TennisTennis : WTA

US Open – Présentation : La quête du majeur, plus atteignable que jamais?

L’arrêt des compétitions ayant sauté Roland-Garros et Wimbledon, l’US Open, habituel quatrième et dernier Grand Chelem de la saison, se place cette année juste après l’Open d’Australie, qui a vu triompher Sofia Kenin en janvier. Entre absence de public, mesures sanitaires drastiques pour les joueuses et tableau orphelin de plusieurs têtes d’affiches, cette édition 2020 aura une allure bien singulière.

Sommet de la tournée américaine sur dur, l’US Open, créé en 1881 et ouvert aux femmes à partir de 1887, est un monument du tennis mondial. Seul Grand-Chelem du continent américain, il se dispute, après une première ère sur herbe jusqu’en 1975 et un passage sur la terre battue durant deux ans, sur dur (surface ecoturf) depuis 1977. Il y a donc, comme pour les trois autres tournois majeurs, 2000 points distribués à la lauréate de l’épreuve, 1300 pour la finaliste et 780 pour les demi-finalistes. Des points précieux, qui, en cette saison écourtée, compteront double pour l’évolution du classement en fin de saison.

Épreuve aussi historique que prestigieuse, l’US Open est clairement le Grand-Chelem de la démesure. Il est le plus grand, le plus gros, le plus riche, bien représenté par son court Central Arthur Ashe, enceinte pouvant abriter plus de 22 000 spectateurs, en faisant ainsi le plus grand stade de tennis au monde. Un cadre grandissime qui risque de créer un contraste atypique avec le silence qui entourera les joueuses. L’US Open, terre de championnes, est avant tout le jardin des Américaines : avant l’ère open, 66 des 87 éditions ont été enlevées par les locales. Et depuis l’ère moderne, (1967), 19 titres ont été empochés par les joueuses d’Outre atlantique, bien aidées par les sextuplés de Serena Williams et Chris Evert. Mais avec l’absence du public cette année, l’avantage pour les Américaines, habituées à se dépasser sous le regard de leur public, risque d’être amoindri. Même si, pour cette édition 2020, qui se dispute (31 août – 14 septembre) juste avant le début de la tournée européenne et Roland Garros (qui débute le 27 septembre), les joueuses venant des autres continents ne seront pas légion face à l’armada étasunienne, quasiment au complet.

Palmarès de l’US open sur les dix dernières éditions

2010 : Kim Clijsters (face à Zvonareva)

2011 : Samantha Stosur (face à S.Williams)

2012 : Serena Williams (face à Azarenka)

2013 : Serena Williams (face à Azarenka)

2014 : Serena Williams (face à Wozniacki)

2015 : Flavia Pennetta (face à Vinci)

2016 : Angélique Kerber (face à Pliskova)

2017 : Sloane Stephens (face à Keys)

2018 : Naomi Osaka (face à S.Williams)

2019 : Bianca Andreescu (face à S.Williams)

Les forces en présence

C’est le principal point noir de cette édition 2020. L’US Open va clairement manquer de noms clinquants. La faute, bien sûr, à un boycott prévisible de la plupart des têtes d’affiche européennes et océaniennes. Dans le top 10 mondial, elles sont 6 à ne pas se présenter à New York : Ashleigh Barty (AUS, 1ère à la WTA), Simona Halep (ROU, 2ème), Elina Svitolina (UKR, 5ème), Kiki Bertens (P-B, 7ème), Belinda Bencic (SUI, 8ème) ainsi que la tenante du titre Bianca Andreescu (CAN, 6ème), forfait sur blessure.

Les Américaines seront donc en force dans le tableau : Serena Williams briguera un 24e titre en Grand-Chelem, le premier depuis l’Open d’Australie 2017, alors que la prodige de 21 ans Sofia Kenin, victorieuse à Melbourne en janvier et tête de série numéro 2, fera figure d’épouvantail. Karolina Pliskova, finaliste malheureuse en 2016 et tête de série numéro 1, sera aussi forcément attendue, mais devra garder une régularité qu’elle a souvent eu du mal à tenir sur plus d’une semaine par le passé. Trois anciennes lauréates de l’épreuve se présentent également avec un statut différent. La Japonaise Naomi Osaka (n°4), titrée en 2018, sera clairement l’une des candidates au titre, malgré une dernière saison en demi-teinte. Elle reste incertaine après son forfait pour la finale du tournoi de Cincinnati, où elle devait affronter Victoria Azarenka ce dimanche. La revenante biélorusse, ex numéro 1 mondiale sera également une revenante à suivre, tout comme Sloane Stephens, victorieuse en 2017 face à Madison Keys. Cette nouvelle-garde américaine, encore un peu tendre dans la longueur d’une saison, mais capable de fulgurances, pourrait profiter d’un tableau dégarni, tout comme Kim Clijsters. Triple vainqueur du tournoi (2005, 2009, 2010), la Belge, absente du circuit entre septembre 2012 et février 2020, va tenter de réaliser l’un des comebacks les plus spectaculaires de l’histoire de son sport.

