DiversInterview

Entretien avec Alix Noblat, ex-candidate de Koh Lanta, coach sportive et pompier volontaire

Juste après ses premiers essais aux commentaires à l’occasion de l’opération #CommenteTonOpen13 de We Are Tennis by BNP Paribas, Alix Noblat a accepté de revenir pour Le Sport au Féminin sur son expérience et sur des questions concernant la place des femmes dans le sport.

Du haut de ses 30 ans, Alix Noblat a un passé sportif chargé. Ex-aventurière de Koh Lanta : Les 4 Terres (éliminée au 32e jour), coach sportive (CrossFit) et pompier volontaire, la native des Bouches-du-Rhône s’est essayée à une nouvelle activité ce mercredi. Dans le cadre de #CommenteTonOpen13, elle s’est joint à Thibault Le Rol pour commenter le match Gaston-Sinner. Une expérience enrichissante sur laquelle elle est revenue pour notre média.

Alix, quel est votre ressenti juste après cette première expérience de consultante ?

C’était juste incroyable. J’avais la boule au ventre. C’est beaucoup de stress. Je me mets toujours une pression monstre quand il y a quelque chose qui me tient à cœur. Je pense que l’équipe et Thibault (Le Rol, ndlr) savent vraiment mettre à l’aise. Cela s’est très bien passé. C’était hyper enrichissant de se mettre dans la peau d’un journaliste sportif pour une heure.

Comment vous étiez-vous préparée avant la rencontre ?

Je me suis renseignée ! Cela me tenait à cœur, donc j’ai fais des recherches sur les joueurs et je me suis remis en tête les règles du tennis même si je connaissais les bases, c’est un minimum.

Est-ce votre passion pour le tennis qui vous a poussé à accepter de participer au projet ?

J’aime ce sport. Mais la compétition en général surtout. J’ai fais du tennis quand j’étais petite… Mon profil de personnalité féminine marseillaise correspondait bien au projet de We Are Tennis, donc j’ai été ravie d’accepter de le faire ! Je suis très flattée qu’on ait pensé à moi. Vraiment. Et puis, l’Open13 à Marseille, on ne peut pas passer à côté. La ville met en avant l’événement parce que cela sort du football, cela change. Il fallait que je le fasse.

C’était donc un peu une histoire de cœur ?

Oui. Tout à fait. Je ne suis jamais allée à l’Open 13 mais j’ai déjà vu des rencontres sportives au Palais des sports. C’était génial. L’effervescence, le petit village après les matchs était très riche en rencontres et en animations. Là le voir vide, sans émotion, c’est un peu triste mais bon, les conditions sanitaires sont nécessaires.

Seriez-vous prête à retenter l’expérience ?

Avec grand plaisir ! Dans des sports que j’apprécie. Je ne sais pas s’il y a un sport que je n’aime pas mais là en l’occurrence cela me plaisait bien, donc oui, bien sûr !

Justement, quel sport préférez-vous pratiquer au quotidien ?

Je suis coach de CrossFit depuis 3 ans. Quand je suis rentrée de Koh Lanta, je me suis mise à la course à pieds parce que mon physique avait pris un choc. Donc je cours depuis peu, je me suis mise au trail. J’ai trouvé le moyen à travers ce sport de me libérer émotionnellement, puisque j’ai vécu une année 2020 compliquée. Donc me retrouver dans la colline, à courir, crier… Cela m’a aidé émotionnellement et physiquement à me dépasser. C’est très compliqué, on ne croirait pas mais c’est très technique. Et en tant que coach je pense que c’est bien de rebondir, s’ouvrir à d’autres choses, le jour où on n’apprend plus rien… il faut changer de métier (rires).

« Les femmes veulent prendre soin d’elles et il faut qu’elles continuent »

Quel regard portez-vous sur les femmes dans le sport ?

Je pense que les femmes peuvent s’exprimer sur le même pied d’égalité que les hommes à travers le sport. Je parle bien d’expression. Elles peuvent vraiment montrer à quel point elles sont fortes et déterminées. Les voir s’exprimer sans stéréotypes, grâce au sport, c’est génial. Cela leur permet de trouver leur place.

Avez-vous déjà vécu des différences de traitement par rapport à votre sexe ou votre physique ?

Pour mettre le doigt dessus, à l’époque de Koh Lanta, je faisais beaucoup de CrossFit. J’en demandais beaucoup à mon corps. Je pesais 5kg de plus, j’avais des trapèzes, des muscles bien définis, je mesure 1m74… Alors quand je me mettais en short on me disait « ah les cuisseaux »… En fait j’étais montrée du doigt dans Koh Lanta parce qu’apparemment j’avais le physique d’un homme… Et cela a dévié sur une discussion sur une orientation sexuelle en fonction de mon physique… Certains veulent qu’on rentre dans des cases… Je pense qu’il y a toujours des discriminations entre les hommes et les femmes et il y en aura sûrement toujours.

Et dans votre quotidien ?

Dans ce que je fais… (elle réfléchit). Non, cela ne me marque pas plus que cela. Je pense notamment à des situations en caserne. On n’est pas encore tout à fait égales face aux hommes dans ce qu’on peut faire mais on y arrive. Les tests physiques sont un peu plus compliqués maintenant pour les femmes et ce n’est pas plus mal. Je pense qu’il faut que les femmes aient le niveau physique pour faire toutes ces choses.

Est-ce que dans le domaine du Crossfit vous assistez à certaines évolutions par rapport aux dernières années ?

Il y a de plus en plus de femmes qui s’y mettent. Elles osent. Avant c’était compliqué de faire un pas dans une salle de sport. Aujourd’hui, c’est différent. Les femmes veulent prendre soin d’elles et il faut qu’elles continuent. C’est parfois encore compliqué d’aller faire des abdos fessiers dans une salle remplie d’hommes alors que cela ne devrait pas. Mais il y a de plus en plus de femmes. Donc c’est encourageant.

Avez-vous de futurs projets pour les mois qui arrivent ?

Je vais faire le GR20 courant juin ou juillet si je suis prête physiquement. Cela demande un dépassement de soit concret. Pourquoi pas mon premier trail en compétition cette année aussi, sur une petite distance… Je vais continuer les événements sportifs pour récolter des fonds pour « Les pompiers de l’espoir », en partenariat avec l’institut Paoli-Calmettes (Marseille) dans le cadre de la recherche contre le cancer. Et pour l’association « De l’espoir pour Yanis ». Il s’agit d’un petit garçon atteint d’une IMC. Les opérations qu’il doit subir coûtent cher et se font à l’étranger, donc j’essaie d’aider. J’organise par exemple des petits défis. Pendant le confinement l’année dernière, j’ai lancé une cagnotte. J’ai dit que pour chaque euro versé je ferais un tour autour de ma piscine. Et les gens ont joué le jeu. J’ai dû faire 1000 tours de piscine (rires) ! J’ai reversé la cagnotte à l’association. Je vais continuer à dynamiser tout cela.


Photo à la Une : (@alixkohlanta)

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page