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US Open : Les 5 matchs à ne pas manquer lors de la première semaine

Alors que l’US Open a débuté ce dimanche en fin d’après-midi (17 h française), le tirage au sort, effectué en fin de semaine dernière, permet de faire un bref tour d’horizon des affiches qui pourraient animer la première semaine de compétition. Voici les plus croustillantes.

Océane Dodin (FRA) – Aryna Sabalenka (BLR, n°5)

1er tour

Elle est sans conteste l’une des moins bien loties des quatre Françaises engagées à New York, et ce dès son entrée en lice dans le tournoi. Actuellement à la 118 ème place mondiale, Océane Dodin va croiser le fer avec la tête de série numéro 5, la Biélorusse Aryna Sabalenka. 1/8 ème de finaliste de l’US Open en 2018, la joueuse de 22 ans, 11ème mondiale, bénéficie d’un reclassement dans le tableau qui lui facilite la tâche. Sur le papier. Car cette saison, et malgré un confinement mondial qui a freiné sa belle dynamique, Dodin a montré de très beaux restes. La joueuse de 24 ans, forcée à se retirer des terrains durant plus d’un an à cause de problèmes à l’oreille interne, est décidée à retrouver son meilleur niveau. Quart de finaliste à Saint Pétersbourg et à Lyon, la tricolore va devoir signer une performance majuscule pour pouvoir se hisser au second tour.

Ce duel de pures puncheuses promet. Mais Océane Dodin a des raisons d’y croire. Tout d’abord parce qu’Aryna Sabalenka, du haut de ses 22 ans, peine encore à confirmer son fort potentiel en Grand-Chelem. Ensuite parce qu’elle n’a pas montré son meilleur visage pour son retour à la compétition, éliminée prématurément par Gauff à Lexington et Pegula à Cincinnati. La Lilloise va devoir cravacher. Ses soucis de santé mis de côté, elle doit désormais croire en elle, en son prodigieux coup droit et en son mental hier défaillant, aujourd’hui fortifié par des mois de galère. La joueuse la plus agressive en retour l’emportera sans doute. A Dodin de saisir sa chance dans cette affiche corsée, sans multiplier les fautes directes trop rapidement données, son pêché mignon.

Kim Clijsters (BEL) – Ekaterina Alexandrova (RUS, n°21)

1er tour

Elle va enfin retrouver son jardin. Sans grand repères. Mais avec une seule certitude : Flushing Meadows lui réussit. Kim Clijsters, victorieuse en 2005, 2009, 2011, fête son grand retour dans un tournoi majeur après 8 ans d’absence. Il y a encore un an, cela relevait de l’impossible. Mais la Belge de 37 ans, détentrice d’une wild-card pour participer au tableau final, a voulu se lancer ce défi impossible, pour revenir de nulle part. Bien sûr, les interrogations autour de sa capacité à tenir le rythme sur l’intégralité d’une rencontre ne sont pas encore parties. Mais pour sa reprise en compétition en début de saison, malgré ses défaites, elle a montré beaucoup de répondant face à des adversaires de gros calibre comme Muguruza et Konta.

Kim Clijsters n’a semble t-il rien perdu de sa puissance de frappe, qui était sa principale force lorsqu’elle dominait le tennis mondial. Maintenant, elle doit confirmer. Son adversaire russe, Ekaterina Alexandrova, 27 ème mondiale, est en pleine progression, après avoir notamment empoché son premier titre WTA cette année (Shenzen). Mais la Belge, le sait. Des très grandes l’ont fait avant elles. Revivre une deuxième carrière comme si la première ne s’était jamais arrêtée. Malgré les deux accouchements, malgré le poids des années. Et à priori, elle n’a aujourd’hui plus rien à perdre. Ce qui fait d’elle le prototype parfait d’une parfaite coupeuse de tête. Son come-back, un véritable évènement sur la planète tennis, fait en tout cas forcément des curieux.

Karolina Pliskova (RTC, n°1) – Caroline Garcia (FRA)

2ème tour

Le choc attendu du second tour. Caroline Garcia, si elle passe l’obstacle Paolini d’entrée de tournoi, devra se sublimer face à l’un des plus gros services du circuit. Tête de série numéro 1, Karolina Pliskova voit l’US Open 2020 comme l’occasion rêvée de soulever le premier Grand-Chelem de sa carrière. Pour Garcia, les mois se suivent et se ressemblent depuis plus d’un an. Numéro 4 mondiale en 2018, la tricolore stagne, voire même régresse, alors qu’elle était promise à un statut de cador du circuit pour les 10 prochaines années, après sa sublime saison 2017. Retombée à la 49 ème place mondiale, Caroline Garcia a montré de belles choses à Cincinnati, malgré sa défaite face à Azarenka.

