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Women’s Champions League : Zoom sur Arsenal, futur adversaire du PSG

Opposé aux Parisiennes ce samedi en quart de finale de la Ligue des Champions, le club londonien d’Arsenal fait office d’outsider. Mais il a cependant une belle allure de coupeur de tête. Revue des forces en présence.

Seule équipe, avec les Suédoises d’Umëa (2003,2004) à avoir stoppé l’hégémonie franco-allemande en Ligue des Champions, Arsenal, sacré sur la scène européenne en 2007, fait figure de club historique sur le Vieux Continent. Son CV, sans doute le plus prestigieux des clubs d’outre-Manche, n’a pas de quoi le faire rougir face à ce « jeune gros poisson » que représente le PSG. 15 fois championnes d’Angleterre, 14 fois sacrées en Coupe d’Angleterre, si Arsenal s’est fait chahuter ces dernières années par l’émergence sur l’échiquier anglais de Chelsea, Liverpool et Manchester City, le privant de titre entre 2012 et 2019, le club parvient à se maintenir aux premières loges d’une Premier League Féminine calquée sur son homologue masculin, et dont le but est de combler l’écart de niveau avec les championnats allemands et français.

Mais face au pedigree parisien de ces dernières saisons, finaliste de la Coupe d’Europe en 2015 et 2017, et son effectif de stars (Huitema, Nadim, Formiga, Paredes, Katoto), Arsenal ne peut pas tout simplement pas tenir les comparaisons. Il n’est plus aussi costaud sur la scène européenne qu’auparavant (vainqueur en 2007, demi-finale en 2011, 2012 et 2013). Tout simplement, car il ne s’est pas qualifié pour la plus prestigieuse des coupes d’Europe durant plus de 5 ans (sa dernière présence était en 2013-2014, où le club s’était incliné en quart de finale face à Birmingham). Une éternité. Seules Danielle Carter (attaquante, Angleterre, 5 sélections) , Kim Little (milieu, Écosse, 137 sélections) et Jordan Noobs (milieu, Angleterre, 47 sélections) sont les survivantes inusables de cette époque. Pourtant, depuis deux ans, les Gunners revivent. Et cette confrontation a tout d’un match piège pour le Paris Saint Germain.

Leur saison : Prises à défaut face aux gros

Impérial lors de l’exercice 2018-2019 en Premier League, avec en conclusion un 15e sacre obtenu haut la main devant Manchester City (7 points d’avance), Arsenal s’est montré trop inconstant cette saison pour espérer prétendre aux deux premières places du championnat anglais, qualificatives pour la Coupe d’Europe. L’équipe de Joe Montemurro a subi la loi du Chelsea de Sam Kerr à l’aller (1-2) et au retour (4-1), et a perdu le duel décisif face à City (défaite 2-1 à une journée de la suspension de la saison). Les Gunners butent donc à respectivement 3 et 4 points de leurs deux rivales. Un goût d’inachevé pour elles, alors que les 7 dernières journées du championnat n’ont pas été jouées. En produisant un jeu très offensif (40 buts inscrits en 15 matches), l’audace des pensionnaires du Meadow Park n’a pas payé.

En Ligue des Champions, les deux premiers tours ont été en revanche royalement bien négociés. Victorieuses de Florence (ITA) en 1/16 de finale (2-0, 4-0), les Rouge et Blanc n’ont pas fait de fioritures face aux Tchèques du Slavia Prague (5-2, 8-0). C’est de cette (belle) manière-là qu’elles rejoignent le top 8 européen, pour la première fois depuis 2014. Mais c’est un fait : Arsenal n’a pas rassuré cette saison lors des gros tests. Chelsea et Manchester City, équipes phares du championnat anglais, ont une nouvelle fois réussi à renverser la vapeur sur l’hégémonie des Gunners, sacrées 9 fois d’affilée sur le trône anglais entre 2004 et 2012, et dont la machine semblait pourtant repartir pour de bon depuis leur saison 2018-2019 majuscule (18 victoires en 20 matches, 70 buts pour 13 encaissés).

