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Women’s Champions League : Retour sur les derniers 1/4 de finale du Paris Saint-Germain

Opposée ce samedi à l’équipe d’Arsenal en quart de finale de la Women’s Champions League, Paris parvient à ce stade de la compétition pour la cinquième fois. Retour sur les quatre précédents du club de la capitale dans le top 8 européen.

Ce n’est plus une surprise de les voir à ce niveau-là : finalistes de la compétition en 2015 et 2017, les Parisiennes, membres à part entière du gratin européen depuis le rachat de QSI en 2011, raffolent des quarts de finale. En quatre participations, elles s’en sont sorties à trois reprises pour accéder au dernier carré. Cette saison, les joueuses de la capitale, si proche d’un titre à l’échelon national (elles ne possédaient que trois points de retard sur Lyon à 6 journées de la clôture de la D1 Arkéma, et se sont inclinées face à ces dernières en finale de la Coupe de France aux tirs au but) veulent afficher leurs ambitions. Arsenal, troisième du dernier Championnat d’Angleterre, sera un vrai test, d’autant que contrairement à d’habitude, il n’y aura qu’un match sec de 90 min, sur terrain neutre, le 22 août à Bilbao. Une élimination serait un vrai coup d’arrêt pour le club de la capitale, amené à briller dans la compétition depuis plusieurs années, mais toujours dans l’ombre du grand Lyon, que les coéquipières de Kadidiatou Diani pourraient retrouver dans le dernier carré. Voici leurs quatre précédents affrontements au stade des quarts de finale de la Ligue des Champions.

PSG – Glasgow City (2-0, 5-0)
2014-2015

Une première réussie. Face à Glasgow, alors octuple champion d’Écosse, Paris, mené par les Tricolores Delie, Boulleau et Hamdaoui, déroule face à un adversaire nettement inférieur. Il faut dire que le PSG s’est encore renforcé lors de l’intersaison, avec le recrutement d’internationales de renom : l’Allemande Allushi (79 sélections 18 buts), qui finira meilleure passeuse du club durant cette saison, et la métronome de l’entrejeu suédois Caroline Seger (204 sélections, 28 buts). Deux joueuses qui viennent garnir un effectif déjà bien fourni. Sûres de leur force, les Parisiennes ont réalisé un authentique exploit au tour précédent : éliminer l’ogre lyonnais sur une double confrontation (1-1, 0-1).

A Glasgow, le PSG assomme l’adversaire d’entrée lors du match aller : Anissa Lahmari, pur produit de la formation parisienne alors âgée de 18 ans, inscrit une superbe reprise pour son premier match en pro (19e). Une réalisation à laquelle s’ajoute un but de Hamdaoui (53e), trouvant la lucarne à la suite d’une combinaison parfaite sur corner. Pour le retour au Parc, le PSG active le mode-rouleau compresseur : après le but contre sans camp écossais de Lappin (26e), Marie-Laure Delie, en train d’enchaîner une deuxième saison consécutive à plus de 25 buts, inscrit un doublé en début de seconde période, suivie d’un penalty de Dellanoy (65e) et un but de Dali (87e). Cette année-là, Paris, clairement la meilleure équipe d’Europe sur le plan du jeu, fera tomber les doubles championnes d’Europe en titre de Wolfsbourg (0-2, 1-2) avant de voir le rêve s’échapper de peu, lors de la grande finale perdue face à Francfort (2-1).

PSG-Barcelone (0-0, 1-0)
2015-2016

Après la cruelle désillusion de l’année précédente, Paris compte bien revenir en finale de la plus prestigieuse des compétitions lors de cette saison 2015-2016. Avec des arrivées XXL, celles de la meilleure buteuse de l’histoire de la Ligue des Champions Anja Mittag, et des stars brésiliennes Christiane et Erika, l’équipe de Farid Benstiti y croit plus que jamais, d’autant qu’elles signent une saison probante en D1, chatouillant l’OL de très près. Encore une fois dans le top 8 européen, le PSG s’attaque cette fois à un plus gros morceau que l’année précédente, qui n’est autre que le FC Barcelone, quadruple champion d’Espagne. Une équipe émergeant du gratin européen, qui reste tout de même loin des standards parisiens et de leur force de frappe offensive de calibre mondial. Pourtant, tout ne se passe pas comme prévu.

