FootballFootball : UEFA Women's Champions League

Women’s Champions League : Les finales, festin de Lyon

En quête d’un septième sacre européen, l’Olympique Lyonnais parvient à nouveau en finale cette saison : une dernière marche qui ne l’impressionne même plus. Car depuis 10 ans, le club rhodanien est allé 8 fois jusqu’au palier ultime de l’Europe. Et est sorti victorieux à 6 reprises. Époustouflant.

Rien ne les arrête. Ni les adversaires ni le burlesque d’une saison qui a cassé leur rythme effréné : Lyon est sûr de sa force. Le match qui l’attend dimanche au mythique Stade Anoeta de Saint Sébastien sera des plus prestigieux, face à Wolfsbourg, autre grand habitué des sommets européens. L’OL, privé de plusieurs de ses titulaires, va devoir encore hausser son niveau de jeu après les courtes victoires contre le Bayern Munich et Paris. Bonne nouvelle : c’est une caractéristique que l’équipe de Jean-Luc Vasseur maîtrise à merveille. Et plus globalement dans l’histoire, Lyon n’est jamais été aussi fort qu’en touchant au but.

Finale 2009-2010 : Lyon – Postdam (0-0, 6-7 a.p)

Il faut une première à tout. Ce 20 mai 2010, Lyon a appris à ses dépens qu’un novice ne débarque jamais en terrain conquis en Ligue des Champions. Participant aux phases finales de C1 pour la troisième fois seulement, l’OL, éliminé les deux années précédentes en demi-finales, va échouer tout près du Graal. Face au FFC Postdam d’Anja Mittag, champion d’Europe en 2005, les joueuses de Farid Benstiti font jeu égal tout au long d’une rencontre hachée, qui se conclut finalement sur une séance de tirs au but au scénario hitchcockien. Sarah Bouhaddi, irréprochable, sort la première et la quatrième tentative allemande pour donner deux balles de match à ses coéquipières. C’est alors que la portière Anna Sarholz, 17 ans et en état de grâce, stoppe les tirs de Henry et Herlovsen, avant de voir le tir au but d’Élodie Thomis heurter la barre transversale. Lyon en ressortira meurtri. Il a touché le rêve du bout des doigts, mais n’a pas pu y goûter. Frustrant. Mais on apprend toujours de ces erreurs. La machine n’était pas encore entièrement formée.

Finale 2010-2011 : Lyon – Potsdam (2-0)

La revanche est glaciale. Et Lyon jubile. Exit Farid Benstiti, qui ne sera finalement pas le premier entraîneur à emmener l’OL jusqu’au sacre européen. Patrice Lair arrive avec un nouveau projet de jeu, et recrute français (Abily, Le Sommer, Bompastor, Majri). Son coaching en finale est gagnant. Après l’ouverture du score de Wendie Renard, qui a bien porté son nom en taclant avec succès le ballon à la suite d’un cafouillage dans la surface adverse (1-0, 27e), c’est Lara Dickenmann, entrée en jeu en seconde période, qui fait la différence. Son enchaînement contrôle/demi-volée du gauche sublime délivre les Fenottes (85e, 2-0). L’OL tient sa première victoire européenne. Un véritable déclic. Que serait-il advenu si l’équipe avait échoué deux années d’affilée en finale, qui plus est face aux mêmes homologues allemandes? Nul besoin de refaire l’histoire, les Lyonnaises ont su parfaitement l’écrire.

Finale 2011-2012 : Lyon-Francfort (2-0)

Dans l’enfer de Munich, où plus de 50 000 fidèles (record absolu pour un match de Ligue des Champions féminine) se prennent à rêver de la fin du règne olympien, l’OL capitalise sur un réalisme froid. Face à Francfort, triple champion d’Europe, les coéquipières de Lotta Schelin rêvent de rattraper encore un peu plus leurs homologues allemandes au nombre de titres. Imposant un impact physique intense, les rhodaniennes se procurent un penalty suite à un bon pressing de Shirley Cruz, qui récupère le ballon avant de se faire crocheter dans la surface. Le Sommer le transforme (1-0, 15e). Cruz, encore elle, délivre quelques minutes plus tard un bon ballon en profondeur vers Schelin, obligeant Désirée Schumann à sortir et dégager de la tête. À la reprise, la volée-lob de Camille Abily est parfaite (2-0, 28e). Dominateur sans être transcendant, l’OL éteint encore les espoirs germaniques. Le score restera inchangé et les joueuses de Patrick Lair deviennent la seconde équipe de l’histoire, après Ümea en 2003 et 2004, à conserver leur titre.

