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WTA : Cincinnati, premier gros test

Le tournoi américain, classique moderne de la saison tennistique, est organisé du 22 au 28 août, comme un avant-goût de ce qui se profilera la semaine suivante pour l’US Open.

Cincinnati, sous son vrai nom de Western & South Open, est une destination privilégiée des meilleures joueuses du circuit, puisqu’au regard du calendrier, l’épreuve se place juste avant l’habituel quatrième Grand-Chelem de la saison, l’US Open. Tournoi de catégorie Premier 5 (troisième catégorie par l’importance, derrière les Majeurs et les tournois Premier Mandatory) , il offre 900 points WTA a la lauréate. En comparaison, les ‘Premier Mandatory’ rapportent 1000 points, et les Grand-Chelems 2000 points. C’est donc un score non négligeable pour les joueuses, surtout au vu du raccourcissement de cette année 2020. Oui, les points compteront double jusqu’à la clôture de la saison.

Se disputant ordinairement sur le site du Lindner Family Tennis Center, et ses courts en dur (plus précisément Decoturf II, surface de vitesse semi-rapide), le tournoi de l’Ohio migre cette année en direction de New York, pandémie du coronavirus oblige. Créé en 1899, l’historique épreuve, berceau du tennis américain, a eu quelques difficultés à se faire une place définitive sur le circuit mondial féminin. Durant l’ère Open, Cincinnati, longtemps en concurrence dans le calendrier avec le riche tournoi de Bol (Croatie) a été laissé de côté entre 1973 et 1990, puis entre 1982 et l’édition 1988, et n’est ensuite revenu qu’en 2004, à l’occasion de la réforme du calendrier WTA. Ayant vu évoluer sur ses courts les meilleures joueuses de l’ère moderne, le tournoi a, malgré ses passages à vide, abrité des lauréates de grand renom : Margaret Court (1972), Martina Navratilova (1980), Lyndsey Davenport (2004) ou Serena Williams (2014, 2015), seule tenniswoman doublement couronnée dans l’Ohio avec Barbara Potter (1982, 1988). Cincinnati, cette année rafistolé US Open 2.0 puisqu’il prendra place dans l’enceinte de Flushing Meadows, est devenu un incontournable de la tournée américaine, avec l’Open du Canada, Miami, Indian Wells et L’US Open.

Palmarès de l’épreuve sur les dix dernières éditions

2010 : Kim Clijsters ( face à Sharapova )

2011 : Maria Sharapova (face à Jankovic)

2012 : Li Na (face à Kerber)

2013 : Victoria Azarenka (face à S.Williams)

2014 : Serena Williams (face à Ivanovic)

2015 : Serena Williams (face à Halep)

2016 : Karolina Pliskova (face à Kerber)

2017 : Garbine Muguruza (face à Halep)

2018 : Kiki Bertens (face à Halep)

2019 : Madison Keys (face à Kuznetsova)

Les forces en présence

Le constat est bien opaque, mais révèle un sentiment net : l’épidémie effraie la plupart des joueuses professionnelles. Et à priori, le Covid-19 n’a pas fini de défigurer le tennis mondial. Alors que la saison a repris il y a deux semaines avec le tournoi de Palerme, la plupart des joueuses européennes, asiatiques et océaniennes ont préféré renoncer à se présenter sur le continent américain. Cincinnati 2020 sera donc orphelin de la plupart de ses têtes d’affiches, dont Ashleigh Barty (n°1), Simona Halep (n°2), Elina Svitolina (n°5), ou encore Kiki Bertens (n°7), sceptiques quant aux conditions sanitaires attendues outre-Atlantique. Biancu Andreescu (n°6), lauréate de l’US Open 2019, et Garbine Muguruza (16e) déclarent quant à elles forfait sur blessure.