Ultra-dominateur lors du match aller au Mini Estadi de Barcelone (0-0), Paris n’a pas su trouver la faille, bien maladroit face aux cages catalanes (10 tirs, 1 seul cadré). La lumière survient lors du match retour, et porte un accent bien brésilien. À l’issue d’un match très tendu, le PSG trouve la délivrance à la 85e minute, lorsque la latérale Rosana réalise un centre parfait pour sa compatriote Cristiane. Sa tête plongeante libère les 10 000 spectateurs du Stade Charléty. Mais en demi-finale, ‘Ronaldinha’ ne pourra pas reproduire de miracles, totalement désemparés face à l’armada lyonnaise, qui, après trois saisons d’échec sur la scène européenne, s’apprête à reprendre son hégémonie. Le score final est sans appel. Les joueuses de la capitale sont humiliées 8-0 sur l’ensemble des deux matches. Non, Paris, malgré le mirage, n’était visiblement pas prêt en 2016. Et ce qui est encore plus cruel, c’est qu’il a peut-être bien laissé passer sa chance lors de cette saison. Car depuis, Lyon, plus impérial que jamais, a enchaîné quatre sacres européens consécutifs. Frustrant.

PSG-Bayern Munich (0-1, 4-0)
2016-2017

Paris veut laver l’affront de la claque subie la saison précédente. L’exercice 2016-2017 entonne une nouvelle ère, celle d’un recyclage massif de l’effectif. Exit Farid Benstiti, coach depuis 2012. Patrice Lair, ancien entraîneur de l’OL féminin (2010-2014) est nommé à la tête de l’équipe, qui se rajeunit considérablement. Mittag, Alushi, Seger et Horan, soldats d’expérience des dernières saisons, partent. Le club veut en effet miser considérablement sur sa formation et l’arrivée de jeunes pousses championnes d’Europe des moins de 19 ans (Geyoro, Cissoko, Couturier, Katoto) enclenche une nouvelle dynamique. Pour garder de la bouteille dans le groupe, Paris recrute les deux internationales espagnoles Irène Paredes et Veronica Boquete, ainsi que la vétérante brésilienne Formiga (198 sélections, 30 buts).

Battant Lyon à domicile (1-0) en début de saison, le PSG, moins flamboyant, mais plus solide que les saisons précédentes, ne séduit pourtant plus sur la scène européenne. Évitant de près la catastrophe dès son entrée dans la compétition face aux Norvégiennes de Lillestrom (1-3, 4-1) en 1/16 ème de finale, Paris semble atteint psychologiquement par ses déboires des dernières saisons, manquant toujours, de près comme de loin, le Graal européen. Pourtant, leur tableau leur est bien favorable. Après avoir disposé des modestes Suissesses de Zurich (17-0 au total) en 1/8, les joueuses parisiennes se confrontent au Bayern Munich, qui, contrairement à son homologue masculin, reste historiquement tapi dans l’ombre des grands d’Allemagne (Wolfsburg, Postdam, Francfort) chez le sexe opposé. Mais avec un nouveau projet dans la section féminine, les Bavaroises font peu à peu leur trou, devenant championnes d’Allemagne 2015 et 2016.

Solides défensivement, elles peuvent compter sur leur redoutable avant-centre Miedema, prodige de 21 ans issu de la formation néerlandaise. Et lors de ce match aller, c’est bien elle qui fait basculer le scénario, lors d’une rencontre où le PSG s’est cassé les dents sur la gardienne finlandaise Tinja-Riikka Korpela. L’attaquante inscrit l’unique but du match sur le seul tir cadré des Allemandes (1-0, 72e). Une rencontre bien paradoxale, où les Parisiennes, nettement dominatrices, ont pêché dans la finition. Dominer n’est pas gagner. Mais sur 180 min, le forceps du plus entreprenant suffit souvent. Tout en maîtrise, la furia parisienne étrille le Bayern lors du match retour (4-0), grâce à ses stars du front de l’attaque Delie (3e), Cristiane (11e, 54e) et Cruz (42e). Comme quoi, à Paris, les années se suivent et ne se ressemblent pas. La seule chose qui reste identique, c’est la conclusion. Amère. Elles iront jusqu’aux tirs au but de la finale de la Ligue des Champions à Cardiff, vaincues, encore une fois, par l’Olympique Lyonnais (0-0, t.a.b 7/6).