Finale 2012-2013 : Wolfsburg – Lyon (1-0)

Cette fois-ci, Lyon chute, face au nouveau grand d’Allemagne. Pour ses débuts européens, Wolfsburg crée la sensation, et devient la première équipe à remporter la Ligue des Champions lors de sa première participation (excepté la première édition). Les coéquipières de Louisa Nécib, invaincues sur un match de 90 minutes depuis plus de deux ans, s’inclinent douloureusement sur un pénalty de Martina Müller, suite à une main involontaire de Laura Georges. La sentence est cruelle, la domination lyonnaise est stérile. Dans le jardin d’Eden de Stanford Bridge, l’OL signe une première fin de cycle, avec en conséquence le départ avorté de Patrice Lair. La fin d’un règne, illustré par un jeu qui commence à perdre de son tranchant offensif, et la Coupe qui revient sur l’autre rive du Rhin, dont l’hégémonie avait été stoppée par la furia lyonnaise du début des années 2010. La flamme olympienne s’éteint. Mais ce n’était que provisoire.

Finale 2015-2016 : Lyon – Wolfsburg (1-1, 4-3 t.a.b.)

Trois ans après, l’heure de la revanche a sonné pour l’OL, qui a enchaîné les désillusions (élimination dès les 1/8 de finale en 2014 et 2015) sur la scène européenne. Emmené par la prodige Ada Hegerberg (12 buts depuis le début de la compétition), déjà considérée comme l’une des meilleures buteuses d’Europe, Lyon ouvre le score dès la 12e minute par sa buteuse providentielle. Finalement, l’inoxydable Popp arrache l’égalisation en toute fin de match (88e), et la décision se fait lors de la séance des tirs au but, où une immense Sarah Bouhaddi stoppe les tentatives de Fischer et Busaglia. Kumagai, championne du monde 2011 avec le Japon sur le même scénario, inscrit le tir décisif de la séance. L’Olympique Lyonnais remonte sur le trône. Pour de bon. Ce duel était un tournant. Car il a définitivement transformé une équipe de premier plan en ‘dream team’ irrésistible.

Finale 2016-2017 : Lyon – Paris (0-0, 7-6 t.a.b.)

À Cardiff, le maître lyonnais, plein de maturité, ne s’est pas laissé prendre à revers par l’élève parisien. Pourtant, côté rhodanien, la partie s’annonce mal embarquée lorsqu’à la 23e minute, la superstar américaine Alex Morgan, blessée à la cuisse, quitte le terrain. Mais les Parisiennes, maladroites dans les moments clés, butent par deux fois sur Sarah Bouhaddi (Shirley Cruz à la 33e min, Delie à la 62e min). La gardienne lyonnaise est bien dans un grand soir : c’est elle qui donne la victoire finale à son club, en réussissant le huitième penalty de la séance des tirs au but, juste après que son homologue du PSG Kiedrzynek ait raté le sien. Lyon s’envole, ce soir là, un peu plus dans la hiérarchie des clubs européens et rattrape Francfort en tête des clubs les plus titrés de l’histoire de la Women’s Champions League (4 titres).

Finale 2017-2018 : Lyon – Wolfsburg (4-1, ap)

90 minutes amères. Et puis, le bouquet final, lors de 30 ultimes minutes pleines de folie. Wolfsburg est pourtant bien entré dans sa prolongation, ouvrant le score à la 93e minute. Mais, à 27 minutes de la fin du règne, l’OL sort le grand jeu. Les flèches De Sanden et Cascarino entrent, et l’exclusion de Popp condamne les Allemandes. Amandine Henry égalise (98e), suivi par les réalisations de le Sommer (99e) et Hegerberg (103e), néo recordwoman du nombre de buts inscrits en une saison (15 lors de la C1 2017-2018). Abily profite du baisse de rythme et marque (116e) pour son avant-dernier match en carrière. L’OL s’est donc imposé au mental. Comme souvent. Et quand le rouleau compresseur s’active, il est presque impossible de l’arrêter.

Finale 2018-2019 : Lyon – Barcelone (4-1)

Une véritable leçon de football. Lyon n’a joué que 30 minutes, le temps de prendre 4 buts d’avance, avant de gérer au trot la rébellion catalane. Dans son jardin de Budapest, Dzsenifer Marozsan ouvre le score sur un service de Van de Sanden (5e), avant le début du show Ada Hegerberg. Chirurgicale face au cadre, la Norvégienne claque un triplé (14e, 19e, 30e) en seulement 16 minutes. Touchées dans leur orgueil, les coéquipières de Kheira Hamdaoui ont ensuite tenté de réagir. En vain : il a fallu attendre la toute fin de seconde période pour voir une réduction barcelonaise anecdotique de la part d’Oshoala (89e). Lyon en impose, avec son sixième titre européen, le quatrième de rang.

Leur destin est fabuleux, mais ne doit surtout pas être banalisé. L’on parle ici de la référence du football féminin, peut-être encore plus que la sélection américaine, depuis la démocratisation du ballon rond chez les femmes. Lyon doit convertir ses occasions, encore et encore, tant que leur âge d’or perdure. Histoire de ne plus jamais être dépassé.


(Photo à la Une : @OL)

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