FootballFootball : D1 Arkema

Bilan – D1 Arkema : Le Paris FC encore trop juste pour lutter avec les poids lourds du championnat

Depuis le lundi 1er juin et jusqu’à la fin du mois d’août, Le Sport au Féminin revient sur la saison de D1 Arkema. Zoom pour ce huitième volet sur le cinquième du dernier exercice, le Paris FC.

Deux ans et demi après la fusion avec Juvisy grâce à laquelle le club devait se rapprocher des cadors de D1 Arkema, le Paris FC ne parvient pas à passer le cap nécessaire pour sortir de l’ombre. Retour sur la saison moyenne des Parisiennes.

Des changements nécessaires

Sandrine Soubeyrand, entraîneuse du Paris FC depuis octobre 2018, avait pris les commandes d’un groupe déjà constitué et pour qui la saison été déjà lancé. Durant la dernière intersaison, à l’été 2019, la formatrice de métier a ainsi eu l’occasion de former l’effectif qu’elle voulait en prenant elle-même le soin de gérer la prolongation ou le recrutement de certaines joueuses. Depuis cette fameuse fusion avec le club de Juvisy, le PFC avait pour ambition de réduire l’écart avec les tout meilleurs du championnat. Au final, il se retrouve constamment dans le peloton qui lutte pour la quatrième ou la cinquième place du classement.

C’est pourquoi Sandrine Soubeyrand a pris la décision de renouveler un effectif en bout de souffle et de le modeler à sa sauce afin de pouvoir espérer mieux. Ainsi, l’été dernier, de nombreuses joueuses considérées comme importantes avaient mis les voiles (Bilbault, Jaurena, Cascarino, Benameur, De Almeida, Makanza) alors que des joueuses évoluant à l’international avaient débarqué dans la capitale (Sow, Honegger, Muller-Priessen, Savin). Dépassé par Bordeaux et Montpellier, sans parler du PSG et de Lyon, depuis plusieurs années maintenant, le Paris FC a donc connu des changements jugés « nécessaires » par son entraîneuse qui déclarait, avant le début de la saison, dans une interview pour Le Parisien : « Il n’y a pas beaucoup de différence entre le 3e et 5e. L’objectif, c’est déjà de réduire l’écart de points avec le 2e qui était beaucoup trop important. Si on veut prétendre à être dans le haut du tableau, on doit évoluer en termes de jeu et de contenu ».

…mais insuffisants

Avec un manque de créativité flagrant lors de la saison 2018/19, la réaction, ne serait-ce que d’orgueil, était attendue à la reprise au mois de septembre. Un début de saison qui s’est finalement révélé n’être pas franchement de meilleure qualité… Sur les quatre premières journées, qui paraissaient plus qu’abordables, le Paris FC a lâché des points, faisant match nul contre Soyaux et Metz. Il est compliqué, dans ce cas de figure, d’enchaîner ensuite avec des oppositions face aux ogres lyonnais, parisiens et, dans une moindre mesure, montpelliérains. Forcé de constater que les joueuses de Sandrine Soubeyrand ont pris plusieurs claques avec des défaites (4-0 face à l’OL, 3-0 face au PSG et 5-2 face à Montpellier). Les ambitions de l’entraîneuse ont rapidement décampé. Défaites face à Bordeaux (0-3) et à Guingamp (2-0), qu’elles pourraient considérer comme des concurrents directs, les joueuses du Paris FC connaissaient une première partie de saison des plus moyennes. Sans sérénité, elles avaient néanmoins réussi à décrocher quelques points à droite à gauche chez des équipes moins bien placées.

Avec seulement 21 buts marqués en 16 rencontres, le ratio est bien trop faible en comparaison avec les équipes bien installées en haut du classement. Lyon compte 67 buts, Paris 60, Bordeaux 36 et Montpellier 39. Sans oublier le nombre de buts encaissés, s’élevant à 26 et condamnant le club à une différence de buts négative. L’entraîneuse du PFC en a bien conscience : « Le tout combiné fait que nous avons manqué beaucoup d’efficacité offensive et nous n’avons pas été assez solides défensivement ». Impossible dans ce cas de figure de pouvoir espérer chercher plus haut.