PSG-Chelsea FCW (0-2, 2-1)
2018-2019

Le dernier épisode des épopées parisiennes en Coupe d’Europe. Paris, qui vient de soulever son premier trophée depuis l’arrivée de QSI (2011) avec le sacre en Coupe de France, s’apprête à vivre un exercice 2018-2019 rebondissant en championnat, où, dans un mano à mano d’anthologie avec Lyon, il finira par laisser filer le titre lors du match décisif (5-0 au Groupama Stadium). Orpheline de la meilleure buteuse de l’histoire du club, Marie-Laure Delie, l’équipe se recompose sous l’égide du nouveau coach, Olivier Echafnoui. Les départs de Laure Boulleau, Erika et Delie ne sont pas vraiment compensés, mais Paris parvient toutefois à enrôler la star danoise Nadia Nadim lors de la trêve hivernale. Un renfort de choix alors que le club doit se confronter à un gros morceau en quart de finale de la Ligue des Champions. Chelsea, demi-finaliste de la dernière édition, est le symbole d’un Championnat anglais qui travaille d’arrache-pied pour combler l’écart de niveau avec les clubs français et allemands.

Le club londonien a notamment signé l’une des meilleures attaquantes au monde : l’Australienne Sam Kerr. Chelsea, munie de sa flopée d’internationales anglaises, montre les crocs. Et Paris se fait piéger dès le match aller. Lors d’une rencontre d’un faible niveau technique, Kirby (73e) puis la surpuissante Erin Cuthbert (88e) douchent le PSG (2-0), qui avait pourtant la mainmise de l’entrejeu. Le club de la capitale est dos au mur et les démons des années précédentes ressurgissent. Pourtant, les joueuses d’Olivier Echouafni ne se sont encore jamais fait éliminer en quart de finale de la plus prestigieuse des Coupes d’Europe. Le scénario du match retour, disputé à Charléty, est parfait dans son entame. Tentant un ambitieux 3-4-3, le coach parisien titularise la jeune recrue américaine Cook en défense. Insaisissable sur son aile, Kadidiatou Diani redonne de l’espoir à la reprise d’un centre (1-0, 47e). Les Londoniennes, plus atteintes physiquement, se font ensuite punir sur une errance de leur gardienne Berger, ex-portière du PSG (2-0, 56e). Mais les doutes se réinstallent. Pas aidé par une Katoto trop maladroite, la grande absente de la liste de Corinne Diacre pour la Coupe du Monde 2019, Paris ne fait pas le break décisif. Et ce qui devait arriver arriva. Kirby détruit toute ambition francilienne, inscrivant la volée de la gagne à la 91e minute (2-1, score cumulé 2-3).

Et désormais Arsenal …

Pour la jeune équipe du PSG (23 ans de moyenne d’âge malgré la présence de Formiga, 41 ans), la sentence est cruelle. Comme presque chaque saison, elles ne passent pas bien loin de la symbiose parfaite d’un groupe pour prétendre aller au bout. Il manque pourtant ce petit ingrédient qui doit faire, dans les moments clés, la différence. Peut-être la présence dans les grands rendez-vous de Marie-Antoinette Katoto, qui marche pourtant sur l’eau depuis trois saisons en D1 Arkéma. L’heure approche pour les Parisiennes. Cette fois-ci, elles n’auront pas le droit à l’erreur dans cette confrontation unique face aux Anglaises d’Arsenal. Cela pourrait bien les desservir. Mais avec ce format de rafistolage dû à la pandémie, c’est aussi peut-être l’année ou jamais. Lyon, probable adversaire en cas d’accession dans le dernier carré, est un géant irrésistible. Mais il peut se montrer bien plus atteignable sur 90 minutes, que sur le double de ce temps. Affaire à suivre.


Photo à la une : (@AFP)

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