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Entretien avec Angélina Lanza, championne d’Europe sur 200m et saut en longueur

A bientôt six mois des Jeux Paralympiques, Le Sport au Féminin s’est entretenu avec Angélina Lanza, double championne d’Europe à Berlin en 2018. L’athlète a accepté de revenir sur son récent partenariat avec le « Team EDF », la place des femmes dans le sport et sur sa saison 2020/2021 grandement perturbée par la Covid-19, en ce lundi 8 mars, synonyme de journée internationale des droits des femmes.

Vous avez rejoint en octobre dernier le Team EDF, pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste ce partenariat ?

Tout d’abord, c’est un groupe composé de vingt-huit athlètes, quatorze filles et quatorze garçons, dont dix sont comme moi des sportifs handisport, et ce sont pas moins de quinze sports différents qui sont représentés dans ce collectif. L’objectif de ce Team EDF est de faire évoluer les mentalités, changer le regard sur le handicap mais aussi de rendre le monde plus responsable sur la question de l’environnement et des énergies renouvelables.

Vous allez donc travailler main dans la main avec le groupe EDF. Qu’est ce qui vous a attiré dans ce projet ?

Pour ma part, j’ai rejoint cette équipe parce qu’il y a au sein de ce Team EDF des valeurs que je partage, notamment l’inclusivité, la mixité. Le fait aussi que les sportifs en situation de handicap soient mélangés aux autres, c’était aussi quelque chose d’essentiel pour moi. Cela prouve que peu importe la situation de l’athlète, l’important, c’est la performance de ce dernier.

Pour une athlète handisport comme vous, est-ce important de s’impliquer pour ce genre d’initiative ?

Tout à fait ! Je sais que c’est à travers ma communauté que je pourrais faire changer les mentalités, à mon échelle bien sûr. En faisant partie d’un tel groupe, cela me permet automatiquement de véhiculer un message.

« Les performances des femmes sont moins reconnues à leurs juste valeurs »

Le 8 mars sera la journée internationale de la femme, que pensez-vous de la place des femmes dans le sport, sur le plan de l’exposition médiatique et les inégalités salariales ?

Il y a encore du travail à faire ! Je sais très bien que de nos jours, la médiatisation des femmes n’est pas aussi importante que celle accordée aux hommes. C’est dommage. En tant que sportif, ce qui devrait être souligné, c’est la performance avant tout ! Les performances des femmes sont moins reconnues à leurs juste valeurs et parfois passées sous silence.

Ce mardi, un groupe de quatre sportives américaines (Alex Morgan, Sue Bird, Simone Manuel et Chloe Kim) ont créé « TOGETHXR », un média 100% dédié aux femmes dans le sport. Pensez-vous que c’est la solution pour répondre à ce manque d’exposition ?

C’est évidement une belle initiative, mais je trouve dommage qu’il faille créer un média spécifiquement pour le sport féminin comme si ça devait être mis à part. Je préfère voir des chaines mixtes relayer égalitairement les hommes et femmes, sans avoir à faire une chaine de sport uniquement pour les compétitions féminines. Je ne suis pas convaincue qu’isoler le sport féminin d’un côté avec ses propres médias soit la meilleur solution. Malheureusement, c’est pour l’instant le seul moyen d’offrir plus de visibilité aux femmes. Malgré tout, des initiatives comme celle-ci nous permettrons je pense de prendre conscience du chemin qu’il reste à parcourir.

Qu’en est-il de l’exposition des compétitions handisport ?

Le handisport est sous-médiatisé, mais il est vrai qu’en l’espace de sept ans, les choses ont pas mal évolué en notre faveur. Certains médias ont fait beaucoup d’efforts ces dernières années. Depuis que j’ai intégré l’équipe de France, j’ai vu ce changement se faire petit à petit. Avant, seul les Jeux Paralympiques étaient diffusés, alors qu’aujourd’hui, les Championnats du monde sont également proposés. J’ai aussi le sentiment qu’il y a d’avantage d’intérêt pour le handisport que ce soit sur les réseaux sociaux ou dans les médias. Mais il est clair que les résultats sportifs ne sont pas systématiquement relayés. On reste un niche médiatique évidement.

Votre saison d’athlétisme a été particulièrement perturbée par la Covid-19. Comment analysez-vous votre année ?

Après l’annonce du report des Jeux, j’ai relativisé assez rapidement. Avec mon coach, on a pris le temps de penser à la préparation du reste de la saison, avec en ligne de mire la qualification pour les JO de Tokyo.

Que visez-vous pour l’année 2021 ?

Pour l’instant je me concentre sur ma qualification. C’est une saison qui est très spéciale. On a les compétitions qualificatives très tôt, exceptionnellement, elles se mélangent du coup à la saison indoor. C’est totalement inédit, on avait avant jusqu’au mois de juin pour les qualifications. Et c’est vrai que la programmation est complètement différente des années précédentes, donc je ne veux pas perdre d’énergie en me projetant ou en me focalisant sur autre chose.


Photo à la Une : (@DR)

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