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Ces soeurs qui ont brillé ensemble dans le sport

Ce jeudi, deux des plus grandes championnes de l’histoire vont s’affronter sur le modeste tournoi WTA de Lexington (Kentucky). Le comble, c’est qu’elles (Serena et Venus) sont du même sang. L’occasion de revenir sur ces fratries qui ont performé à l’international.

C’est un curieux phénomène qui ne s’explique pas vraiment de manière rationnelle. Mais c’est un fait : nombreuses sont les personnes de la même famille à avoir exercé le même sport, au plus haut niveau. Sans doute parce que l’un a su profiter de l’excellence de l’autre, et s’en servir de tremplin pour se montrer performant à son tour, dans cette quête de rivalité fraternelle. Une osmose électrique, qui, quand elle oppose ou réunit deux athlètes du même nom lors d’un grand événement, a ce côté tellement délicieux. Focus sur ces soeurs qui ont réussi dans le sport professionnel.

Marielle et Christine Goitschel (France, Ski Alpin)

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@AFP

Sans doute les pionnières du sport professionnel conjugué au familial. Vedettes des JO 1964 d’Innsbrück, les soeurs Goitschel, originaires de Val d’Isère, sont réunies depuis le plus jeune âge dans la même passion. Leur père, Robert, footballeur de l’OM et de Nice, leur a apporté l’esprit de compétitivité, auquel s’est ajouté un don unique pour la glisse. Signant un historique doublé en slalom (Christine en or, Marielle en argent) et en géant (Marielle en or cette fois ci) lors de ces Jeux autrichiens, les deux skieuses, stars d’un autre temps (celui de Jean-Claude Killy et des Beatles), au franc-parler croustillant et à la précocité déroutante ; puisqu’elles ont été championnes du monde à 17 ans et ont décroché l’or olympique à 18 ans ; ont secoué la France du sport en plein milieu des années 60. Si Marielle a un palmarès plus conséquent, les soeurs Goitschel composent pour chacune d’elles les plus gros palmarès français en sport d’hiver, et ce encore aujourd’hui. Entre 1963 et 1968, elles ont trusté pas moins de 5 médailles olympiques et 13 médailles lors des Mondiaux. Tout simplement sublime.

Cate et Bronte Campbell (Australie, Natation)

Cate et Bronte Campbell
@Tim Binning/Theswimmpicture.com

Venues d’un pays où la nage sportive est reine, Cate et Bronte Campbell, australiennes nées au Malawi, forment deux des plus grandes sprinteuses de leur temps. A une époque où la concurrence sur les deux épreuves reines en natation, le 50 m et le 100 m nage libre, est d’une densité effrayante (Sjoström, Kromowidjodjo, Manuel, Blume…), les deux ‘Aussies’ ont su s’imposer haut la main, trustant 8 titres mondiaux sur ces deux épreuves et trois médailles d’or olympiques. Agées respectivement de 28 et 26 ans, Cate et Bronte, 32 médailles internationales à elles deux, sont devenues les divas d’une discipline où les Américaines détestent à tout prix perdre leur hégémonie. Mais c’est un fait, depuis les JO 2000 de Sydney, l’Australie, terre biberon de produits légendaires (Ian Thorpe, Grant Hackett, James Magnussen…) est devenue au 21 ème siècle une nation phare des bassins. Et les soeurs Campbell, qui ont réalisé un stratosphérique record du monde en finale du 4 x 100 m nage libre des Jeux de Rio (2016), n’ont peut-être pas encore fini de briller. Elles joueront évidemment les premiers rôles l’été prochain, pour les Jeux de Tokyo.

