FootballFootball : Championnats étrangers

5 questions à … Karima Benameur (Manchester City)

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Après quinze saisons passées en France, notamment sous les couleurs du Toulouse FC, du Paris Saint-Germain et du Paris FC, Karima Benameur est partie à la conquête de l’Angleterre en 2019, en rejoignant les rangs de Manchester City. Une expérience déjà réussie pour l’internationale française, qui s’est offert un challenge croustillant au sein d’un des meilleurs clubs du Vieux-Continent. Pour Le Sport au Féminin, la gardienne s’est longuement confiée. Extraits.

C’était l’un des objectifs de sa carrière. Partir à la conquête d’un autre championnat, s’offrir une expérience à l’étranger, qui plus est dans l’un des plus grands clubs d’Europe. En juillet 2019, après quinze saisons passées dans l’Hexagone, Karima Benameur a rejoint les rangs de Manchester City, un club en plein essor, champion d’Angleterre en 2016 et qui ambitionne de grandir encore sur la scène européenne.

Après une première saison où elle a terminé deuxième du championnat suite à l’arrêt des compétitions, la Française entend se faire une place au sein de l’effectif pléthorique des Skyblues. Pour Le Sport au Féminin, l’internationale tricolore s’est longuement confiée. Son arrivée en Angleterre, son regard sur la D1 Arkema ou encore l’équipe de France, la native de Bédarieux n’élude aucun sujet. Entretien exclusif.

Karima Benameur à l’entraînement avec Manchester City (©ManchesterCityWomen)

Son choix de rejoindre Manchester City

J’avais envie de découvrir un nouveau championnat, d’autres façons de jouer et de s’entraîner. J’avais besoin d’être dans un nouvel environnement. Manchester City est arrivé et je n’ai pas beaucoup réfléchi. Mon adaptation ? Cela a été un peu difficile au début car il y avait la barrière de la langue, je ne parlais pas anglais mais les filles ont vraiment été super avec moi. Il a fallu que je m’adapte aux entraînements car c’est très différent de ce que j’ai connu auparavant, au niveau de la musculation, des spécifiques gardiens etc .. J’ai l’impression qu’on travaille différemment qu’en France. Ici, ils sont très focalisés sur la musculation, la mobilité, le stretching. Cela m’a appris de nouvelles choses, à 31 ans c’était un super projet pour moi, de belles choses à découvrir. C’est tout ce dont j’avais besoin !

Son regard sur la saison de son club

On a fait une belle saison, malheureusement tout a été stoppé par le Covid-19. On aurait pu finir premières mais on s’est vite projeté sur la suite et on a envie de faire encore mieux la saison prochaine. La bataille pour le titre avec Chelsea et Arsenal ? Oui c’est très plaisant d’y participer. Notre dernier match contre Chelsea s’est soldé par un match nul spectaculaire (3-3), c’est une bataille à chaque match contre nos concurrents directs. Mais en Angleterre, aucun match n’est gagné à l’avance. Quand on joue contre Manchester United, Everton ce sont de gros combats. On doit resté focus à chacune de nos sorties.

Les arrivées des Françaises en Angleterre

C’est super ! Le championnat français reste compétitif même s’il a encore besoin de progresser et d’évoluer pour devenir un des meilleurs championnats du monde. Aujourd’hui, l’OL, le PSG, Bordeaux et Montpellier notamment font de belles choses pour leur section féminine. Je comprends leur choix de rejoindre l’Angleterre, découvrir d’autres choses est toujours positif, c’est une expérience très enrichissante.

Son regard sur son ancien club le Paris Saint-Germain

Je suis toujours les performances du club. C’est un très gros club avec des joueuses talentueuses, il y a un gros potentiel au PSG pour aller encore plus haut. Supportrice du PSG ? Non ! (Rires).

Les différences entre la FAWSL et la D1 Arkema

C’est différent au niveau physique et tactique. Le niveau est un peu plus élevé en Angleterre car le championnat est plus homogène. L’attractivité est différente car comme je l’ai dit précédemment, chaque match est un nouveau combat, il faut être très exigeant et ne pas se relâcher sous peine de perdre des points en route. La moindre erreur se paie cash ici. C’est également différent en terme d’engouement .. La ligue fait de très belles choses pour promouvoir le football féminin en Angleterre. L’an passé par exemple, les grosses rencontres se sont disputées dans des enceintes mythiques habituellement réservées aux sections masculines (Old Trafford, Anfield etc ..). Il y a beaucoup de supporters ici, les gens nous soutiennent partout. La Ligue fait tout pour augmenter la visibilité du football féminin et c’est très positif.

La Coupe du Monde 2019 en France

J’ai suivi la compétition de loin, j’étais pendant un moment en équipe de France et j’ai appris un peu tardivement que je n’allais pas être de l’aventure. Je l’ai mal vécu et cela a été difficile de regarder tous les matchs. J’ai un peu coupé à ce moment car c’était une période difficile pour moi. J’ai été très contente de leur parcours même si on aurait pu mieux faire. Il y a eu un énorme engouement en France. Un objectif de revenir en Bleues ? Aujourd’hui mon objectif est d’être la plus performante avec Manchester City. Demain si on refait appel à moi, je serai bien évidemment présente, cela reste une fierté de porter le maillot des Bleues.


Photo à la Une : (@ManchesterCityWomen)

Marvin Mathieu

Marvin est l'un des fondateurs du site, rédacteur en chef. Grand passionné de sport et de langue depuis son enfance, Marvin a réussi à concilier les deux durant son passage en Espagne, où il a découvert le métier de journaliste. Quadrilingue (Français, Anglais, Espagnol, Russe), ce Cagnois de vingt-trois ans a décidé de se lancer dans l'aventure du sport féminin, en créant officiellement "Le Sport au Féminin", le 25 février dernier.

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