Un écart qui se creuse

Désireuses de se montrer à la hauteur de ce que le club leur offre pour atteindre le plus haut niveau, les féminines du Paris FC ne peuvent toutefois pas faire grand chose face à un écart qui continue de se creuser avec les deux mastodontes. Se rapprocher du podium ? Réduire l’écart avec le deuxième de D1 Arkema ? La mission semblait quasiment impossible et le PFC n’a finallement pu que constater que le Paris Saint-Germain comptait 17 points de plus. Même la troisième ou la quatrième place semblaient compliquées à atteindre. Bordeaux possèdait 37 points et Montpellier 30 alors que le Paris FC n’en comptait que 24 dans un classement final arrêté à la seizième journée. Le retard était donc trop important.

Et encore, le PFC est parvenu à se positionner à la cinquième place de manière inespérée, alors que le club courait derrière Guingamp. Profitant d’une défaite de leur rival, les joueuses de Sandrine Soubeyrand leur sont passées devant d’un tout petit point. Une cinquième place malgré tout méritée au vu de la seconde partie de saison déjà plus satisfaisante, au cours de laquelle il paraissait évident que les joueuses commençaient à prendre leurs marques et que le groupe vivait mieux, ensemble. Le travail commençait donc à payer.

Budget moindre oblige, la formation est à l’honneur

Lors de sa fusion avec Jusivy, le PFC avait dû effacer son lourd déficit. En proportion, le Paris FC reste malgré cela le club professionnel qui accorde la plus grosse part de son budget (1,5 million d’euros sur 14,5 millions d’euros) à sa section féminine. C’est notamment grâce à cela que de nombreux sponsors tels que Orange ou le Groupe Aesio se sont associés avec le club de la capitale. Malgré tout, rivaliser avec les grosses écuries nécessite plus que les moyens honorables d’ores et déjà accordés par le club et son président Pierre Ferracci.

Le niveau ne cesse de se renforcer au sein du championnat et de plus en plus d’équipes peuvent prétendre à ce rôle d’outsider visant la quatrième ou cinquième place. Sandrine Soubeyrand constate sans hésitation un manque de moyens flagrant en rapport avec les volontés du club. Impossible donc de recruter des joueuses internationales expérimentées, seule Gaëtane Thiney possédait ce statut la saison passée. Alors le PFC mise sur la formation, un processus plus long et moins couteux que d’aller chercher de grandes joueuses à l’étranger tous les ans. Le problème avec les jeunes joueuses, ce n’est pas le talent, mais le manque d’expérience et de constance. Symbole de ce constat, la gardienne Camille Pecharman, 21 ans, qui a accumulé les erreurs cette saison.

Cap sur 2020/21

Alors que les entraînements ont repris dans l’objectif de préparer la prochaine saison, le Paris FC compte deux recrues et plusieurs prolongations. Célina Ould Hocine, défenseure internationale U17 et U19 considérée comme l’une des meilleures de sa génération en France et Daphné Corboz, milieu de terrain et internationale française, renforcent l’équipe. Sophie Vaysse, Camille Catala et Julie Soyer ont quant à elles pris la décision de prolonger au coeur d’un projet plaisant, sous les ordres de dirigeants et d’un staff ambitieux. Côté départs, Alice Benoit, Célya Barclais, Marith Muller-Priessen, Caroline Pimentel et Mélanie Carvalho ne resteront pas au PFC. Cette once de fraîcheur au sein d’une stabilité globalement assurée, peut-être que cette formule sera la bonne cette fois.

Le bilan global de Sandrine Soubeyrand :

« On a vu un Paris FC a deux visages cette saison. Capable de performer contre de grosses écuries et capable de perdre des points assez bêtement contre des équipes supposées à notre niveau ou plus faibles. […] Ce qui me déçoit le plus, c’est de voir l’écart de points que nous avons avec Bordeaux et Montpellier (13 et 6 points, ndlr). On est à mon sens un peu trop éloigné. Je suis déçue du manque de points au classement, mais au point de vue de l’engagement, de l’état d’esprit, c’est une vraie satisfaction. Nous avons proposé des choses, nous n’avons jamais refusé le jeu. Ça a mis du temps à se mettre en place, certes, mais il y a eu de nombreux changements l’été dernier. J’avais pris le parti de recommencer une nouvelle saison avec les filles que je souhaitais garder. Le groupe va continuer à progresser. Sur l’ensemble de la saison, je ne suis pas insatisfaite. […] J’ai un effectif qui est encore jeune. Encore cette saison, nous avons des filles qui ont découvert la D1. Je ne me fais pas de soucis, nous allons continuer de travailler et les résultats viendront contre ces adversaires. » – propos recueillis sur le site officiel du club


Photo à la Une : (©Paris FC)

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