Serena et Venus Williams (Etats-Unis, Tennis)

Serena Williams et Venus Williams, tennis, WTA, U.S.A
@AFP

Des légendes incontestées du tennis mondial, qui vont s’affronter pour la 31ème fois sur un court ce jeudi. Serena Williams (23 G-C), 38 ans, face à son aînée Venus (7 G-C), 40 ans. Deux tenniswomen persévérantes à la longévité exceptionnelle, qui ont véritablement révolutionné un sport cherchant des nouvelles têtes, au sortir de la génération Evert-Navratilova puis celle de Steffi Graff. Première femme de couleur à devenir numéro 1 mondiale (2002), Venus, 49 titres en simple et 22 en double, est présente sur le circuit professionnel depuis 1994. 26 ans ! C’est un record absolu. Tirant toujours vers le haut sa cadette, avec qui elle a empoché trois titres olympiques en double dames (2000, 2008, 2012), celle qui est atteinte du syndrome de Gougerot-Sjörgen* depuis 2011 a su adapter son jeu, éternellement puissant, pour durer encore un peu plus. Serena, sans doute la plus grande championne à jamais avoir arpenté un court, visera un 24 ème majeur à Flushing Meadows dans quelques semaines. Pour la postérité.

*maladie auto-immune systémique

Ada et Andrine Hegerberg (Norvège, Football)

Ada et Andrine Hegerberg, Norvège, Football
@GettyImages

Andrine et Ada Hegerberg (27 et 25 ans), stars actuelles d’une nation phare du football féminin mondial (1 Coupe du Monde, une médaille d’or aux Jeux et 2 Euro) se sont révélées en 2012, lorsqu’elles remportent presque à elles seules la Coupe de Norvège avec la petite équipe du Stabaek Football. Parties ensuite pour le prestigieux club allemand de Postdam, six fois champion d’Allemagne, et deux fois vainqueur de la Ligue des Champions, les joueuses confirment de manière différente. Andrine, milieu de terrain de petit gabarit, à la vision du jeu bien au-dessus de la moyenne, ne parviendra pas vraiment à s’imposer dans chacune des grandes écuries où elle passera (Potsdam, Göteborg, Birmingham puis Paris). Sa cadette, elle, prendra une toute nouvelle dimension. Réalisant des performances individuelles démentes, Ada Hegerberg, achetée par l’OL en 2014, est élue tout premier Ballon d’Or Féminin de l’histoire en 2018. Enchaînant but sur but (elle inscrit notamment 54 buts en 35 matches lors de la saison 2015-2016, un record), la native de Molde est devenue une figure de proue de son sport, qu’elle aime à promouvoir en tant qu’ambassadrice, elle qui multiplie les engagements pour l’égalité des sexes. Blessée toute cette saison (rupture du ligament croisée au genou), Ada Hegerberg sera peut-être l’une des vedettes des prochains J.O, où elle sera sans doute épaulée par sa soeur Andrine.

Genzebe et Tinuresh Dibaba (Athlétisme)

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@REUTERS/Stian Lysberg Solum

Parmi les gloires porteuses de la suprématie éthiopienne sur les épreuves de demi-fond et de fond, deux princesses de la même lignée se détachent. Tinuresh Dibaba, championne du monde du 5000 m à seulement 18 ans (Paris 2003) a imposé sa loi sur 5 000 puis 10 000 m pendant plus d’une décennie. Détentrice du record du monde du 5 000 m depuis le meeting d’Oslo en 2008 (14″11″15), « Baby-faced Destroyer », cinq fois championne du monde et trois fois titrée au Jeux Olympiques, a laissé la main à sa cadette Genzebe, qui a pris la relève à sa retraite en 2017. Double championne du monde junior de cross, la prodige de Bekoji s’est imposée outrageusement sur 1 500 m (où elle détient le record du monde en plein air et en salle). Record-woman du monde en salle du Mile, du 2 000 m, du 3 000 m et du 5 000 m (rien que ça), Genzebe Dibaba, championne du monde 2015 sur 1500 m mais blessée aux Mondiaux 2019, fera son grand retour lors des prochains Jeux, où elle pourrait prétendre à un inédit doublé 1 500 – 5 000 m.

Mentions spéciales pour : Justine et Chloé Dufour-Lapointe (Canada, Ski acrobatique), Delphine et Estelle Cascarino (France, Football), Léa et Ellen Sprünger (Suisse, Athlétisme), Karen et Sarah Josephson (Etats-Unis, Natation Synchronisée), Marine et Romane Ménager (France, Rugby)

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