Comme attendu, le plateau, un peu moins dense, accueillera tout de même des noms ronflants, avec la présence en force des Américaines : Sofia Kenin (n°4) fera son grand retour à la compétition après un début de saison sur les chapeaux de roue, alors que Serena Williams (n°9), Sloane Stephens (n°37) et Madison Keys (n°13), qui remettra son titre en jeu, seront également attendues. La Tchèque Karolina Pliskova (n°3) sera tête de série numéro 1 d’un tableau qu’a également rejoint la Japonaise Naomi Osaka (n°10). Une ancienne lauréate du tournoi (2010) a effectué également son grand retour à la compétition. A 37 ans, Kim Clijsters, ex numéro 1 mondiale et sortie cette saison d’une retraite prise en 2012, a déclaré forfait à la fin du tournoi de qualifications de Cincinnati, dont elle était sortie. La Belge, souffrant d’une lésion abdominale, est incertaine en vue de l’US Open, où elle a obtenu un wild-card.

Le tableau

Ce vendredi, le tirage au sort de Cincinnati a livré son verdict. La partie haute du tableau s’annonce très dense. Karolina Pliskova aura notamment affaire à deux anciennes gagnantes en Grand-Chelem, Naomi Osaka et Petra Kvitova. Pliskova, tête de série numéro 1 et donc exempte du premier tour, affrontera Veronika Kudermetova ou Alja Tomljanovic pour son entrée dans le tournoi, avant un potentiel 1/8 de finale contre Elise Mertens, et un 1/4 face à Sabalenka. Naomi Osaka pourrait être elle confrontée à un duel explosif face à la véterante Venus Williams (40 ans), dès les 1/8 de finale.

Dans la partie basse, Serena Williams, malgré une entame relativement facile (Alison Van Utyvanck ou une qualifiée), aura un match piège dès les 1/8 de finale. Sa compatriote Cori Gauff, de 21 ans sa cadette, pourrait la rejoindre, si elle s’impose face à la Grecque Maria Sakkari. Le choc des générations serait une affiche très attendue. Triomphante à l’Open d’Australie, en janvier dernier, Sofia Kenin retrouvera sur sa route Donna Vekic, Sloane Stepens, ou encore Madison Keys, tenante du titre.

Côté Tricolore, Kristina Mladenovic sera opposée à Sevastova pour son premier tour, Alizé Cornet croisera le fer avec la locale McNally, et Caroline Garcia tentera de retrouver des sensations contre l’ex vainqueur de l’US Open, Sloane Stephens.

Les 1/8 de finale théoriques :

Pliskova (1) – Mertens (14)

Riske (11) – Sabalenka (5)

Osaka (4) – Yastremska (16)

Kontaveit (12) – Kvitova

Konta (8) – Vondrousova (10)

Sakkari (13) – Williams (3)

Keys (7) – Rybakina (9)

Vekic (15) – Kenin (2)

Les stats à retenir

3 : comme le nombre d’anciennes gagnantes du tournoi présentes cette saison dans le tableau. À savoir, Victoria Azarenka (2013), Serena Williams (2014 et 2015) et Madison Keys (2019). A l’inverse, Garbine Muguruza (2017) et Kiki Bertens (2018) seront absentes.

11 400 : comme le nombre de spectateurs pouvant contenir sur le Lindner Family Tennis Center, terrain mythique de l’épreuve. 5ème plus grand stade de tennis sur le sol américain, l’enceinte, située à Mason, à environ 35 km de Cincinatti, n’abritera aucun spectateur cette année. Pas plus qu’à New York, où les matches du tournoi, délocalisés, ainsi que ceux de l’US Open qui suivront se joueront à huis clos.

35 % : comme le pourcentage des titres enlevés par des Américaines dans le tournoi depuis le début de l’ère Open (1968). Ce n’est pas vraiment une surprise, tant elles ont à coeur, de Cincinnati à Miami, de New York à Indian Wells, de performer devant leur public.

27 : Comme le nombre de tournois remportés par Serena Williams sur le sol américain. C’est plus du tiers de la totalité de ses titres remportés depuis le début de sa carrière (73). Lauréate en 2014 et 2015, la femme aux 23 titres du Grand Chelem aimerait tripler la mise cette semaine, histoire de frapper passer un message sur son état de forme juste avant l’US Open.

3 : Comme le nombre de Tricolores présentes dans le tableau féminin cette année. Fiona Ferro, blessée, préfère se préserver pour Roland Garros, au contraire de Mladenovic, Garcia et Cornet, qui ont des points à aller chercher sur cette tournée.


Photo à la Une : (@AP)

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