Côté tricolore, en l’absence de Fiona Ferro, Française la plus en vogue depuis la reprise, les prestations de Caroline Garcia et Kristina Mladenovic, qui commencent à repointer le bout de l’année après des mois de déception, seront à surveiller. Belle satisfaction du début de l’année, Océane Dodin, ex-prodige de la délégation bleue, aura un coup à jouer si elle parvient à se défaire d’Aryna Sabalenka (n°5) dès le premier tour.

Les premiers tours des Françaises :

J.Paolini (ITA) – C.Garcia (FRA, n°32)

K.Mladenovic (FRA, n°30) – H.Baptiste (USA)

L.Davis (USA) – A.Cornet (FRA)

A.Sabalenka (BLR, n°5) – O.Dodin (FRA)

Le tableau

Avec une attribution des têtes de série totalement chamboulée, le tableau féminin de cet US Open 2020 aura une figure singulière. Et c’est peut-être bien ce qu’il y a de plus alléchant. Car plus que jamais, l’incertitude autour de la future lauréate de l’épreuve est grande. Sofia Kenin aura un chemin bien périlleux, puisqu’elle pourrait affronter dès le deuxième tour la finaliste 2010 Zvoraneva dans un match à l’apparence bien piégeuse, et pourrait ensuite tomber sur Elise Mertens, voire Kim Clijsters en 1/8 si elle confirme son retour au plus haut niveau, avant d’affronter Serena Williams ou Madison Keys pour une place en finale.

Dans la partie haute du tableau, les favorites Pliskova et Osaka pourraient bien se retrouver dans le dernier carré, à moins d’une belle performance de Petra Martic (n°8) et Petra Kvitova (n°6). Kristina Mladenovic et Caroline Garcia, qui pourrait affronter Pliskova dès le deuxième tour, auront un tableau bien encombré. Mais avec elles, c’est souvent pour le meilleur comme pour le pire. Alors, au vu du cadre anticonformiste, Flushing 2020 est une très belle occasion pour relancer leur carrière. En bref, difficile de livrer des pronostics clairs sur cette édition 2020, tant le contexte particulier autour du site, le manque de rythme des joueuses et l’absence de nombreuses favorites pourraient tronquer les résultats. Néanmoins, Sofia Kenin, brillante en début d’année, Naomi Osaka, tonitruante il y’a deux ans, et Serena Williams, inusable, se détachent de la meute. D’une courte tête, comme toujours dans le tennis féminin ces dernières années, qui raffole d’exploits.

1/8 de finale théoriques

Pliskova (RTC, n°1) – Riske (USA, n°13)

Vondrousova (RTC, n°12) – Martic (CRO, n°8)

Osaka (JPN, n°4) – Kontaveit (EST, n°14)

Rybakina (KZK, n°11) – Kvitova (RTC, n°6)

Keys (USA, n°7) – Muguruza (ESP, n°10)

Sakkari (GRE, n°15) – S.WIlliams (USA, n°3)

Sabalenka (BLR, n°5) – Konta (GBR, n°9)

Mertens (BEL, n°16) – Kenin (USA, n°2)

Les stats à retenir

3 000 000 : la dotation attribuée en dollars à la future vainqueur du tableau féminin. Les primes totales accordées aux joueuses et joueurs s’élèveront à 53 400 000 de dollars. Un joli chèque qui pourrait redonner à coup sûr, le sourire aux joueuses.

6/9 : le nombre de finales disputées par Serena Williams sur les dernières éditions. Quadruple lauréate de l’édition dans les années 2010, la Reine de Flushing Meadows aura clairement son mot à dire pour cette édition plus qu’ouverte, du haut de ses 38 ans.

49 % : le pourcentage des titres enlevés par des Américaines depuis le début de l’ère open. Si l’on tient compte du fait que Martina Navratilova a empoché ses 4 titres à New York après l’obtention de sa citoyenneté américaine (1981), Flushing Meadows a levé 25 fois les bras sur les 51 premières éditions de l’ère moderne. C’est un pourcentage plus élevé que pour les Françaises à Roland Garros (1 victoire durant l’ère open), pour les Britanniques à Wimbledon (2 victoires) et pour les Australiennes à Melbourne (10 victoires). So Uncle Sam.

10 : le nombre d’années depuis le dernier des trois titres de Kim Clijsters à Flushing Meadows. La Belge, revenue à la compétition cette année après près de 8 ans d’absence, sera l’une des principales attractions du tournoi féminin.

2 : le nombre de records que Serena peut aller chercher en cas de victoire finale. Avec ses 6 titres à l’US open, elle pourrait dépasser celle avec qui elle partage le trône depuis 2014 : Chris Evert, 6 titres également dans la Grosse Pomme. De plus, au nombre total de Grand-Chelems remportés en carrière, Serena Williams pourrait revenir sur les pas de la déesse australienne Margareth Smith Court, qui compte 1 titre de plus (24) que la native du Michigan.

6 : en millions, le nombre de cas de Coronavirus détectés aux Etats-Unis ce lundi. Plus de 183 000 personnes ont succombé à l’épidémie dans le pays le plus touché au monde. Alors certes, si Flushing Meadows est cadenassé durant la quinzaine de compétition, les risques sont grands pour les joueuses.


(Photo à la Une : @Belga)

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page
Fermer