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Wendie Renard (OL féminin), la Tour imprenable

Elle vient de remporter une septième Ligue des Champions. Son 31ème trophée avec l’Olympique Lyonnais. C’est plus que Xavi ou Iniesta avec le Barca. Wendie Renard est une mutante. Une géante au sens propre et figuré, patronne indéboulonnable de la plus grande équipe féminine de football de tous les temps.

Les Lyonnaises sont intouchables. Leur myriade de galactiques, toutes des stars planétaires devenues des vedettes dans leur pays (Allemagne, Angleterre, Canada, Pays-Bas, Norvège, Australie, Japon…) forme un effectif effarant. Patient au fil des années, Jean-Michel Aulas a signé un véritable coup de maître pour atteindre aujourd’hui ce qui s’apparente à l’équipe mondiale ultime. Mais Lyon tutoie les sommets depuis déjà plusieurs années. Champion de France à partir de 2007, vainqueur de la Coupe de France un an plus tard, il goûte à sa première finale européenne en 2010, et monte sur le trône continental en 2011. Au total, 33 titres nationaux et planétaires ont été enlevés par l’ogre olympien depuis 13 ans. La statistique ? C’est qu’une seule joueuse était présente à chaque effusion de joie. Sans doute la plus grande défenseure centrale de l’histoire. Wendie Renard. 33 titres en football, c’est synonyme d’une longévité exceptionnelle dans le gratin du football mondial. Ils ne sont que 8 hommes (Alves, Iniesta, Piqué, Messi, Zlatan, Giggs, Baia, Maxwell) à avoir franchi cette barre. Et chez les femmes ? La Martiniquaise est seule au monde.

Technicienne-découpeuse

Avec Wendie Renard, Lyon possède une arme indestructible dans les airs. A l’image de sa tête victorieuse en demi-finale de la C1 face à Paris, la numéro 3 des Fenottes s’est forgée un statut d’intouchable. Sur le Vieux Continent ou ailleurs, personne ne rivalise avec ses 1,87 m. Renard n’est pas qu’une stoppeuse. Elle dépasse pleinement cette fonction et peut s’avérer décisive dans la surface adverse. Depuis le début de sa carrière, la capitaine rhodanienne a trouvé le chemin des filets à 140 reprises (116 fois avec l’OL, 24 fois avec les Bleues). Par comparaison, le spécialiste du registre défenseur-buteur masculin, Sergio Ramos, a inscrit en tout 121 buts toutes compétitions confondues. Mais Wendie Renard n’est pas juste une joueuse de tête. Son ex-coéquipière en équipe de France, Jessica Houara-d’Hommeaux, la décrit ainsi : « Wendie Renard sait tout faire avec ses pieds. On parle souvent de son jeu de tête et de sa taille, mais elle a une véritable assise technique. A l’entraînement, elle était capable de prendre le ballon, de dribbler toute la défense et d’aller marquer toute seule. » Rapide, technique, solide dans les duels, dur de trouver des failles dans le profil de la joueuse de 30 ans. Qui, par ses prestations, possède à présent une véritable aura dans le paysage médiatique français. Une caractéristique de très Grande.

Chercher un sacre en Bleu, le Graal ultime

Avec ce nouveau triplé Coupe-Championnat-C1, Wendie Renard perpétue le mythe olympien, dont elle est la mascotte attitrée. Après tous ces exploits, records avalés, et titres glanés durant 13 années au sommet, la native de Schoelcher ne semble pas rassasiée. Une véritable culture de la gagne à la lyonnaise : « J’ai encore de l’encre dans ma plume pour écrire d’autres lignes à mon palmarès, je n’ai pas fait 6 000 km (depuis la Martinique) pour rien », confiait t-elle en début de saison dans les colonnes de l’Equipe. Insatiable, Wendie Renard n’a plus rien à prouver dans la cité des Gaules, si ce n’est de marquer un peu plus l’histoire. Son histoire chez les Bleues est en revanche moins éclatante. Si la France peut se targuer de posséder la meilleure charnière centrale au monde (Mbock-Renard), la joueuse aux 118 sélections n’a jamais réussi à amener le Coq au bout d’une compétition majeure. Les Bleues n’ont pourtant jamais été loin. De leur amère médaille en chocolat aux Jeux de Londres 2012, où elles avaient été vaincues par une très moyenne équipe canadienne, à leur défaite face aux Américaines en quart de finale de la Coupe du Monde en France l’année passée, les privant ainsi des Jeux de Tokyo, l’équipe de France, l’une des meilleures nations depuis 10 ans, a toujours déjoué dans les matches cruciaux. Depuis 2013, le constat est terne : la France stagne. Que ce soit à l’Euro, au Mondial ou aux Jeux, elle se fait systématiquement éliminer en quarts. Sur des petits détails.

Les Bleues ont-elles un réel manque de confiance ? Cela paraît un paradoxe, lorsque l’on cite les nombreuses Lyonnaises du groupe, celles qui sont habituées à ne jamais perdre. Mais la France de Wendie Renard n’a pas encore dit son dernier mot. La défenseure aura 34 ans en 2024, pour les Jeux de Paris. Un objectif largement atteignable à un poste où les athlètes durent dans la force de l’âge. Pour passer de mythe régional à héroïne de la Nation, la Tricolore aura sans doute besoin d’un petit coup de pouce du destin, pour enfin vaincre dans les grandes compétitions les meilleures nations (Etats-Unis, Allemagne, Pays-Bas). Du soutien de la jeune génération, aussi (Geyoro, Cascarino, Diani) et de la sienne (Henry, Bouhaddi, Le Sommer). Mais la clé d’un premier titre pour l’équipe de France féminine passera indéniablement par elle. Son leadership est essentiel, son apport sur le terrain, à défaut de jouer en 10 comme Zidane, fluidifie le jeu des Bleues en attaque, et le consolide en défense. Corinne Diacre a de la chance de posséder une telle joueuse. A elle de s’en servir de la meilleure des manières.


Photo à la Une : (@Getty Images)

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