Au vu du contexte, la Française doit se servir de cette période de troubles sur le circuit pour se ressaisir. Quand elle est dans un grand jour, pas grand monde ne l’arrête. Et si Pliskova est clairement désignée comme la favorite, son incapacité à performer lors des tournois majeurs fait d’elle un gros poisson à portée de canne. Surtout, sur le plan des dernières confrontations, la Lyonnaise peut regarder la Tchèque dans les yeux : il y a 3 victoires partout. Ce match sera, plus qu’un tournant dans le tournoi, un tournant dans la carrière de Garcia. Pour son mental, une victoire de prestige (enfin) lui offrirait un grand bol d’air frais après deux saisons décevantes. Et lui ouvrirait de nouvelles perspectives pour la fin de saison. Roland l’attend.

Sloane Stephens (USA, n°26) – Serena Williams (USA, n°3)

3ème tour

Là aussi un hypothétique match, mais un duel clinquant à l’oreille. Entre les deux anciennes lauréates de l’US Open, la dynamique n’est clairement pas positive. Serena n’a plus ses jambes de 20 ans, ni cette hargne de tueuse qui lui a apporté 23 Grands-Chelems en carrière. Vaincue lors de ses quatre dernières finales dans un tournoi majeur (finales 2018 et 2019 à Wimbledon et à Flushing Meadows) la Reine de 38 ans joue encore dans la cour des grands, à défaut de rester assise sur le trône, et son statut de tête de série numéro 3 dans ce tableau qui a implosé avec les multiples forfaits doit lui permettre de garder espoir en ses rêves de 24 ème tournoi du Grand-Chelem. Quart de finaliste à Lexington, l’ex numéro 1 mondiale n’a pas franchement convaincu. Mais elle garde un orgueil passionnel qui ne peut que la rendre redoutable à l’approche des grands rendez-vous. Surtout à New York, son jardin, qui l’a vu triompher à 6 reprises.

Sloane Stephens n’est pas une novice non plus. Victorieuse de l’épreuve en 2017, la joueuse de 27 ans n’a pas connu une année brillante en 2019. Mais, si elle écarte Buzarnescu et Govortsova lors deux deux premiers tours, la cadette des deux Américaines aura clairement son mot à dire face à Serena. Il y a 7 ans à l’US Open, elle avait signé un exploit retentissant en remportant le duel en 1/8ème de finale, premier coup d’éclat d’une carrière qui bat de l’aile ces derniers mois. Stephens n’a jamais battu Williams depuis. Mais la finaliste de Roland Garros 2018 n’en démord pas : elle a toujours les armes pour vaincre n’importe qui. Surtout une Williams en début de tournoi, qui a toujours comme habitude de monter en régime au fur et à mesure des matches. Telle est la magie du Grand-Chelem. La chance sourira à la plus offensive.


Bonus : L’affiche qui n’aura pas lieu Cori Gauff (USA) – Naomi Osaka (JPN, n°4)

3ème tour

Le remake d’il y’a un an. A Flushing Meadows 2019, Osaka écrasait sa cadette en deux petits sets (6-3, 6-0), prenant soin de sécher ses larmes à la fin de la rencontre. A l’Open d’Australie 2020, c’était la prodige de 16 ans qui prenait le dessus (6-3, 6-4). Cori Gauff et Naomi Osaka sont les deux joueuses de demain du circuit mondial. L’une compte, à 22 ans, déjà deux Grand-Chelems à son palmarès (dont l’US Open 2018). L’autre, à la précocité quasi-unique, continue de performer, se forgeant petit à petit un statut d’outsider plus que crédible dans les grands tournois.

Cori Gauff a tout le potentiel de faire une carrière à la Williams. Elle a encore tout le temps pour ça. Mais elle a déjà les moyens d’écrire une première partie de son histoire. Problème, elle s’est inclinée dès le premier tour face à la Lettone Sevastova. Le duel face à la Japonaise, annoncé électrique, n’aura donc pas lieu. D’autant qu’elles étaient toutes les deux en grande forme depuis leur retour. Et si Naomi Osaka a déclaré forfait pour la finale du tournoi de Cincinnati la semaine dernière, elle devrait bien tenir son rang dans ce tournoi. Elle a d’ailleurs remporté à l’usure son premier tour face à Doi, et son ischio-jambier a l’air de tenir. Mais pour le symbole, déjà, cette affiche faisait saliver. Parce que la rivalité naissante entre Osaka Gauff attire les curieux. Et parce que leurs deux voix, qui se sont portées contre les évènements racistes de la semaine dernière, auraient ajouté un ingrédient tout particulier à l’affiche. Osaka a des grosses ambitions à l’US Open, où elle est tête de série numéro 4. Mais Gauff a des ambitions tout court. Ce duel d’attaquantes aurait eu le mérite de voir le jour une nouvelle fois. Et il verra sans doute le jour très bientôt. Mais pas dans le silence de Flushing 2020.

Photo à la Une : (@WTA)

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