TennisTennis : WTA

Roland-Garros : Naomi Osaka et la terre battue, une histoire contrastée

Naomi Osaka, la nouvelle coqueluche du tennis mondial, a remporté les deux derniers tournois du Grand Chelem (US Open 2020 et l’Open d’Australie en février). Pourtant la Japonaise n’arrive pas à dépasser le 3ème Tour Porte d’Auteuil et ne parvient pas à s’adapter à la terre battue.

La numéro 2 mondial n’arrive pas à s’imposer pendant la saison de la terre ocre. Une situation qui ne date pas d’hier puisqu’elle n’a remporté aucun titre sur terre battue et s’est arrêtée trois fois au bord de la deuxième semaine (2016, 2018 et 2019) à Roland-Garros. Après une pause de 2 ans sur la terre battue (à l’exception d’une défaite en Fed Cup en décembre), cette année encore, l’histoire semble se répéter puisqu’après sa victoire à l’Open d’Australie et un quart de finale à Miami, la Japonaise n’a pas brillé aux tournois de Madrid et de Rome.

>> A LIRE AUSSI :Open d’Australie : Naomi Osaka sacrée

À Madrid, elle réussit à éliminer sa compatriote Misaki Doi (7-5, 6-2) au premier tour avant de s’incliner au tour suivant contre la demi-finaliste à l’Open d’Australie Karolína Muchová (6-4, 3-6, 6-1). Osaka ne résiste pas longtemps non plus à Rome où elle est éliminée dès le premier tour par Jessica Pegula (7-6, 6-2). Le bilan avant de commencer le tournoi parisien n’est pas glorieux. Une seule victoire, aucun 1/8ème de finale et des performances assez mitigées ne permettent pas d’envisager une Naomi Osaka au meilleure de sa forme à Paris. Comme lors de sa dernière participation en 2019, elle est attendue à Roland-Garros après avoir remporté les deux derniers Grands Chelems (US Open et l’Open d’Australie). Elle avait fini par craquer contre Katerina Siniakova (4-6, 2-6). Comment expliquer cette baisse de régime sur terre battue ?

La terre battue, un style de jeu différent

Bien plus à l’aise sur le dur où elle a remporté tous ses titres (7 titres dont 4 Grands Chelems), Naomi Osaka se retrouve en difficulté sur l’ocre à cause d’une surface moins propice à ses gros coups et à ses accélérations de jeu. Moins rapide que le dur, la terre battue oblige la Japonaise à construire davantage ses coups et d’être plus souple sur ses appuis. Son explosivité est aussi mise à mal avec des matchs à intensité sur une surface où elle n’est pas à l’aise. « Je ne sais pas si je devrais vous dire cela, mais je ne suis tout simplement pas à l’aise avec (la terre battue) encore, et je ne sais pas si c’est parce que j’ai besoin de jouer plus longtemps dessus ou si je ne le fais pas. Je n’ai pas grandi dessus », a-t-elle indiqué avant de débuter le tournoi de Rome.

Naomi Osaka est une joueuse qui aime également dominer les débats sur le court et elle a dû à mal gérer la hauteur élevée des rebonds : « Sur l’ocre, tout est plus compliqué pour moi. Il faut accepter par moments de subir, et je déteste ça. De plus, il faut aussi s’habituer aux faux rebonds, et ils sont nombreux. Mon coach m’a dit de rester calme, que c’est normal sur cette surface. J’ai senti déjà des améliorations dans mon jeu, l’idée c’est aussi de se dire que plus je jouerai, plus je vais progresser. »

>> A LIRE AUSSI :WTA Strasbourg : Garcia rejoint Cornet et Burel en huitièmes de finale

Après sa défaite à Rome, la joueuse de 23 ans avait commencé à esquisser quelques améliorations à réaliser : « Je suis en train d’apprendre que sur terre battue, je ne peux pas me permettre de ne pas m’engager dans chaque balle, sinon ça me fait automatiquement passer d’attaque en défense. Peut-être que si ma qualité de déplacement devient meilleure, je pourrais prendre le risque de défendre, mais pour l’instant, je dois être celle qui agresse. »

« Je veux apprendre à glisser comme elle le fait, poursuit Osaka en se comparant à son bourreau à Madrid, Karolína Muchová. J’espère pouvoir m’entraîner et apprendre à faire ça. Peut-être que ça demandera quelques années à jouer sur terre battue… J’espère être capable d’apprendre vite. »

Dans un entretien avec la BBC, elle continue son raisonnement sur sa glissade : « En fait, je me fais confiance pour glisser (sur la terre battue). Je pense que c’est juste le processus de déplacement après la glissade qui est un peu difficile. »

Naomie Osaka lors de sa dernière venue Porte d’Auteuil (@FFT)

La terre battue et le gazon, même combat

La lauréate des deux derniers Grands Chelems est maintenant épaulée par l’ancien entraineur de Simona Halep et de Victoria Azarenka, le Belge Wim Fissette, qui va essayer de lui faire passer un cap à Roland-Garros. Elle pourra surtout compter sur son nouveau préparateur physique, Yutaka Nakamura. L’ancien préparateur physique de Maria Sharapova avait réussi à faire de la Russe une double lauréate du tournoi parisien après des débuts très compliqués.

Ses difficultés à jouer sur la brique pilée sont également présentes sur le gazon. Tout comme à Roland-Garros, Naomi Osaka n’a jamais dépassé le 3ème tour à Wimbledon et n’a remporté aucun tournoi sur gazon. Remporter ses deux tournois est l’objectif de la Japonaise si elle veut faire partie des plus grandes joueuses.

La pression et les doutes sont aussi au cœur des problèmes de Naomi Osaka sur la terre battue : « Je veux vraiment commencer la saison de terre parce que je n’ai pas encore gagné de tournoi sur cette surface et j’en ai vraiment envie. Cela me créé aussi un peu de stress car je veux très bien faire. »

Martina Navrátilová, 18 Grands Chelems en simple dans les années 1990, est confiante pour Naomi Osaka : « Il ne fait aucun doute qu’elle a le jeu pour gagner à la fois sur terre battue et sur herbe. Je pense qu’elle apprend encore quand appuyer sur la gâchette sur terre battue. »

>> A LIRE AUSSI :Roland-Garros s’annonce encore une fois très indécis

La numéro 2 mondial aura donc à cœur d’aller le plus loin possible Porte d’Auteuil et de progresser dans les prochaines années. Les problèmes de la Japonaise résident sur un manque d’habitude sur cette surface et surtout un manque de confiance. Les points perdus sur l’ocre amènent plus facilement la joueuse de 23 ans à douter que lors de ses matchs sur le dur. La Japonaise a tendance à être trop impatiente lors des matchs et perd donc la rencontre. Pourtant rien n’est insurmontable, la Japonaise sait qu’elle doit progresser et qui c’est, peut-être qu’elle brillera sur terre battue dès cette année.


Photo à la Une : (@Getty)

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page