La joueuse à suivre : Viviane Miedema

Elle est l’atout numéro 1 des Gunners. Depuis son arrivée sur les bords de la Tamise il y a 3 ans, Vivianne Miedema marche sur l’eau. L’internationale néerlandaise (88 sélections, 69 buts) vient d’achever une deuxième saison consécutive en tête du classement des meilleures buteuses de Premier League (16 buts en 16 journées, contre 21 buts en 20 journées l’année passée). Dotée d’une force de frappe monumentale, la droitière d’1m 75, chirurgicale devant le but, est aujourd’hui considérée comme l’une des meilleures avant-centre au monde. Un véritable bijou, arraché au Bayern Munich en 2017, autour duquel Arsenal veut se reconstruire. Avec un ratio époustouflant de 0,91 but par match depuis son arrivée au club, Miedema s’éclate chez les Gunners. Olivier Echafnoui est prévenu. Sa défense devra museler particulièrement la native de Hoogeveen, qui dispose par ailleurs d’une science du placement hors-norme. Mais si il y en a une qui peut faire basculer le choc Paris-Arsenal, c’est bien elle.

L’équipe : Du talent offensif et des renforts de choix

Viviane Miedema est une joueuse hors-norme. Mais il serait mal juger la qualité de l’effectif des Gunners que de le résumer à sa seule buteuse, aussi capitale soit-elle. Car oui, après la période de transition au début des années 2010, le club londonien veut se reprendre en main. Et ses achats malins de ces dernières saisons en font aujourd’hui l’un des meilleurs effectifs d’Europe sur le papier. Tout d’abord, il faut souligner la présence dans l’entrejeu d’une autre finaliste néerlandaise de la Coupe du Monde 2019 : Danielle Van de Donk (104 sélections, 21 buts), au club depuis 2015, brille par son assise technique au centre du terrain. La joueuse de 28 ans, très prolifique (28 et 20 passes décisives en 74 apparitions sous le maillot d’Arsenal) forme un duo complémentaire avec sa compatriote Miedema, qu’elle arrose de ballons bien sentis dans le sens du jeu. Van de Donk, sous son petit gabarit (1,60m) transpire le football.

A ses côtés, les infatigables Kim Little, meneuse de jeu virevoltante, et la relayeuse Jordan Noobs forment un trio bien complémentaire. Joe Montemurro pourrait aussi s’appuyer sur la jeune recrue Malin Guts, débauchée du Grasshopper Zurich. La jeune prodige Suisse (18 ans, 8 sélections) a complété un mercato agité du côté des arrivées : pour combler le départ de la gardienne française Pauline Peyraud Magnin, Arsenal a signé l’Australienne Lydia Williams (80 sélections), passée par les États-Unis et la Suède, qui va apporter de la sérénité dans l’arrière-garde des Rouge et Blanche. En défense, Arsenal s’est renforcé, avec une autre star de l’équipe d’Australie : la latérale polyvalente Steph Catley (26 ans, 82 sélections), référence mondiale à son poste, débarque à Londres, tout comme la Suisse Noëlle Maritz (24 ans, 73 sélections). L’attaque, flamboyante, brille par l’apport offensif de deux joueuses majeures des Gunners ces dernières saisons : l’Australienne Foord (25 ans, 72 sélections) et l’Anglaise Beth Mead (25 ans, 19 sélections) encadrent parfaitement Miedema sur le front de l’attaque, et composent aujourd’hui l’un des meilleurs trios d’Europe.

L’équipe type d’Arsenal : Williams (G), Williamson, Beattie, Catley, Maier , Nobbs, Van de Donk, Little, Foord, Mead, Miedema

En modifiant et améliorant presque un tiers de son 11 titulaire durant l’intersaison, Arsenal a de quoi faire peur au PSG. Mais si Paris possède aujourd’hui un avantage sur son homologue anglais, il pourrait se trouver dans le vécu et l’expérience du groupe. Rodé depuis des années, le PSG a su recycler le départ de ses stars internationales (Cristiane, Cruz et Rosanna sont parties, Huitema, Nadim et Luana sont arrivées) en s’appuyant sur son centre de formation (Geyoro, Katoto)… Le vice-champion de France, qui a joué les yeux dans les yeux avec l’Olympique Lyonnais, référence indétrônable du football européen, jusqu’à la coupure de la saison, semble être mieux armé collectivement pour s’imposer face à Arsenal. Mais les Gunners, en quête de rédemption en Coupe d’Europe, vont vendre chèrement leur peau. Et leur effectif, composé aussi quasi essentiellement de joueuses de calibre international, ne doit pas être pris de haut par les Parisiennes, qui ont vécu un fiasco l’année passée face à un autre club anglais, Chelsea.


Photo à la Une : (@Arsenal)

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