Football

Les Joueuses, un documentaire qui célèbre la place des femmes dans le football

Alors qu’il sortira le 9 septembre en salles (le 2 septembre à Lyon), nous avons pu voir Les Joueuses de Stéphanie Gillard en avant-première.  Alors que vaut ce documentaire suivant le quotidien de la meilleure équipe de football féminin du monde, l’Olympique Lyonnais ?

Rares sont les documentaires qui prennent le parti de mettre en avant des sportives. C’est pourtant le pari qu’a souhaité relever Stéphanie Gillard en décidant de suivre pendant plus de 4 mois les joueuses de l’OL féminin dans leur quotidien. Tourné entre février et mai 2019, Les Joueuses offre aux spectateurs une immersion dans le vestiaire de la meilleure équipe du monde à un moment charnière : la fin d’une saison qui a vu l’équipe de Reynald Pedros réaliser le triplé Championnat, Coupe de France, Ligue des Champions.

Au cœur d’une équipe féminine de football

Une plongée dans l’intimité des joueuses qui est rendu possible grâce au travail impressionnant de la réalisatrice qui, grâce à de longs plans séquence sur le terrain à l’entraînement ou en match, donnerait presque au spectateur la sensation de faire partie de l’équipe. Ayant fait le choix éditorial de ne pas interroger les joueuses en tête à tête, Stéphanie Gillard les capte plutôt dans leurs discussions quotidiennes, les filme à table, en dehors du centre d’entraînement, en voiture, etc. et capte des instants de vie qui en disent plus que n’importe quelle interview.

Et cette impression de faire partir de l’équipe est renforcée par le travail autour des sons. Amplifiés, ils donnent vie au silence. Chaque bruit de chaussures qui tapent contre le ballon, de crampons qui martèlent le sol, de respirations de joueuse, … donne corps au documentaire. Comme pour rappeler que le football ce n’est pas que la clameur d’un stade, c’est également le calme de la concentration et de la préparation…

Un documentaire uniquement à l’attention des supporters lyonnais ?

Bien sûr les supporters lyonnais prendront probablement encore plus de plaisir que quiconque en visionnant ce film mais la force de celui-ci c’est qu’il saura séduire tous les amateurs de sport. Car au-delà de l’OL Féminin, c’est tout le processus d’une sportive pour arriver au meilleur niveau qui est présenté ici. Nombreuses sont les discussions entre Melvine Malard ou Selma Bacha avec leur capitaine Wendie Renard pour faire part de leurs doutes et interrogations quant à l’avenir et leur capacité à devenir celles qui feront briller le football de demain. « Je pense que je n’aurai jamais confiance » se confie Selma Bacha. Sa capitaine de rétorquer pleine de sagesse et d’expérience « Ça vient avec le travail ».

Et cette transmission fait véritablement partie de l’ADN de ce club. Amel Majri raconte qu’elle a beaucoup appris de Kenza Dali à ses débuts et aujourd’hui c’est à son tour d’être un modèle pour la jeune Selma Bacha.

Enfin, il faut voir ce documentaire pour comprendre comment les Lyonnaises ont la victoire en elles, comment chaque mini-jeu et exercice à l’entraînement devient un succès à aller conquérir. Rien n’est laissé au hasard et chaque joueuse qui a un jour porté le maillot lyonnais a cette détestation de la défaite en elle. Eugénie Le Sommer le résume d’ailleurs ainsi : « Quand tu arrives dans l’équipe, tu sens qu’il y a cette envie de victoires, cette histoire, ces titres. (…) C’est un peu l’ADN de l’équipe qui reste. Peu importe les joueuses : elles partent, d’autres arrivent mais il y a toujours cet ADN à l’OL Féminin ».

Interroger la place des joueuses de football dans notre société

Si les joueuses de l’OL Féminin peuvent sembler avoir un statut privilégié, grâce au travail de Jean-Michel Aulas depuis près de deux décennies pour leur donner un statut similaire à celui des garçons au sein du club, il n’en reste pas moins qu’être joueuse de football aujourd’hui, ce n’est pas une chose aisée. Et pour montrer cela, le documentaire offre une approche novatrice car il expose toute l’énergie et les sacrifices des joueuses au quotidien pour que leur discipline existe aux yeux du monde et qu’enfin toutes les footballeuses puissent être respectées.

Afin de présenter cela, la réalisatrice n’est pas allée interroger les joueuses sur leurs ressentis mais a plutôt choisi de retransmettre des bribes de leurs conversations à ce sujet. À cet égard, les échanges entre Jess Fishlock et Ada Hegerberg sont passionnants. Toutes deux racontent comment elles ont sacrifié leur place en sélection nationale pour que les choses évoluent positivement dans leur pays. Elles sont parmi les meilleures joueuses du monde, travaillent dur au quotidien mais n’en oublient pas pour autant les causes qu’elles défendent, et ce, peu importe l’énergie que cela nécessite de déployer. Ces filles sont des modèles et des pionnières et c’est sans doute grâce à elles que le combat de l’égalité entre la pratique masculine et féminine du football sera remporté d’ici quelques décennies.

Pour l’heure, les joueuses de football sont encore trop souvent reléguées au second plan et c’est pourquoi, il est à espérer que Les Joueuses sera vu par une foule de spectateurs afin d’accélérer encore un peu plus l’essor du football féminin en France. Car comme il est inscrit sur les baskets d’Ada Hegerberg dans le film : « We had to be seen because we couldn’t be heard ».

Les Joueuses – #Paslapourdanser de Stéphanie  Gillard, à voir dès le 9 septembre au cinéma.

Avant-première le 2 septembre au Pathé Vaise (Lyon) en présence des joueuses.

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