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US Open : Alizé Cornet, le phénix renaît toujours de ses cendres

Opposée ce lundi soir à Tsvetana Pironkova pour une place en quart de finale, Alizé Cornet a un gros coup à jouer pour redonner de l’éclat à son erratique carrière. Et continuer d’écrire l’histoire. Sa propre histoire. Celle d’une joueuse aguerrie par les aléas du circuit, souvent décriée, mais qui ne s’est jamais avouée vaincue.

On ne l’avait pas revue en deuxième semaine d’un Grand-Chelem depuis plus de trois ans (Wimbledon 2017). C’est même la première fois qu’on la voit aller aussi loin à New York. Imperturbable malgré le contexte chaotique de cette édition 2020 de l’US Open, Alizé Cornet continue de s’affirmer dans le tableau. Affutée, constante, infaillible mentalement, la dernière chance Bleue affiche brillamment son retour au premier plan. Après avoir profité du forfait de Madison Keys (n°7), finaliste de l’US Open 2017, Cornet, qui avait d’ailleurs empoché le premier set de ce match (7-6, 3-2 avant l’abandon de l’Américaine) est déjà fière d’un parcours qu’on aurait pu penser au départ inespéré. Cette semaine semble, pour de bon, être un déclic pour l’ex numéro 1 française : « Ces trois premiers tours me font prendre conscience que j’ai une grande force en moi, a déclaré Alizé Cornet aux confrères d’Eurosport. Et parfois, je pense que je sous-estime cette force mentale. D’habitude, je suis submergée par mes émotions, je deviens nerveuse, puis négative ». 30 ans, enfin l’âge de la maturité pour la Niçoise ?

Rester sûre de ses propres forces, l’élément clé

Alizé Cornet qui sortira son autobiographie, intitulée « Sans Compromis », d’ici quelques jours, a d’ailleurs une magnifique occasion de prolonger un peu plus son idylle Outre-Atlantique. Face à elle, une autre joueuse d’expérience se dresse sur son chemin pour une place en quart de finale de Grand-Chelem, un cap que Cornet n’a encore jamais franchi durant sa carrière. Tsvetsana Pironkova, 33 ans dans quelques jours, vient de signer un retour fracassant sur le circuit en éliminant tour à tour, après plus de 3 ans d’absence, Garbine Muguruza (au 2ème tour) et Donna Vekic (au 3ème tour). Deux joueuses de premier plan qui n’ont pas effrayé la Bulgare, déconcertante dans sa gestion des matches. Dans cette affiche d’un autre temps (Pironkova et Cornet ne se sont pas affrontées depuis 2011), tout risque de se jouer au mental. Un facteur devenu l’arme principale de la Tricolore sur les courts.

Alizé Cornet n’est pas la plus grosse puncheuse du circuit. Ce genre de joueuse qui fracasse la balle et joue le point gagnant en deux, trois coups maximum. Le quasi-portrait robot du tennis féminin actuel, ou tout du moins ce qu’il présente en grande majorité. Elle n’est pas non plus réputée pour sa technique, notamment son habilité au filet, même si elle a montré de beaux restes offensifs face à Keys. Non, Alizé Cornet n’est rien de tout cela. Mais la flamboyance n’est pas toujours un pari gagnant en tennis. La tête, en revanche, l’est plus que souvent. Avec une science du terrain extrêmement pointue, Cornet, contreuse magnifique, sait varier à merveille ses hauteurs de balle pour gêner ses adversaires, et ainsi combler son déficit de puissance. Sur le circuit depuis près de quinze ans, la Tricolore semble enfin connaître à merveille ses points forts. Et ses failles. Se connaître, c’est le premier ingrédient de la régularité. Alizé Cornet, souvent auteure de coups de sang par le passé, est aujourd’hui sereine. Quoi qu’il arrive, elle a déjà réussi son tournoi, mais une victoire face à Pironkova, qui reste largement à sa portée, confirmerait la tendance : l’éternelle prodige du tennis français est peut-être enfin au niveau dans les grands rendez-vous. Et son rebond viendrait un peu estomper la triste allure d’un tennis français féminin clairement en perdition ces derniers temps.


 Photo à la Une : @EPA/MAXPPP

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