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D1 Arkema : Amandine Miquel (Stade de Reims) : « Je pense que la saison ira jusqu’au bout, tant bien que mal »

Quelques jours après l’annonce du confinement et l‘officialisation du maintien de la D1 Arkema, Amandine Miquel, l’entraîneure du Stade de Reims, est revenue sur ces annonces pour Le Sport au Féminin.

Un temps menacée par le confinement généralisé du pays en raison de la crise sanitaire, la D1 Arkema a officiellement été maintenue par la FFF le 29 octobre dernier, à l’instar de toutes les compétitions professionnelles sur le sol français. Soulagée par cette décision, Amandine Miquel, l’entraîneure du Stade de Reims, est revenue pour Le Sport au Féminin sur ces décisions. La routine des tests, l’impact de la crise sanitaire sur le football ou encore son regard sur l’arrêt des championnats amateurs, la coach emblématique du club champenois n’élude aucun sujet.

Avez-vous été soulagée du maintien de la D1 Arkema suite au confinement ?

Oui très. Les joueuses étaient très inquiètes. Ca a été très difficile de relancer la machine après cette période délicate, tant physiquement que mentalement. On a été soulagé de voir que la D1F pourrait se poursuivre. La saison dernière a été stoppée nette par le covid-19 mais je pense que cette saison ira au bout tant bien que mal. C’est difficile au niveau mental car le football reste un jeu et lorsqu’il y a des vies en jeu, c’est délicat de parler de sport ..

On a eu un petit coup de moins bien ce week-end face au Paris FC. Mentalement, les filles n’étaient pas au top et je pense que c’était dû à l’annonce du confinement. Beaucoup de proches des joueuses sont originaires de la région parisienne et viennent souvent les voir jouer, le fait que la rencontre se déroule à huis clos les a un peu affecté mentalement. Suite à l’annonce du confinement j’ai senti que la situation commençait à peser sur les joueuses. Les joueuses étrangères ont réalisé qu’elles n’étaient plus sûres de pouvoir voir leurs familles à Noel qui est un période très importante pour tout le monde .. Il y avait de l’inquiétude et de la déception.

Les joueuses sont régulièrement testées ?

Oui les tests ont lieu toutes les semaines, même lorsqu’il n’y a pas de matchs car certaines partent en sélection nationale. On doit être au dix-septième test donc c’est devenu une routine.

Le confinement de mars a t-il des conséquences sur la forme actuelle des joueuses ?

Oui. On a notamment eu la grave blessure de Naomie Feller lors des matchs amicaux alors qu’on avait pris beaucoup de précautions. On a pas mal de blessures cette saison et la longue coupure a été pénalisante. Les joueuses n’ont pas réussi à maintenir seules un niveau d’exigence physique et mental. Certaines étaient confinées en Italie ou en Espagne et ne pouvaient pas sortir de leur domicile contrairement à la France où on avait un rayon de 1km. C’est difficile de s’entretenir dans des périodes comme celles-là.

La suite des compétitions de football peut donner du baume au coeur dans cette période délicate …

C’est important que le sport de haut niveau continue pour donner un peu de divertissement aux gens. Pour le football féminin c’est moins conséquent en terme d’audimat mais ça reste quand même important. Les proches et les familles des joueuses ne peuvent plus venir aux matchs mais peuvent au moins se consoler en suivant les rencontres à la télévision. On est un peu bloqué maintenant entre le travail et la maison donc c’est bien de pouvoir continuer à suivre le sport.

Les championnats amateurs ont cependant été arrêtés .. Qu’en pensez-vous ?

Je comprends leur colère. L’Etat a du prendre une décision et trancher, ça a du être très difficile mais ils étaient obligés de faire un choix. On a eu la chance d’être épargné car au vu de notre statut amateur on aurait pu été contrainte d’arrêter. Je pense beaucoup à la D2 Féminine où il y a de nombreuses joueuses indemnisées ou sous contrat qui se retrouvent à l’arrêt. On pense aux collègues, aux joueuses de N2 qui s’entraînent mais qui ne peuvent pas disputer de matchs. C’est dur de garder la motivation.


Photo à la Une : (@StadedeReims)

Marvin Mathieu

Marvin est l'un des fondateurs du site, rédacteur en chef. Grand passionné de sport et de langue depuis son enfance, Marvin a réussi à concilier les deux durant son passage en Espagne, où il a découvert le métier de journaliste. Quadrilingue (Français, Anglais, Espagnol, Russe), ce Cagnois de vingt-trois ans a décidé de se lancer dans l'aventure du sport féminin, en créant officiellement "Le Sport au Féminin", le 25 février dernier.

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