son seul majeur de la saison. Finale gagnée face à Arantxa Sánchez, qui prendra sa revanche à l’US Open. Elle perdra face à Mary Pierce à Roland, puis s’inclinera au premier tour de Wimbledon, une première dans sa carrière. Elle va remporter les 3 auxquels elle va participer en 1995 et 1996, affirmant encore un peu plus son hégémonie sur le circuit féminin.

Elle bat en 1996 le record de semaine passée à la place de numéro une mondiale en entamant, le 13 mai, sa 332e semaine. Elle augmentera son record à 378. Record absolu.

La fin d’une immense championne

Les dernières saisons de Steffi Graf seront marquées par des blessures au dos et aux genoux. En mars 1997, elle quitte pour la dernière fois sa place de numéro une mondiale au profit de Martina Hingis, et ne remportera aucun grand chelem durant l’année, une première depuis 10 ans. Même issue pour la saison suivante qui sera sans doute la plus compliquée de sa carrière. Bien décidée à finir sa carrière en apothéose, l’Allemande va revenir plus forte et plus déterminée que jamais. Pour sa dernière saison en 1999, Steffi Graf va remporter son 22ème et dernier tournoi du Grand Chelem, ancien record aujourd’hui détenu par Serena Williams (23) après sa victoire sur la terre battue parisienne. Elle atteindra la finale à Wimbledon pour son dernier tournoi du grand chelem de sa carrière. Après être revenue à la troisième place à la WTA, et une énième blessure, elle décide de prendre sa retraite à 30 ans.

La fin d’une incroyable carrière et du plus beau palmarès du tennis féminin : 31 finales de grand chelem dont 22 trophées, 107 tournois gagnés en simple, 2 médailles Olympiques, 2 Fed Cup, 5 Masters, et le record de semaine passées à la première place (378).


Photo à la Une (@WTATennis)

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